France-Journée test pour l'exécutif sur la réforme du collège

le , mis à jour à 15:58
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* Les syndicats représentatifs dans la rue * Hollande défend une réforme pour "l'excellence" * La réforme se fera, répète Manuel Valls * Les députés UMP réclament un débat au Parlement (Actualisé avec Hollande à Berlin) PARIS-BERLIN, 19 mai (Reuters) - Une partie des enseignants français ont observé mardi une journée de grève et de manifestations contre la réforme du collège face à un gouvernement déterminé à prouver sa volonté réformiste malgré la fronde politique et syndicale. Le taux de grévistes était de 23,44% (27,61% dans le public) dans les collèges, selon le ministère de l'Education. Le SNES-FSU, premier syndicat du secondaire, fait état pour sa part de "plus de 50%" de grévistes dans les collèges et lycées. François Hollande, en déplacement à Berlin, a défendu une réforme pour "la réussite de tous" et "l'excellence". "L'excellence, ce n'est pas un privilège, c'est un droit. Elle doit être partagée l'excellence, pas abaissée", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. A Paris, le Premier ministre Manuel Valls a réaffirmé que ce dispositif entrerait bien en vigueur à la rentrée 2016 et qu'un décret serait publié "le plus rapidement possible". L'intersyndicale, qui représente 80% des quelque 840.000 enseignants français, a mobilisé sur des mots d'ordre différents. SNALC, FO, Sud, CGT réclament le retrait de la réforme tandis que le SNES-FSU demande des discussions. VALLAUD-BELKACEM PROMET DES GARANTIES "Il ne faut pas craindre le débat ni la mobilisation", a souligné Manuel Valls en marge de la réunion du groupe socialiste à l'Assemblée. "La majorité des enseignants sont convaincus qu'il faut une réforme", a-t-il assuré. Le groupe UMP à l'Assemblée, qui n'a de cesse d'attaquer la ministre de l'Education, a demandé mardi un débat au Parlement. Najat Vallaud-Belkacem a assuré que sa porte restait "ouverte" aux organisations syndicales et que les textes d'application de la réforme apporteraient "les garanties nécessaires" aux enseignants. "Aucun établissement ne sera laissé démuni", a-t-elle dit en marge du lancement d'une campagne contre le décrochage scolaire. Refonte égalitariste d'un collège créateur d'injustice pour le gouvernement, outil de nivellement par le bas pour la droite, la réforme inquiète les enseignants en raison de "l'interdisciplinarité" prévue par le projet. Les établissements disposeront d'une marge de manoeuvre de 20% sur le temps d'enseignement pour favoriser l'apprentissage de sujets "transversaux", une plus grande autonomie dont les syndicats craignent qu'elle ne débouche sur un accroissement des inégalités entre les collèges. "On n'est pas contre l'interdisciplinarité, mais il faut prévoir des heures de décharge dans l'emploi du temps des professeurs pour pouvoir se concerter", témoigne une professeure du collège Méliès, à Paris. "CEUX QUI VONT PÉRIR TE SALUENT" A Nantes, les manifestants exprimaient leur inquiétude quant à l'avenir des langues mortes ("Ave Najat, ceux qui vont périr te saluent", pouvait-on lire sur une pancarte aux côtés de deux gladiateurs grec et romain) et protestaient contre la suppression des classes bilangues ("Allemand, langue pour l'emploi", "Euros et bilangues pour tous", lisait-on). Sur ce dernier sujet, François Hollande a assuré aux côtés de la chancelière allemande Angela Merkel que la réforme prévoyait d'augmenter le nombre de professeurs d'allemand. Les craintes exprimées dans les cortèges (500 manifestants à Nantes, 1.000 à Bordeaux, par exemple) ne sont pas partagées par tous les syndicats. Le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a ainsi déploré sur RTL la "politisation" du débat et défendu une réforme qui "pose les bases d'une amélioration du collège". Si le gouvernement se prévaut du soutien unanime de la majorité, des voix s'élèvent à gauche pour critiquer la réforme avec, parfois, les mêmes arguments que la droite. La "'réforme' va toujours dans le même sens: le laxisme, au prétexte de l'ouverture et du 'suivi personnalisé'", dit ainsi dans Le Figaro de mardi l'ancien ministre socialiste de l'Education nationale de 1984 à 1986, Jean-Pierre Chevènement. Dans un communiqué, le Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon apporte son soutien à la grève contre "une entreprise de démantèlement de l'Ecole de la République". A droite, la cohésion est quasiment totale. Nathalie Kosciusko-Morizet, vice-présidente de l'UMP, a prôné mardi le retrait du texte sur France Info. "La fronde, le rejet, la critique à l'égard de cette réforme traversent vraiment l'ensemble de la communauté éducative, de ceux qui sont concernés, les parents, l'ensemble de la société". (Yves Clarisse et Sophie Louet, avec Jessica Chen et Guillaume Frouin à Nantes, Caroline Copley à Berlin)

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  • manta92 le mardi 19 mai 2015 à 13:49

    Bien sur M8252219 mais dans ce cas là quand est-ce que les professeurs préparent les cours et corrigent les copies ? Pendant les cours ?

  • M8252219 le mardi 19 mai 2015 à 12:35

    La première réforme à faire: C'est que soit acquit par les enfants le socle des connaissances en fin de primaire!! en redonnant de l'autorité aux enseignants par leur présence à plein temps pour les titulaires de classe. la confiance des parents et des élèves passe par cette stabilité du professeur. Pour être un ou une titulaire de classe c'est le temps plein devant les enfants qui doit être exigé.