France-Hypothèque patronale levée sur la négociation Unedic

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    * Medef et CGPME ont adouci leur ton sur la loi Travail 
    * Un climat plus serein pour les négociations Unedic 
    * Objectif : redresser les comptes de l'assurance chômage 
 
    PARIS, 12 mai (Reuters) - La décision du gouvernement de 
renoncer à rendre obligatoire la modulation des cotisations 
patronales d'assurance chômage selon la durée des contrats de 
travail paraît avoir levé l'hypothèque que le Medef faisait 
peser sur les négociations Unedic. 
    La plupart des délégations syndicales se montraient plutôt 
confiantes jeudi matin quant à la poursuite de ces discussions, 
à leur arrivée au siège de l'organisation patronale pour une 
nouvelle session, sans toutefois préjuger de leur aboutissement. 
    Le Medef n'a certes pas encore formellement retiré sa menace 
de ne plus y participer si le projet de loi réformant le marché 
du Travail n'était pas plus favorable aux entreprises. 
    Mais le ton des organisations patronales s'est adouci depuis 
que le gouvernement a renoncé à introduire un article imposant 
aux partenaires sociaux de moduler les contributions patronales 
à l'assurance chômage selon la nature des contrats de travail, 
pour enrayer l'inflation de contrats très courts.  
    Le Medef a certes jugé "décevant" le texte sur lequel le 
gouvernement a décidé mardi, faute de majorité à l'Assemblée 
nationale, d'engager sa responsabilité. Mais il note néanmoins 
que cette version répond "en partie" à ses attentes. 
    La CGPME, qui menaçait de ne pas signer un éventuel accord 
sur une nouvelle convention d'assurance chômage si l'amendement 
contrats courts était maintenu, a également crié victoire. 
    Tout en dénonçant un "échec social" et une loi "taillée pour 
les grandes entreprises", l'Union professionnelle artisanale a 
salué "certaines mesures intéressantes" comme l'adaptation des 
conditions du licenciement économique à la taille des sociétés. 
    Du côté syndical, la plupart des délégations se sont 
montrées soulagées jeudi matin, par l'abandon de l'amendement 
sur la modulation des cotisations à l'assurance chômage. 
    "C'est un amendement qui venait impacter la négociation 
et(...) tout à fait inopportun. Et c'est heureux qu'il ait été 
retiré", a ainsi dit Véronique Descacq, de la CFDT. "On a déjà 
tout ce qu'il faut dans la loi pour faire de la modulation." 
     
    "OPÉRATION DE THÉÂTRE" 
    "On va pouvoir en reparler maintenant sereinement dans le 
cadre de la négociation sur l'assurance chômage", a renchéri le 
négociateur de Force ouvrière Michel Beaugas. "Même si on est 
fort marri que le gouvernement ait choisi de passer en force, ça 
ne va pas impacter notre désir de négociation." 
    Les partenaires sociaux se sont en fait déjà largement 
saisis de la question du recours croissant à l'alternance de 
contrats de travail de courte durée et de période de chômage 
indemnisé, très coûteuse pour l'Unedic. 
    Leur volonté de s'y attaquer est un des arguments invoqués 
au gouvernement pour justifier l'abandon de l'amendement. 
    Sans préjuger de la suite d'une négociation qui reste très 
compliquée, le négociateur de la CFTC Eric Courpotin a estimé 
qu'elle reprenait dans un climat "plus serein". 
    Son homologue de la CFE-CGC Franck Mikula voit surtout pour 
sa part dans les menaces du Medef et le coup de force du 
gouvernement "du cinéma" et "une grande opération de théâtre". 
    L'objectif de ces négociations est de redresser les comptes 
de l'assurance chômage, dont le déficit pourrait atteindre 3,6 
milliards d'euros en 2016 et l'endettement dépasser 29 milliards 
à la fin de l'année, selon les prévisions de l'Unedic. 
    "Ce qu'on constate, c'est que le Medef n'a toujours pas de 
mandat pour augmenter les recettes de l'Unedic. C'est le point 
central", déplore Franck Mikula. "Moi je n'ai pas de mandat pour 
faire autre chose qu'augmenter les recettes de l'Unedic." 
    Une prochaine session est prévu le 14 mai et le Medef 
souhaiterait aboutir lors d'une session conclusive le 14 juin. 
Un objectif qu'Eric Courpotin juge "un peu optimiste". 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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