France-Journée test pour l'exécutif sur la réforme du collège

le , mis à jour à 11:02
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* Les syndicats représentatifs dans la rue * La CFDT ne voit pas de raisons de s'opposer au projet * Le gouvernement entend montrer sa détermination PARIS, 19 mai (Reuters) - Une partie des enseignants français ont entamé mardi une journée de grève et de manifestations contre la réforme du collège lancée par le gouvernement, qui vit un test important de sa détermination face à ses électeurs historiques. Une intersyndicale représentant 80% des enseignants espère mobiliser mais avec des objectifs parfois divergents. SNALC, FO, Sud, CGT réclament le retrait de la réforme tandis que le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, demande des discussions. Le taux de grévistes était mardi matin de "plus de 50%" dans les collèges et lycées, a dit à Reuters une porte-parole du Snes. Refonte égalitariste d'un collège créateur d'injustice pour le gouvernement soutenu par la majorité, outil de nivellement par le bas pour la droite, la réforme inquiète les enseignants en raison de "l'interdisciplinarité" prévue par le projet. Les établissements disposeront d'une marge de manoeuvre de 20% sur le temps d'enseignement pour favoriser l'apprentissage de sujets transversaux et les syndicats protestataires craignent que cette plus grande autonomie ne débouche sur un accroissement des inégalités entre les collèges, tous les professeurs étant attachés par ailleurs à "leur" discipline. Ces craintes ne sont pas partagées par tous les syndicats. Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, qui soutient la réforme, a déploré mardi la "politisation" du débat. Cette réforme "pose les bases d'une amélioration du collège", a-t-il déclaré sur RTL en invitant à "regarder la réalité" car, selon lui, le collège est aujourd'hui "injuste". "Les enseignants ont tout à y gagner", a-t-il dit. "LAXISME" L'ancien ministre de l'Education nationale Benoît Hamon, pourtant critique de la politique du gouvernement, a lui aussi apporté son soutien à Najat Vallaud-Belkacem. "Elle bénéficie du soutien très fort de toute la majorité", a-t-il estimé sur France Inter en soulignant qu'il fallait tenir bon, le manque de cohésion de la majorité sur la précédente réforme des rythmes scolaires ayant nui à son application. François Hollande et son Premier ministre, Manuel Valls, ont eux aussi affiché leur détermination à maintenir le cap, même si quelques aménagements ont déjà été promis. A gauche, certaines voix s'élèvent pourtant pour critiquer la réforme avec, parfois, les mêmes arguments que la droite. La "'réforme' va toujours dans le même sens: le laxisme, au prétexte de l'ouverture et du 'suivi personnalisé'", dit ainsi dans Le Figaro de mardi l'ancien ministre socialiste de l'Education nationale de 1984 à 1986, Jean-Pierre Chevènement. Dans un communiqué, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien à la grève contre "une entreprise de démantèlement de l'Ecole de la République". "L'autonomie renforcée des collèges aggrave en effet la territorialisation de l'éducation : il y aura désormais autant d'organisation et d'horaires que d'établissements. De fait, c'est la fin de l'égalité de traitement des élèves", dit-il. A droite, la cohésion est quasiment totale. Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente de l'UMP, a prôné mardi le retrait du texte sur France Info. "La fronde, le rejet, la critique à l'égard de cette réforme traversent vraiment l'ensemble de la communauté éducative, de ceux qui sont concernés, les parents, l'ensemble de la société. Ce n'est pas un sujet politique", a-t-elle ajouté. (Yves Clarisse, édité par Sophie Louet)

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