France-Juppé oppose son "humanisme" à la "brutalité" de Fillon

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    * Juppé prône l'espérance plutôt que la "pénitence" 
    * Un sondage le donne battu par Fillon dimanche 
 
    par Gilbert Reilhac 
    NANCY, Meurthe-et-Moselle, 25 novembre (Reuters) - Alain 
Juppé a opposé vendredi soir son "humanisme" à la "brutalité" 
des réformes voulues par François Fillon, le désormais grand 
favori de la primaire de la droite, lors de son dernier meeting 
de campagne à Nancy, en Meurthe-et-Moselle.   
    A la surprise générale, l'ancien Premier ministre de Nicolas 
Sarkozy a devancé le maire de Bordeaux de près de 16 points au 
premier tour du scrutin, dimanche dernier. 
    La dernière semaine de campagne ne paraît pas avoir permis à 
Alain Juppé de renverser la tendance, à en juger par un sondage 
Opinionway publié vendredi soir, qui crédite François Fillon de 
61% d'intentions de vote dimanche prochain.   
    Le "fils préféré" de l'ancien président Jacques Chirac 
s'était arrêté en chemin à Colombey-les-deux-Eglises pour se 
recueillir sur la tombe du général de Gaulle, auquel il s'est 
référé à plusieurs reprises. 
    Il s'est posé en rassembleur, dans un discours de trois 
quarts d'heure, devant un millier de personnes. 
    "On voit bien que se dessine aujourd'hui deux visions 
différentes de la réforme. Une qualifiée d'hyper-libérale, qui 
risque par sa brutalité de disloquer le corps social, et puis la 
mienne, que j'appelle libéralisme humaniste", a-t-il déclaré. 
    "Je veux agir en persuadant les Français que les réformes 
que je mettrai en œuvre ne seront pas une pénitence mais une 
espérance d'amélioration pour la vie de chacun", a-t-il ajouté, 
dans le droit fil de sa ligne de conduite depuis le début de la 
campagne. 
    Renonçant à l'agressivité qui lui a valu des critiques 
jusque dans son propre camp lorsqu'il a mis en doute la position 
de son adversaire sur l'avortement, le maire de Bordeaux a 
souligné les risques que les projets de son rival feraient peser 
sur la cohésion du pays. 
     
    "DÉMAGOGIE" 
    Il a dénoncé une "démagogie anti-fonction publique" et des 
menaces pour la sécurité des Français, dans la volonté de 
François Fillon de supprimer 500.000 emplois de fonctionnaires. 
    Celui-ci propose aussi que l'assurance-maladie ne finance 
plus que les affections graves ou de longue durée, laissant les 
autres soins aux mutuelles. Alain Juppé a pour sa part rappelé 
qu'il avait provisoirement "sauvé" l'assurance-maladie quand il 
était Premier ministre, en 1996, mais avec d'autres méthodes. 
    "Je ne sauverai pas l'assurance-maladie en diminuant les 
remboursements", a-t-il ajouté. 
    Alain Juppé a également rappelé les principes gaulliens 
d'indépendance de la France pour prôner une France qui ne soit 
"inféodée à personne" et s'étonner que François Fillon veuille 
un rapprochement avec la Russie quand celle-ci annexe la Crimée 
et soutient le président syrien Bachar al-Assad. 
    "J'ai été un peu surpris d'entendre (Vladimir Poutine) 
exprimer sa préférence (en faveur de François Fillon) pour la 
primaire de la droite. Je ne sais pas s'il viendra voter 
dimanche prochain", a-t-il ironisé. 
    "Ne vous y trompez pas, Le 2ème tour de la primaire, 
dimanche prochain, c'est en réalité le premier tour de la 
présidentielle de 2017", a-t-il conclu. 
    "Dites à vos amis de se demander quel est le projet 
politique, quelle est la méthode, quelle est la vision de la 
politique de la France qui permettra le mieux d'apaiser, de 
rassembler, de réformer, et là aussi vous avez la réponse", a 
ajouté celui dont Jacques Chirac souhaitait faire son dauphin. 
 
 (Edité par Emmanuel Jarry) 
 
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  • M2266292 il y a 6 mois

    l'espérance avec juppé????, qu'il parte en retraite