France-Juppé aussi est "impatient" d'en découdre avec Sarkozy

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    PARIS, 31 mai (Reuters) - Alain Juppé, qui se dit tout aussi 
"impatient" que Nicolas Sarkozy d'entrer dans le vif de la 
primaire de la droite, conseille à son rival de prendre "un peu 
de distance avec les appareils partisans" pour légitimer sa 
candidature. 
    La campagne pour la primaire d'investiture à droite des 20 
et 27 novembre prochains gagne en intensité avec la 
multiplication des indices d'une future entrée en lice du 
président des Républicains, dont la cote auprès des 
sympathisants de droite progresse dans de récents sondages. 
    Samedi dernier, lors d'une rencontre avec de jeunes 
militants à Paris, l'ancien chef de l'Etat a confié son 
"impatience" d'en découdre. 
    "Vous êtes impatients? Je prends toutes vos impatiences, je 
les additionne et ça fait la moitié de mon impatience!", a-t-il 
lancé. 
    Dans le duel qui s'installe entre le prédécesseur de 
François Hollande et le maire de Bordeaux, favori des sondages 
pour la primaire et la présidentielle, Alain Juppé se prête 
désormais aux joutes. 
    "Chacun conçoit les choses à sa manière, mais pour être 
candidat, il lui faudra sans doute prendre un peu de distance 
avec les appareils partisans, qui souffrent d'un discrédit 
profond. J'espère que cela viendra vite. Vous voyez, moi aussi, 
je suis impatient!", déclare-t-il ainsi dans une interview à 
paraître mercredi dans Le Figaro. 
    Les fidèles de Nicolas Sarkozy estiment que le contrôle du 
parti lui donnera un avantage décisif, ce qui suscite des 
interrogations dans les états-majors concurrents sur l'équilibre 
et la régularité du scrutin à venir.  
    Selon les statuts des Républicains, tout membre de la 
direction du parti briguant l'investiture doit se déclarer au 
plus tard quinze jours avant la date-limite de dépôt des 
candidatures, fixée au 9 septembre prochain. 
     
    SANS TAMBOUR NI TROMPETTE 
    Alain Juppé, qui revendique le soutien "de plus de 1.000 
maires", réunit mercredi à Paris une partie de ses soutiens 
locaux en marge du 99e Congrès des maires qui s'est ouvert 
mardi. Nicolas Sarkozy fera de même au siège des Républicains. 
    "J'ai choisi de faire une campagne de terrain sans tambour 
ni trompette. (...) J'ai fait le choix de laisser bourgeonner 
librement mes comités de soutien. Nous en comptons aujourd'hui 
plus d'un millier et ils attirent des participants qui n'avaient 
jamais milité dans aucun parti", souligne dans le Figaro Alain 
Juppé, qui entend isoler Nicolas Sarkozy en élargissant au 
maximum l'électorat de la primaire. 
    François Fillon, qui poursuit son "sillon comme un paysan" 
malgré une tenace quatrième place dans les sondages, a lancé 
mardi l'entreprise de séduction auprès des maires en se 
présentant comme "le plus local des candidats" de la primaire. 
Bruno Le Maire, le "troisième homme" des sondages, était aussi à 
la manoeuvre avec un "apéro des maires" à son QG parisien. 
    L'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qui fut maire 
durant 18 ans, a appelé les élus au réalisme face aux baisses 
des dotations aux collectivités territoriales. 
    L'Association des maires de France (AMF) veut mettre la 
pression sur l'exécutif pour obtenir une révision du volume des 
coupes prévues pour 2017 (3,7 milliards d'euros). Ils attendent 
beaucoup du discours de François Hollande, jeudi en clôture du 
Congrès des maires. 
    "Avec 2.100 milliards de dettes, personne ne peut 
raisonnablement penser qu'on va soudainement relever fortement 
le montant de vos dotations. Ceux qui vous promettent cela vous 
mentent et en le faisant ils méprisent votre sens de l'intérêt 
général", a dit François Fillon.     
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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