France-Interdiction d'exercer requise contre un chirurgien

le
0

STRASBOURG, 1er avril (Reuters) - Une peine de 18 mois de prison avec sursis et une interdiction d'exercer pendant deux ans ont été requises, mercredi à Strasbourg, à l'encontre d'un chirurgien pour une série de fautes ayant conduit au décès d'un adolescent. Devant le tribunal correctionnel, le procureur a estimé que le praticien hospitalier s'était rendu coupable d'un homicide involontaire en tardant à examiner le jeune homme et en persistant dans son choix d'un traitement non opératoire. "Il a privé le patient de toute chance de survie", a affirmé Morgane Robitaillie, au terme de trois jours d'audience. Le jugement sera rendu le 23 avril. Maxime Walter, âgé de quinze ans, avait fait en 2008 une chute à vélo qui l'avait vu retomber lourdement sur le guidon, provoquant une fracture de la rate et une hémorragie. Le docteur Raphaël Moog, chirurgien pédiatrique d'astreinte à l'hôpital, a prescrit, sans se déplacer, un traitement non opératoire avec transfusion de huit poches de sang pour stabiliser l'état du patient et ne s'est rendu à son chevet que plusieurs heures plus tard. Deux des experts, chirurgiens au CHU de Lyon, ont souligné le rôle majeur joué par "l'absence d'examen initial" dans la mort du jeune patient. Devant le tribunal, Raphaël Moog, âgé de bientôt 46 ans, a justifié son choix thérapeutique, conforme aux pratiques actuelles, de préserver la rate, qui, même si elle est non vitale, joue un rôle immunitaire important. Alors qu'une ablation de la rate effectuée rapidement offrait, selon les experts, 90% de chances de réussite, Raphaël Moog n'a procédé à cette opération que le lendemain sur un patient déjà mourant. (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant