France-Jouyet relaxé dans l'affaire de son déjeuner avec Fillon

le , mis à jour à 17:41
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* Diffamation reconnue mais les prévenus sont jugés de "bonne foi" * Tout le monde crie victoire (Actualisé avec avocat de Jouyet et Fillon) PARIS, 9 juillet (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé jeudi le secrétaire général de l'Elysée Jean-Pierre Jouyet ainsi que deux journalistes du Monde, poursuivis en diffamation par l'ancien Premier ministre François Fillon. Le tribunal a reconnu le caractère diffamatoire des propos qui leur étaient reprochés, selon lesquels le député des Républicains aurait demandé au principal collaborateur de François Hollande d'accélérer le cours de la justice contre Nicolas Sarkozy pour l'empêcher de revenir en politique. Il a toutefois retenu la "bonne foi" en faveur des prévenus, conformément aux réquisitions du parquet. "Monsieur Jean-Pierre Jouyet est évidemment satisfait de ce que le tribunal, après avoir constaté sa bonne foi, le relaxe dans cette affaire", a dit à Reuters son avocat, Me Jean Veil. Les avocats de Gérard Davet et Fabrice Lhomme, qui étaient présents à l'audience, ont eux aussi salué ce jugement. "Entre l'honneur de Monsieur Fillon et la liberté de la presse, c'est la liberté de la presse qui a prévalu", a réagi Me François Saint-Pierre. Le conseil de François Fillon, Jean-Pierre Versini-Campinchi, estime que l'honneur de son client est "lavé". "Le tribunal a publiquement dit que les propos étaient diffamatoires et que la preuve de leur véracité n'avait pas été rapportée", a-t-il dit. Sur son blog, l'ancien Premier ministre, candidat à la primaire à droite pour la présidentielle de 2017 contre, probablement, Nicolas Sarkozy, a estimé que la justice avait "saisi des prétextes techniques pour éviter de condamner le principal collaborateur du président (...) pour ses mensonges". MACHINATION POLITIQUE ? "Cela ne me détourne en rien des buts que je me suis assignés", a-t-il écrit. "Ni la mythomanie des uns, ni la carence des autres, ne m'empêcheront de consacrer toute mon énergie (...) au service de mon pays." Dans leur livre "Sarko s'est tuer", Gérard Davet et Fabrice Lhomme écrivaient que François Fillon avait demandé à Jean-Pierre Jouyet, lors d'un déjeuner le 24 juin 2014, de "taper vite" sur Nicolas Sarkozy, mis en cause dans plusieurs enquêtes judiciaires, pour ne pas le "laisser revenir" en politique. Lors d'une rencontre avec eux à l'Elysée en septembre 2014, Jean-Pierre Jouyet, ami de François Hollande depuis 40 ans, avait dit à ses interlocuteurs qu'ils étaient bien informés et ajouté à propos de François Fillon : "En gros, son machin, c'était de dire, 'mais tapez vite! Tapez vite." Ses propos avaient été enregistrés - à son insu, affirmait le secrétaire général de l'Elysée - et diffusés par les journalistes du Monde. Dans ses réquisitions, le procureur avait estimé que la responsabilité de Jean-Pierre Jouyet ne pouvait être retenue, faute de pouvoir démontrer qu'il avait "souhaité participer en son nom propre à la diffusion de l'information." Concernant les journalistes du Monde, il avait dit "avoir du mal" à juger leur enquête "très sérieuse", mais ajouté que "la bonne foi" devait leur profiter. Tout en retenant la bonne foi, le tribunal a estimé que Jean-Pierre Jouyet pouvait être considéré comme "complice de diffamation publique" et que l'offre de preuve apportée par Gérard Davet et Fabrice Lhomme n'était pas satisfaisante. Lors du procès, le 28 mai dernier, François Fillon avait implicitement accusé François Hollande d'avoir ourdi une machination politique visant à le "décrédibiliser" et à "semer la zizanie" dans sa famille politique, affirmant que Jean-Pierre Jouyet était en "service commandé" dans cette affaire. ID:nL5N0YJ1T0 (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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  • PAINPONT le jeudi 9 juil 2015 à 18:06

    De gauche on est présumé innocent ,de droite présumé coupable c'est la Justice indépendante et apolitique!