France-Juppé relance la compétition en vue de la primaire

le , mis à jour à 22:23
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* La relative unité des Républicains se fissure après le congrès * Chahuté, Juppé dénonce le "sectarisme" de certains militants * Sarkozy minimise les lignes de fractures * "Il a le parti, j'ai l'opinion", dit Juppé (Actualisé avec Sarkozy, NKM, Raffarin) PARIS, 31 mai (Reuters) - Alain Juppé a relancé dimanche la compétition à droite en vue de la primaire pour l'élection présidentielle de 2017 en dénonçant le "sectarisme" de certains militants et en adressant des critiques à peine voilées à Nicolas Sarkozy au lendemain du congrès fondateur du parti des Républicains (ex-UMP). Les sifflets et les huées qui ont accompagné l'ex-Premier ministre et dans une moindre mesure François Fillon à leur arrivée à la tribune samedi à Paris ont écorné l'image d'unité que souhaitait renvoyer le parti de Nicolas Sarkozy encore marqué par une guerre des chefs fratricide. "Le militantisme a ses vertus, il a aussi ses risques : le risque de sectarisme, le risque de refus de l'autre, le risque d'enfermement est un risque fort", a souligné Alain Juppé dans l'émission le "Grand rendez-vous Europe 1-iTELE-Le Monde". "Il y a toujours chez les militants quelques hystériques." L'ex-Premier ministre, qui fait figure de rival le plus sérieux de Nicolas Sarkozy pour l'investiture présidentielle à droite, avait déjà été chahuté en février lors du conseil national de l'UMP alors qu'il prônait l'union avec le Centre. "Je ne suis pas le seul dans ce parti à dire qu'il faut s'ouvrir", a-t-il dit dimanche. "L'ADN de l'UMP, c'est l'union de la droite et du centre, je n'ai pas observé que les Républicains avaient renoncé à cet ADN. Si c'était le cas, je pense que ça serait tout à fait dangereux pour l'avenir". Dans une allusion à peine voilée au président des Républicains Nicolas Sarkozy, qui a notamment dénoncé "le terrifiant spectacle du drame familial des Le Pen et la terrifiante médiocrité de ceux qui nous gouvernent" ( ID:nL5N0YL09O ), le maire de Bordeaux s'est interrogé sur la "tonalité de certains discours" qui lui a paru "un peu vigoureuse, un peu excessive". Conforté par plusieurs sondages qui le donnent gagnant face à Nicolas Sarkozy lors de la primaire de novembre 2016 qui désignera le candidat de la droite et du centre à l'élection de 2017, Alain Juppé a mis en avant son poids dans l'opinion. "Nicolas Sarkozy a le parti, moi pour l'instant j'ai l'opinion", a-t-il dit. "J'organise ma petite PME, parfois il arrive que des PME performantes soient plus efficaces que des grandes entreprises du CAC 40". PAS LA FIN DES AMBITIONS Invité au 20h de France 2, Nicolas Sarkozy a défendu ses propos tenus la veille au congrès et a minimisé les sifflets et les huées, mettant en avant le chemin parcouru depuis la guerre des chefs qui avait opposé François Fillon et Jean-François Copé en 2012. "Pendant trois ans cette famille politique s'est déchirée, s'est divisée, s'est affrontée", a-t-il dit. "Depuis six mois, l'unité est revenue. Est-ce à dire que l'unité c'est la fin des ambitions de chacun? C'est tout à fait normal, il n'y a pas de problème." "Je regrette qu'il y ait quelques sifflets mais quand vous avez 15.000 à 17.000 personnes devant vous on ne peut pas contrôler que chacun puisse se tenir hors de ses sensibilités", a-t-il ajouté. Dans les rangs des Républicains, les sifflets dont ont été victimes les deux anciens Premiers ministres n'ont pas manqué de faire réagir. "Pour moi, ça, c'est la résurgence de l'ancien parti", a estimé Nathalie Kosciusko-Morizet, la vice-présidente des Républicains, sur France 3. "Ca peut durer longtemps mais ça ne doit pas être ça les Républicains (...) Je n'aime pas ça". "C'est plus qu'un couac, moi ce n'est pas ce que j'aime dans la politique. C'est surtout très dommage", a-t-elle ajouté. Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, l'ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a pour sa part déploré la réaction de certains militants tout en en minimisant la portée. "Je regrette ces mouvements d'humeur mais remettons les choses à leur place", a-t-il dit. "Les militants sont comme des supporters : ils ont des préférés." Le sénateur de la Vienne a par ailleurs estimé qu'Alain Juppé avait raison d'être vigilant concernant les contours de la primaire de 2016 qu'il souhaite voir ouvrir au centre. "Juppé a raison (...) Il est clair qu'il faut qu'elle soit élargie", a-t-il dit. "A quoi servirait une primaire si c'est pour faire un congrès du Parti républicain, des Républicains ?" (Marine Pennetier, édité par Eric Faye)

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