France-Information judiciaire ouverte pour un projet d'attentat

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* Des instructions reçues de l'Etat islamique, selon le parquet * Les trois hommes projetaient d'attaquer des militaires * Un projet nourri après l'échec de leur départ en Syrie (Actualisé avec procureur) PARIS, 17 juillet (Reuters) - Une information judiciaire pour préparation d'actes de terrorisme a été ouverte vendredi par le parquet de Paris contre trois jeunes gens soupçonnés de préparer un attentat djihadiste contre des militaires français au nom de l'Etat islamique, a annoncé le procureur de la République. Faute de pouvoir partir en Syrie rejoindre les rangs de l'organisation djihadiste, ces trois personnes, aux domiciles desquels des éléments de propagande de l'EI ont été retrouvés, voulaient attaquer les militaires d'une base et en décapiter le responsable. "A l'issue de leurs gardes à vue, Ismaël K. (17 ans), Djebril A. (23 ans) et Antoine F. (19 ans) ont été déférés ce jour au parquet de Paris, qui a ouvert une information judiciaire du chef d'association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme ayant pour objet la préparation d'un crime d'atteinte aux personnes (...) et requis le placement en détention provisoire des trois individus", peut-on lire dans un communiqué du parquet. Les trois hommes étaient en garde à vue au siège de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) depuis leur interpellation lundi dans des endroits différents et devraient être mis en examen dans la journée. Arrêté en même temps, un jeune de 16 ans a été remis en liberté mercredi soir après que les déclarations des trois autres ont fait apparaître qu'il avait été "écarté" du projet, a indiqué une source judiciaire. ID:nL5N0ZV4M7 Selon le parquet, l'attentat devait être commis "fin décembre 2015-début janvier 2016 au sémaphore de Béar, site de la marine nationale situé dans les Pyrénées-Orientales. PAS DE LIEN AVEC L'ANNIVERSAIRE DE "CHARLIE" Mais si les suspects ont évoqué les attentats de Mohamed Merah en 2012 contre trois militaires français et quatre personnes de confession juive, ainsi que ceux de janvier 2015 contre Charlie Hebdo et un supermarché casher, "aucun des trois n'a indiqué avoir voulu passer à l'acte en référence à une date anniversaire de Charlie", écrit le procureur. Les trois suspects disent s'être connus et radicalisés sur les réseaux sociaux et avoir d'abord nourri un projet de départ en Syrie pour combattre aux côtés de l'Etat islamique. Ils n'ont pas pu mettre leur projet à exécution, Ismaël K. ayant fait l'objet en octobre 2014 d'un entretien administratif et en novembre, à la demande de sa mère, d'une mesure d'opposition de sortie du territoire national. Faute de partir en Syrie, Ismaël K. a admis en garde à vue avoir reçu pour instruction d'un membre de l'Etat islamique en Syrie de "frapper sur place en France", dit le parquet. Le jeune de 17 ans a ensuite évoqué ce projet avec ses aînés et c'est Djebril A. qui a suggéré d'attaquer le sémaphore de Béar où il a été intégré en juin 2013 comme matelot avant d'être réformé en janvier 2015 après de multiples arrêts de travail. Selon Ismaël K., "tous trois projetaient de tuer les militaires présents, décapiter le responsable du site, filmer l'ensemble de la scène et prendre la fuite en Syrie", explique le parquet. "Il était prévu pour ce faire qu'ils se fournissent notamment en armes de poing." Djebril A. a reconnu le projet d'attentat sur consigne de l'Etat islamique mais a réfuté le projet de décapitation, en contradiction avec les aveux des deux autres suspects. Les domiciles des trois, qui n'ont jamais été condamnés et ont un niveau baccalauréat, ont été perquisitionnés. Les supports informatiques et de téléphonie saisis ont permis de révéler des échanges avec la Syrie et la présence de documents sur la confection d'engins explosifs. Du matériel para-militaire, notamment des paires de gants habituellement utilisés par les djihadistes au combat, et deux caméras vidéo ont été saisis, dit le parquet. Pour échapper à la surveillance des services de renseignements, surtout après l'entretien administratif d'Ismaël K., ils utilisaient applications et logiciels cryptés. (Yves Clarisse, avec Nicolas Bertin et Chine Labbé, édité par Marine Pennetier)

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  • pallach le vendredi 17 juil 2015 à 16:52

    Lourement armés d'une... paire de gants ? LOLPour être un "malfaiteur", il faut avoir "fait" : l'intention ne suffit pas. Le dossier va faire pschitt...