France-Irlande en questions

le , mis à jour à 21:00
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France-Irlande en questions
France-Irlande en questions

Dans une ambiance énorme et au terme d'un combat physique impressionnant, le XV de France a chuté contre l'Irlande pourtant amoindrie en cours de match. L'analyse de cette défaite en quatre questions.

DE NOTRE ENVOYE SPECIAL A CARDIFF

Quelle était l'ambiance ?

Enorme. Dès samedi, les supporters français et irlandais ont envahi les rues de Cardiff déjà bondées par des Gallois enivrés par les matchs de leurs équipes nationales de rugby et de football. Aujourd'hui, une impressionnante marée humaine a envahi la capitale galloise dans une ambiance très bon enfant pour un défilé de déguisements plus fous les uns que les autres. Mais évidemment le moment le plus attendu était le match dans un Millennium fermé et bouillant. Assurément l'un des stades les plus magiques du monde. Comme prévu, le contingent irlandais était bien plus nombreux que celui venu de France. Environ 40 000 fans du Trèfle ont donné de la voix, contre 15 000 Français. Avant la rencontre, le speaker a chauffé le stade avant l'entrée des équipes parfaitement orchestrée. Frissons assurés tout comme quelques instants plus tard durant les hymnes. Lorsque les Irlandais ont ouvert le score à la 12eme minute, le vacarme a repris dans le Millennium. Les 72 163 heureux spectateurs ont assisté à un vrai match de phases finales. Et l'ambiance aura été à la hauteur de cet énorme combat. Avec en point culminant l'essai de Rob Kearney à la 50eme minute qui a fait rugir le public vert. Durant les vingt dernières minutes, le stress a gagné l'ensemble du stade. Mais les Irlandais n'ont pas cessé de donner de la voix. Avant d'exploser définitivement sur l'essai de Conor Murray. 

Comment a été le combat physique ?

Monstrueux. C'était l'une des inquiétudes des Irlandais avant ce match : comment rivaliser avec la puissance du XV de France ? « Ils sont costauds, c'est une vraie équipe d'athlètes, massive, puissante, soulignait Paul O'Connell samedi. Ils sont plus forts que nous physiquement. » Et comme prévu, l'engagement a été énorme durant tout la rencontre. Pascal Papé, touché aux côtes dès la 3eme minute sur un très mauvais geste de Sean O'Brien, ne dira pas le contraire. Redoutés par les Irlandais, Mathieu Bastareaud et Louis Picamoles ont appuyé leurs charges, au point de faire sortir Jonathan Sexton. Presque comme prévu... Symbole de ce match d'hommes, cette sauvage lutte entre les deux packs durant de longs temps de jeu à la 30eme minute, après l'immense cafouillage de Keith Earls. Les Bleus « affamés », selon les termes de Saint-André, ont alors été tout simplement héroïques en défense multipliant les plaquages à l'image de la troisième ligne. Paul O'Connell sera la deuxième victime de la soirée. Le futur Toulonnais, blessé à un genou, a quitté la pelouse à la mi-temps sur une civière. Pour ce qui restera sans doute son dernier match en sélection. Peter O'Mahony, lui aussi, sera victime de l'engagement français. De leur côté, les hommes de PSA, sevrés de ballons (68% de possession de balle pour leurs adversaires), ont évidemment dépensé beaucoup trop d'énergie à défendre.

Qui a gagné le duel d'ouvreurs ?

C'était l'une des clés de ce choc. Un match dans le match entre Frédéric Michalak et Jonathan Sexton. Impeccable au pied et brillant dans le jeu contre le Canada la semaine passée, le nouveau meilleur marqueur français en Coupe du monde affrontait le métronome du Trèfle, comme souvent bien plus à son avantage en sélection que ces dernières saisons avec le Racing. La rencontre a mal débuté pour Michalak avec une première pénalité ratée dès la 6eme minute. Sexton, lui, a trouvé le cadre six minutes plus tard, peu de temps après une pénalité lointaine de Spedding ayant heurté le poteau droit. Dans le jeu, c'est le numéro dix de Toulon qui a régalé à la 14eme minute avec une percée plein centre entre O'Connell et Ross conclu par une pénalité de Spedding. A la 21eme minute, le banc irlandais a une première fois retenu son souffle lorsque son ouvreur s'est plaint de la jambe droite. Rebelote trois minutes plus tard. Cette fois, c'est sur un énorme plaquage (régulier) de Picamoles que Sexton est longtemps resté cloué au sol, soigné par les médecins du Trèfle. Agenouillé, l'ancien Racingman a semblé complètement perdu. Groggy. Il sera finalement remplacé dès la 25eme minute par Ian Madigan. De son côté, Michalak n'aura pas suffisamment pesé sur le jeu d'une équipe acculée dans ses 22 mètres. A 24 minutes de la fin, il a été remplacé, comme Sébastien Tillous-Borde. Rémi Talès et Morgan Parra ont alors eu les clés du camion. Sans plus de réussite.

Qui a gagné le duel de la touche ?

100%. Trente-cinq touches gagnées sur trente-cinq. Depuis le début de cette Coupe du monde, l'Irlande n'avait pas encore perdu le moindre lancer. Autant dire que le XV de France connaissait l'ampleur du défi à venir. « On va essayer de perturber leur alignement, disait Pascal Papé samedi. Il n’y a rien de plus beau que de relever de challenge et de les emmerder. » Il n'aura malheureusement fallu attendre que dix minutes pour que la touche irlandaise s'illustre. Ou plutôt que Pascal Papé n'échappe le ballon dans les airs pour une première munition perdue. A la trentième minute, on a assisté un petit événement. Le premier lancé perdu par les joueurs de Joe Schmidt suite à un ballon trop long. Mais les Irlandais ont été très performants en contre, comme sur ces nouveaux ballons volés à la 45eme et 57eme. En revanche, ils ont connu un raté à la 65eme minute. Ce choc particulièrement physique s'est aussi joué dans ce domaine et les Français, parfois brouillons, pourront regretter ces trop nombreux ballons perdus.

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