France-Israël inquiet des propos du patron d'Orange

le , mis à jour à 19:09
1

(Actualisé avec Netanyahu, détails) PARIS, 4 juin (Reuters) - Le gouvernement israélien s'est alarmé jeudi de déclarations du PDG d'Orange ORAN.PA Stéphane Richard, qui a évoqué mercredi un éventuel retrait d'Israël et confirmé jeudi son intention de mettre un terme à un accord de licence avec une marque locale. Orange, qui a un accord de licence de marque avec l'opérateur Partner Communications, a indiqué jeudi souhaiter y "mettre fin à terme", tout en assurant que cette décision était conforme à "sa politique de marque" et en aucun cas politique. La veille, Stéphane Richard avait souligné au Caire vouloir être un "partenaire de confiance de tous les pays arabes" et ajouté que son groupe serait prêt à mettre un terme à cet accord dès "demain" s'il le pouvait, mais que cette décision présenterait un "énorme risque financier". Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a demandé jeudi à Paris de "publiquement désavouer" Orange, détenu à 25% par l'Etat. Il a également demandé aux alliés d'Israël "de dire fermement, clairement et sans condition qu'ils s'opposent à toute forme de boycott de l'Etat juif." Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont demandé au gouvernement français de cesser toute relation économique avec les colonies israéliennes dans les territoires occupés, mentionnant directement l'accord qui lie Orange et Partner Communications. Dans une lettre à Stéphane Richard rendue publique jeudi, la vice-ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Hotovely exprime sa "vive préoccupation" et lui demande de s'"abstenir de rejoindre l'industrie de mensonges qui prend pour cible de manière injuste Israël." DES PROPOS "SORTIS DE LEUR CONTEXTE" Orange, dont un porte-parole estime que les propos de son PDG ont été sortis de leur contexte, assure jeudi n'avoir "en aucun cas vocation à prendre part, sous une quelconque forme, à un débat de nature politique." "Conformément à sa politique de marque, Orange ne souhaite pas maintenir la présence de la marque dans les pays où le Groupe n'est pas ou n'est plus opérateur", explique la compagnie. Et d'ajouter : "dans ce cadre, tout en respectant strictement les accords existants, Orange souhaite mettre fin à terme à cette licence de marque." Un porte-parole du Quai d'Orsay s'est refusé à tout commentaire concernant les propos de Stéphane Richard. Il a toutefois réaffirmé la position de la France, qui est de s'opposer à tout boycott d'Israël tout en considérant les colonies comme illégales. L'Etat détient 25% du capital d'Orange, dont 13,4% via l'APE et 11,6% via la CDC. Les pourparlers israélo-palestiniens ont été suspendus en avril 2014, les Palestiniens condamnant la poursuite de la colonisation dans les territoires occupés et les Israéliens dénonçant l'accord de réconciliation entre l'Autorité palestinienne et les islamistes du Hamas, au pouvoir à Gaza. Tout en se disant favorable à une solution à deux Etats, Benjamin Netanyahu, récemment réélu Premier ministre en Israël, souhaite également qu'Israël puisse conserver une partie des territoires occupés depuis 1967. (Chine Labbé, John Irish et Leila Abboud, avec Allyn Fisher-Ilan et Dan Williams à Jérusalem et Tova Cohen à Tel Aviv, édité par Yves Clarisse)


Valeur associée
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • chofar le jeudi 4 juin 2015 à 20:05

    cynisme d'Orange, condamner israël et ses 10 millions d'habitants pour avoir des marchés dans les pays arabes et leur 100 millions d'habitants....pitoyable!