France-Juppé estime être un concurrent craint par Sarkozy

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PARIS, 12 avril (Reuters) - Alain Juppé a déclaré dimanche sur France 2 être un "concurrent sérieux" et craint par Nicolas Sarkozy pour l'investiture de l'UMP pour l'élection présidentielle de 2017. Dans le cadre d'une émission-portrait qui lui était consacrée, le maire de Bordeaux a redit sa détermination à aller jusqu'au bout de la procédure de désignation du candidat de la droite et son espoir de l'emporter sur Nicolas Sarkozy. "C'est une personnalité qui ne laisse pas indifférent (...) avec son énergie, sa volonté de puissance", a-t-il dit. "Je crois qu'il a vis-à-vis de moi aussi des sentiments mêlés d'amitié et, peut-être, un peu de crainte, parce qu'il pense que je suis un concurrent potentiel sérieux. Il a raison d'ailleurs", a ajouté l'ancien Premier ministre. Il a estimé que Nicolas Sarkozy avait "d'immenses qualités et d'immenses défauts", comme lui. "Ce qui va compter, c'est projet contre projet et, c'est vrai aussi, personnalité contre personnalité", a-t-il fait valoir. Il a réaffirmé que cela dépendrait aussi de l'organisation d'une primaire qu'il souhaite la plus large possible. Dans le Journal du Dimanche, Nicolas Sarkozy, qui juge l'alternance politique en marche, trois ans seulement après avoir été battu par le socialiste François Hollande, promet une primaire élargie au moins à l'UDI centriste. ID:nL5N0X906X Alain Juppé a fixé pour sa part à trois millions d'électeurs le seuil satisfaisant -- un chiffre atteint, a-t-il rappelé, par les primaires du PS pour la présidentielle de 2012. Si cette "condition sine qua non" est respectée, il a assuré qu'il respecterait le verdict de telles primaires à droite. "S'il y a 500.000 électeurs, je pense qu'elles n'auront pas de signification véritable parce que c'est le remake (...) de l'élection à la présidence de l'UMP", a expliqué le maire de Bordeaux. "Et ce n'est pas ça qui permet de choisir le champion de l'ensemble de la droite et du centre." Prié de dire s'il ferait confiance à Nicolas Sarkozy pour redresser la France, il a répondu, non sans ambiguïté : "Je lui ai fait confiance en 2007." Il a dit vouloir pour sa part relancer la croissance en allégeant les contraintes des entreprises, reconstruire un secteur public "efficace" et un "Etat fort dans ses fonctions régaliennes", rebâtir le système éducatif et réconcilier les Français avec l'Europe. Autant d'objectifs qu'il entend traduire en une dizaine de propositions de réformes "très claires". Il a également réitéré sa volonté de tendre la main au centre-gauche : "Aujourd'hui, entre un social-démocrate européen (...) et beaucoup de mes amis de l'UMP, il y a la possibilité, peut-être, d'envisager un jour de faire des réformes ensemble pour sortir ce pays du marasme (...) Ça ne peut se faire que sur un projet et je crois que ce sera l'enjeu de la prochaine élection présidentielle." (Emmanuel Jarry)

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