France-Jean-Marie Le Pen provoque une nouvelle crise au FN

le
0

* Des dirigeants du FN se démarquent de Jean-Marie Le Pen * Sa nouvelle sortie pourrait menacer sa candidature en PACA PARIS, 3 avril (Reuters) - La nouvelle provocation de Jean-Marie Le Pen, qui persiste à dire que les chambres à gaz nazies sont un "détail de l'histoire", suscite la colère de sa fille, ouvre une fracture au Front national et menace la candidature du patriarche aux élections régionales de décembre prochain. Des responsables de gauche y ont vu le signe que la dédiabolisation voulue par Marine Le Pen n'était qu'un "vernis", tandis que le parquet de Paris a ouvert une enquête pour contestation de crime contre l'humanité. Marine Le Pen avait marqué dès jeudi son "profond désaccord" avec son père, président d'honneur du FN, lui reprochant d'appliquer une "stratégie avouée" de provocation parce qu'il pense que "la polémique est positive pour le mouvement". La présidente du FN s'est démarquée du député européen à plusieurs reprises, affirmant en 2011 que les camps nazis étaient "le summum de la barbarie". En juin dernier, elle avait dénoncé une "faute politique" quand son père avait parlé d'une "fournée" concernant le chanteur Patrick Bruel, qui est juif. Florian Philippot, le vice-président du mouvement qui se dit d'inspiration gaulliste, a déploré vendredi une provocation "parfaitement inutile" et des propos "qui ne sont en aucune manière la ligne du Front national". "J'avoue ne pas comprendre pourquoi il a besoin de faire de la provocation et de rouvrir des plaies qui sont terribles, qui sont terrifiantes, de l'Histoire", a-t-il dit sur LCI. "ESPÈCE DE COLLARD" Avant lui, le député Rassemblement Bleu Marine Gilbert Collard a estimé sur Twitter que cette sortie faisait de Jean-Marie Le Pen un "tract ambulatoire" pour le Premier ministre Manuel Valls, qui se veut en pointe dans le combat anti-FN. L'intéressé lui a vertement répondu sur le même réseau social : "Ferme donc ta gueule, espèce de collard!". La nouvelle sortie du président d'honneur du FN pourrait remettre en cause sa candidature autoproclamée comme chef de file pour les prochaines élections régionales en Provence-Alpes-Côte d'Azur (PACA), sans attendre la commission d'investiture. Nicolas Bay, le secrétaire général du FN, a estimé sur Europe 1 que les provocations de Jean-Marie Le Pen pouvaient "nuire à une candidature aux régionales", soulignant que d'autres candidats pourraient se déclarer. "Il est certain que ce qui est arrivé là peut handicaper sa candidature dans la région PACA", a renchéri Florian Philippot. "Il peut très bien y avoir d'autres candidatures". Marine Le Pen a marqué sa préférence pour sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, qui avait exclu jusqu'à présent de se présenter si son grand-père maintenait sa candidature. Nicolas Bay a semblé écarter une exclusion de Jean-Marie Le Pen du parti. "Il a une situation statutaire, il n'est pas un militant lambda. Jean-Marie Le Pen a été le fondateur du FN, il l'a présidé pendant quarante ans", a-t-il dit. Le chercheur Joël Gombin, spécialiste de l'extrême droite, juge impossible une exclusion du fondateur du parti pour des raisons humaines et familiales, mais également politiques. "Je ne crois pas que Marine Le Pen puisse trouver dans son bureau politique une majorité pour exclure son père, ni même pour le relever de ses fonctions de président d'honneur", a-t-il dit au Parisien. Jean-Marie Le Pen, qui a mis à plusieurs reprises en doute la stratégie de "dédiabolisation" du FN, avait pour la première fois tenu ses propos sur les chambres à gaz en 1987. Il a été condamné cinq fois, notamment pour contestation de crimes contre l'humanité, dans l'affaire du "détail". (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant