France-Juppé se livre et égratigne sobrement Sarkozy

le
1
    * Une livre de confidences à paraître vendredi en ligne 
    * Le favori de la primaire revient sur les épreuves passées 
    * Il ménage Sarkozy mais critique son quinquennat 
 
    PARIS, 8 septembre (Reuters) - Alain Juppé, qui se dévoile à 
son tour dans un livre à paraître vendredi en ligne, réaffirme 
son objectif d'une "identité heureuse" en France, opposant ce 
"nouveau patriotisme" à son rival Nicolas Sarkozy, qu'il ménage 
toutefois. 
    L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, favori pour la 
primaire de la droite des 20 et 27 novembre, s'efforce dans "De 
vous à moi, le bonheur d'être Français", qui sera disponible 
gratuitement sur internet, de casser l'image de "'techno' froid 
et insensible" souvent associée à son nom et dont il dit encore 
"souffrir" comme une caricature "injuste". 
    "Dans les difficultés que connaît notre pays (...), les 
Français ne veulent ni d'un copain, ni d'un chef de bande, ni 
d'un président 'normal'. Ils exigent un chef d'Etat", écrit-il 
selon des extraits publiés jeudi par lefigaro.fr. 
    Le maire de Bordeaux affirme être lié à Nicolas Sarkozy par 
"une estime réciproque", rappelle avoir plaidé pour son entrée 
au gouvernement en 2002, mais ne s'interdit pas quelques piques. 
    Il reconnaît ainsi "les avancées, les réussites du 
quinquennat de Nicolas Sarkozy", mais se dit "également 
conscient des erreurs, des échecs et des renoncements, souvent 
liés à un certain style d'exercice du pouvoir." 
    "Nous avons mené les mêmes combats, nous nous sommes opposés 
dans d'autres, nous avons eu des différends et nous en aurons 
encore. C'est la vie politique, et d'une certaine façon, c'est 
la vie tout simplement." 
    Il défend son concept d'"identité heureuse", critiqué et 
moqué par Nicolas Sarkozy, "dont je ne cesserai, souligne-t-il, 
de faire mon objectif". "L'identité heureuse, c'est un nouveau 
patriotisme", écrit-il. 
    Alain Juppé revient sur sa "dure épreuve judiciaire", 
lorsqu'il fut condamné en 2004 à 18 mois de prison avec sursis 
et dix ans d'inéligibilité, peine réduite en appel à 14 mois 
avec sursis et un an d'inéligibilité, dans l'affaire des emplois 
fictifs de la mairie de Paris. 
    Un chapitre qui entre en résonance avec les ennuis 
judiciaires de Nicolas Sarkozy, menacé d'un procès en 
correctionnelle dans le cadre du dossier Bygmalion. 
                 
    "ARRONDI" 
    "Il se trouvera toujours quelqu'un pour rappeler ce fait", 
écrit à propos de sa condamnation Alain Juppé, qui n'a guère 
apprécié la formule de François Fillon ("Qui imagine un seul 
instant le général de Gaulle mis en examen?"). 
    "Les choses étant ce qu'elles sont et la nature humaine ce 
qu'elle est, ce n'est pas forcément du camp politique «opposé» 
que peut venir ce rappel", dit-il. 
    "C'est peut-être aussi parce que j'ai traversé toutes ces 
épreuves - bien relatives à côté de celles que subissent nombre 
de nos concitoyens - que je pense pouvoir parler à notre pays, 
et dire aux Français ce que je crois bon pour la France." 
    Alain Juppé, dont certains sarkozystes n'hésitent pas à 
railler l'âge (71 ans), marque sa détermination à réformer "avec 
l'adhésion des Français". 
    De son passage douloureux à Matignon (1995-1997), il répète 
avoir tiré des enseignements pour l'avenir mais avoue là encore 
ressentir comme "une injustice" le verdict d'"échec" accolé à 
ces deux années, marquées par de grandes grèves et sa démission. 
    S'il concède "deux échecs principaux" (la réforme de 
l'assurance maladie et des régimes spéciaux de retraite), il 
entend défendre son bilan : baisse du déficit public, baisse des 
charges sociales sur les bas salaires, "sauvetage" de notre 
système social... 
    Il dit s'être "arrondi" avec le temps, évoque son "enfance 
heureuse", sa famille, sa rencontre déterminante avec Jacques 
Chirac en 1976 et cette durable "amitié" pudique. 
    "Un personnage d'exception, impressionnant de vitalité et 
infiniment plus complexe que l'image caricaturale qui commençait 
à en être donnée à l'époque", écrit Alain Juppé. 
    Présenté parfois comme une émanation du "système", Alain 
Juppé revendique sa liberté. 
    Un "homme libre, déterminé à contribuer au succès de sa 
famille politique, mais qui n'entend pas acquiescer, le petit 
doigt sur la couture du pantalon, à toutes les prises de 
position d'un parti, y compris le sien". 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M1461628 il y a 3 mois

    AJ pour 2017 un mandat clair assurant la cohésion de la nation, le seul candidat garantissant une première place au 1er tour de la présidentielle devant Marine et une victoire très large au second........Avec Sarkosy le risque devient plus grand d'une victoire étriquée et d'une possible paralysie du pays après les législatives sans parler de l'hystérie et de la confusion des affaires pendant 5 ans ....Pour moi c'est tout vu le 20 et 27 novembre