France-Jean-Marie Le Pen lance un ultimatum à sa fille

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    * Jean-Marie Le Pen exige l'unité de toute l'extrême droite 
    * Il menace de créer un nouveau parti s'il n'est pas entendu 
 
    PARIS, 23 février (Reuters) - Jean-Marie Le Pen somme sa 
fille Marine de faire l'unité du Front national et de la 
mouvance nationale avec un changement de ligne politique, faute 
de quoi il menace de fédérer l'extrême droite, y compris 
radicale, hors du parti. 
    Dans une lettre ouverte à Marine Le Pen et rendue publique 
mardi, le président d'honneur du FN estime qu'une victoire à la 
présidentielle de 2017 passe par une "unité sans faille" de sa 
famille politique. 
    Jean-Marie Le Pen, qui a été exclu du FN en 2015 à la suite 
de déclarations polémiques, a menacé à plusieurs reprises de 
créer un courant en interne, voire un nouveau parti. 
    Il avait toutefois renoncé dans un souci d'unité à mener une 
liste dissidente dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur 
(Paca) face à sa nièce Marion Maréchal-Le Pen, ce qu'il rappelle 
dans sa lettre ouverte.   
    Or, le député européen estime aujourd'hui que le séminaire 
stratégique organisé au début du mois par Marine Le Pen pour 
réfléchir au programme du parti en vue de 2017 a "accouché d'une 
souris". La dirigeante y a notamment exclu de renoncer à la 
sortie de l'euro, réclamée par plusieurs figures du FN. 
    Jean-Marie Le Pen considère également que le retrait, très 
relatif, de l'espace médiatique décidé par sa fille pour l'année 
2016 "risque d'être irréversible". 
    "Il faut refermer au plus tôt la faille ouverte, qui, déjà, 
suscite les ambitions chez de potentiels candidats qui, par leur 
seule présence, menaceraient vos chances de figurer au second 
tour", écrit-il. 
     
    "DEMANDES PRESSANTES" 
    Il évoque des "demandes pressantes" le conduisant "à 
organiser, si possible à l'intérieur, ou en parallèle avec le 
Front National, un rassemblement des volontés patriotiques 
fidèles à la ligne politique d'un changement décisif". 
    "Si notre démarche n'aboutit pas, conscients des terribles 
dangers qui menacent notre patrie, nous ne baisserons pas les 
bras, et agirons alors et à regret en dehors du Front National", 
ajoute-t-il. 
    Jean-Marie Le Pen avait déjà prôné il y a quelques semaines 
"le rassemblement de tous", y compris Florian Philippot, le 
vice-président du parti qu'il n'avait jusqu'alors cessé 
d'attaquer. 
    En juillet, le député européen avait même imaginé cet 
énarque de 33 ans passé par le MRC de Jean-Pierre Chevènement au 
service de la droite "pour saboter le Front national". 
    Florian Philippot incarne la ligne sociale que défend Marine 
Le Pen, mais nombre de cadres et élus de la formation d'extrême 
droite revendiquent un côté plus droitier et veulent un sérieux 
toilettage du programme économique. 
    Marion Maréchal-Le Pen, députée du Vaucluse, a ainsi insisté 
à plusieurs reprises sur le fait que les marges de progression 
du FN "se situent sur l'électorat de droite".  
    "Dans le Vaucluse, si nous avons obtenu la majorité absolue, 
c'est parce qu'on a tué l'UMP. Je ne dis pas que la France est à 
l'échelle du Vaucluse, bien sûr, mais il faut savoir à qui on 
s'adresse", avait-elle déclaré début février au Point. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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