France-Justice saisie pour violation du secret de la défense

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    PARIS, 6 novembre (Reuters) - Le député (Les Républicains) 
Eric Ciotti a saisi la justice pour violation du secret de la 
défense en raison de la publication par deux journalistes du 
Monde d'une note "confidentiel défense" sur un projet de frappe 
en Syrie. 
    Les faits incriminés par Eric Ciotti dans le courrier qu'il 
a adressé vendredi au procureur de la République de Paris, dont 
Reuters a eu copie, remontent à août dernier. 
    Dans l'édition du Monde du 24 août, les journalistes Gérard 
Davet et Fabrice L'homme, également auteurs du livre "Un 
président ne devrait pas dire ça" basé sur des heures 
d'entretien avec le président François Hollande, publient le 
schéma d'un projet de frappe en Syrie contre le régime de Bachar 
al Assad, envisagé deux ans plus tôt mais abandonné quand les 
Etats-Unis ont finalement renoncé à des raids sur Damas.  
    Selon Eric Ciotti, cette divulgation et la reproduction de 
ce document sont "de nature à porter atteinte à la défense et à 
la sécurité nationale". 
    Ce député de l'opposition, porte-parole de l'ex-chef de 
l'Etat Nicolas Sarkozy dans le cadre de la primaire de la droite 
pour l'élection présidentielle de 2017, dit avoir saisi une 
première fois, le 26 août 2016, le ministre de la Défense, puis 
une deuxième fois, le 21 octobre dernier. 
    "A ce jour, ce courrier est également resté lettre morte", 
écrit-il au procureur. "Dans ces conditions (...) je me vois 
contraint de vous saisir dans la mesure où il m'apparaît que la 
divulgation volontaire de documents et d'informations classés 
'confidentiel défense' sont (...) de nature à constituer (des) 
infractions" réprimées par le code pénal. 
    Il rappelle notamment dans son courrier que l'article 413-10 
du code pénal prévoit de punir jusqu'à sept ans d'emprisonnement 
et 100.000 euros d'amende ce type d'infraction (trois ans et 
45.000 euros si c'est par imprudence ou négligence). 
    Il vise, sans les nommer, les deux journalistes mais aussi 
indirectement, François Hollande lui-même, dans la mesure où ces 
informations ont été obtenues "dans le cadre d'entretiens 
réguliers organisés avec le président de la République". 
    "Les divulgations et révélations commises par la ou les 
personnes dépositaires du secret n'ont aucunement été motivées 
par une volonté quelconque de transparence destinée à renseigner 
les citoyens sur l'action de l'Etat", écrit Eric Ciotti. 
    Le livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme contient d'autres 
révélations dont l'opposition s'est emparée pour tenter de 
disqualifier le chef de l'Etat, qui doit annoncer à la fin de 
l'année s'il brigue ou non un nouveau mandat. 
    Selon les deux journalistes, François Hollande leur a ainsi 
confié avoir autorisé au moins quatre homicides ciblés ("homo" 
en langage militaire) par les services spéciaux.   
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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