France-Jacqueline Sauvage restera en prison

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    PARIS, 24 novembre (Reuters) - La cour d'appel de Paris a 
rejeté jeudi une demande de libération conditionnelle déposée 
par Jacqueline Sauvage, condamnée à dix ans d'emprisonnement 
pour le meurtre de son mari violent, et à qui François Hollande 
avait accordé une grâce partielle, a-t-on appris de source 
judiciaire.  
    C'est cette remise de peine accordée par le président 
français en février dernier qui lui a permis de demander une 
libération conditionnelle.  
    Mais celle-ci, refusée dans un premier temps par un tribunal 
d'application des peines, a de nouveau été rejetée en appel.  
    Dans son arrêt, la cour d'appel de Paris juge en effet cette 
demande "prématurée", en ce qu'elle intervient quelques mois 
seulement après le prononcé de la peine, et que l'acte commis 
semble ne pas être "assumé pleinement", indique une source 
judiciaire.  
    "La cour ne peut qu'encourager Jacqueline Sauvage à accepter 
pleinement sa peine et les conditions de son exécution, à sortir 
du discours de survictimisation dans lequel elle se positionne 
et à approfondir ses efforts d'introspection, efforts dont seuls 
les prémisses sont à ce jour visibles", écrit-elle, selon des 
propos rapportés par une source judiciaire.  
    "Il apparaît nécessaire qu'elle puisse prendre le temps du 
cheminement pour sa reconstruction psychologique", 
ajoute-t-elle.  
    Les avocates de Jacqueline Sauvage ont fustigé une décision 
"assez choquante", et annoncé qu'elles discuteraient avec leur 
cliente d'un éventuel pourvoi en cassation.  
    "Nous sommes assez consternées", a déclaré à la presse Me 
Janine Bonaggiunta.  
    "Elle est le type même de la femme qui a vécu l'atrocité, la 
brutalité et qui là encore n'est pas reconnue en tant que femme 
violentée", a-t-elle déploré. 
    Pour son autre avocate, Me Nathalie Tomasini, "Jacqueline 
Sauvage pâtit de cette grâce présidentielle partielle".  
    Cette décision "pose la question de la responsabilité de la 
société française, qui n'a pas encore mesuré l'impact 
psychologique des violences faites aux femmes et des extrémités 
auxquelles ces dernières peuvent être poussées pour se 
défendre", a-t-elle ajouté. 
    Jacqueline Sauvage a tiré en 2012 trois coups de fusil de 
chasse dans le dos de son mari, après avoir vécu un enfer avec 
lui pendant 47 ans. 
    Sa fin de peine est désormais fixée au 2 juillet 2018.  
 
 (Chine Labbé, édité par Yves Clarisse) 
 
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