France-Juppé et Fillon vigilants sur l'organisation de la primaire

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    * La participation au coeur des enjeux 
    * Le traumatisme de la guerre Fillon-Copé dans les mémoires 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 8 novembre (Reuters) - A moins de deux semaines du 
premier tour de la primaire de la droite, Alain Juppé et 
François Fillon s'emploient à poser des garde-fous pour éviter 
une réédition de la bataille de 2012 pour la présidence de 
l'UMP, qui avait laissé le parti en lambeaux. 
    La vigilance des fidèles du maire de Bordeaux, favori des 
sondages face à Nicolas Sarkozy, et de François Fillon, perdant 
amer de 2012 qui ambitionne de se qualifier pour le second tour, 
porte en particulier sur la participation, qu'ils veulent la 
plus forte possible les 20 et 27 novembre. 
    L'objectif est de contrecarrer la stratégie de Nicolas 
Sarkozy reposant sur la mobilisation de son coeur de cible 
électoral dès le premier tour. 
    Dans le camp de François Fillon, on évoque des "craintes" à 
ce propos et on insiste sur la nécessité d'informer les 
électeurs potentiels sur la localisation des 10.228 bureaux de 
vote prévus pour le scrutin.  
    Mardi, les porte-parole de l'ex-Premier ministre ont donc 
officiellement demandé à la Commission nationale d'organisation 
de la primaire d'organiser un affichage dans tous les bureaux 
habituels pour orienter au mieux les sympathisants de droite.    
    "Les électrices et les électeurs doivent pouvoir disposer 
d'une information par voie d'affiche indiquant le lieu du bureau 
de vote de la primaire", a déclaré le député Jérôme Chartier 
lors d'une conférence de presse. 
    Cette requête sera examinée mercredi par la Commission, a 
fait savoir son président, Thierry Solère. 
    L'équipe d'Alain Juppé a pour sa part envoyé un courrier 
électronique, mardi, à ses partisans les invitant à se rendre 
sur le site internet du candidat, où sont répertoriés tous les 
bureaux de vote. 
     
    LE PARI DE JUPPÉ 
    Le sujet a vite émergé comme l'un des enjeux majeurs de la 
primaire, dont le dénouement dépendra en grande partie du profil 
des électeurs prêts à faire le déplacement fin novembre, et a 
déjà donné lieu à une poussée de fièvre au printemps et à l'été 
derniers. 
    S'était alors posée la question des modalités du vote pour 
les expatriés, lesquels ont été autorisés à se prononcer par 
internet, sans avoir à se rendre dans un bureau. 
    Alain Juppé parie sur une forte participation, supérieure à 
deux millions de personnes, pour l'emporter et n'hésite pas à 
battre le rappel des "déçus du hollandisme", tandis que son 
principal adversaire, Nicolas Sarkozy, mise sur une 
participation réduite au noyau des militants Républicains.       
     
    Dans l'entourage du maire de Bordeaux, on a d'ailleurs fait 
la liste des incidents de campagne susceptibles de faire fondre 
son avance dans les sondages: un faux pas, un "coup de génie" de 
Nicolas Sarkozy ou une chute de la mobilisation. 
    La droite reste en outre hantée par le traumatisme de la 
compétition entre François Fillon et Jean-François Copé, en 
2012, qui s'était soldée par des accusations de fraude de part 
et d'autre, une guerre fratricide et un affaiblissement durable 
de l'UMP, rebaptisée Les Républicains. 
    Selon L'Express, les proches d'Alain Juppé et de François 
Fillon se sont donné rendez-vous dimanche dernier afin de passer 
en revue les circonscriptions "à risque" et s'engager à y 
envoyer des délégués pour superviser les opérations de vote. 
    Joints par Reuters, les proches des deux candidats n'ont pas 
souhaité confirmer, ni démentir la tenue d'une telle réunion.   
 
 (Simon Carraud, édité par Sophie Louet) 
 
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  • newwin il y a un mois

    FILLON PRESIDENT