France-Jean-Marie Le Pen crée le "Rassemblement bleu-blanc-rouge"

le , mis à jour à 17:47
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* "L'unité est la condition sine qua non de la victoire" dit-il * Il n'exclut pas de s'inviter à l'université d'été du FN * Marine Le Pen juge "peu crédible" l'idée de listes dissidentes (Actualisé avec Le Pen et réactions à l'université d'été) MARSEILLE, 5 septembre (Reuters) - Jean-Marie Le Pen a proposé samedi la création d'un "Rassemblement bleu-blanc-rouge" en écho au "Rassemblement bleu Marine" de sa fille, présidente du Front national, avec laquelle il est en froid. Le cofondateur du parti d'extrême droite, dont il a été exclu le mois dernier, a rassemblé ses soutiens dans les quartiers Nord de Marseille au moment où débutaient dans la même ville l'université d'été du FN, à laquelle il n'a pas été convié. "Je propose, comme il y a le Front national et le Rassemblement bleu Marine, de créer le Rassemblement bleu-blanc-rouge. Vous ne serez pas orphelins", a déclaré Jean-Marie Le Pen dans un restaurant du XIIIe arrondissement. "Nous pourrons donc agir dans le même sens que le FN sans forcément y appartenir. Le FN sera bien en peine de refuser notre démarche car elle correspond au parallélisme des formes. Vous serez appelés à adhérer de telle sorte que nous remettions le FN dans l'axe", a-t-il ajouté. Parc Chanot, où se tient l'université d'été, la proposition de l'eurodéputé de 87 ans a été accueillie avec circonspection. "Je ne sais pas ce que sera l'objet de cette association, mais il n'y a qu'un seul et unique mouvement, c'est le Front national. Maintenant, chacun est libre de créer son parti", a dit David Rachline, sénateur-maire de Fréjus (Var). Pour le sénateur Stéphane Ravier, "le Rassemblement bleu-blanc-rouge, il existe : c'est le Front national. Le Front national a besoin d'unité, pas d'un rassemblement bis qui est une perte de temps." A son arrivée dans la cité phocéenne, Jean-Marie Le Pen avait appelé à "l'unité" de son parti, "condition sine qua non de la victoire." "Je souhaite que cessent ces divisions pour les batailles à venir", avait-il ajouté devant la presse, invitant sa fille à "retrouver le bon sens". "J'AI PASSÉ L'ÂGE POUR ME PRÉSENTER." A l'université d'été, Marine Le Pen a estimé que la querelle familiale faisait partie des sujets "passés et dépassés." "Je me réjouirai toujours lorsque des patriotes décident de ne pas évoquer les sujets qui fâchent pour se concentrer sur les grands sujets qui intéressent les Français", a-t-elle dit en réponse à l'appel à l'unité de son père. Jean-Marie Le Pen a laissé planer le suspens quant à sa venue à l'université d'été, où il est persona no grata. "Je ne m'interdis pas d'aller au Parc Chanot, ni cet après-midi, ne ce soir, ni demain, car je suis libre et je suis député européen de cette circonscription, je suis conseiller régional et président du groupe, je suis de surcroît président d'honneur du Front National", a-t-il rappelé. Exclu le 20 août du parti, notamment pour la répétition de ses propos sur les chambres à gaz nazies, Jean-Marie Le Pen a assuré à plusieurs reprises qu'il contestait cette décision. A trois mois des élections régionales, plusieurs élus locaux se disent prêts à présenter des listes dissidentes au scrutin de décembre en région Provence Alpes Côte d'Azur contre Marion Maréchal Le Pen, investie tête de liste par le FN, mais Jean-Marie Le Pen a écarté l'hypothèse de sa propre candidature. "Je ne sais pas s'il y aura des listes dissidentes mais pas de mon fait", a déclaré à sujet l'eurodéputé de 87 ans. "J'ai passé l'âge pour me présenter." Jean-Marie Le Pen a toutefois indiqué que si les nombreux conseillers régionaux sortants de Paca qui avaient appelé à la démission du numéro 2 du FN Florian Philippot n'étaient pas sur les listes de sa petite fille Marion Maréchal-Le Pen, ses supporteurs pourraient ne pas voter pour elle. Marine Le Pen dit ne pas vouloir laisser son père perturber la campagne des régionales, qu'elle conduira personnellement en Nord-Pas-de-Calais-Picardie. L'hypothèse de listes dissidentes n'est selon elle "pas crédible." "Encore une fois, malgré les lourdes divergences que nous avons, (Jean-Marie-Le Pen-NDLR) est quand même conscient que le Front national est le seul outil capable de renverser la vapeur et arracher la France à la situation dans laquelle elle est", a-t-elle souligné. (François Revilla et Jean-François Rosnoblet, édité par Elizabeth Pineau)

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