France-Huitième journée de mobilisation contre la loi Travail

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    * Grève dans les 19 centrales nucléaires, dit la CGT 
    * 20% à 30% des stations-service fermées ou en difficulté 
    * Les opposants peinent encore à rassembler dans la rue 
    * Manuel Valls se montre inflexible 
    * "Nous sommes dans un moment crucial", dit-il 
 
    PARIS, 26 mai (Reuters) - Les syndicats engagés dans un 
rapport de force avec le gouvernement, résolu à maintenir son 
projet de loi Travail, organisent ce jeudi une huitième journée 
de mobilisation dans un climat de crispation, chacun accusant 
l'autre de radicalisation. 
    Mené par la CGT, ce front du refus a durci ces jours-ci le 
mouvement en bloquant raffineries et dépôts de carburant et en 
multipliant les appels à la grève dans des secteurs stratégiques 
comme les centrales nucléaires, accentuant la fracture avec les 
syndicats réformistes qui soutiennent le texte. 
    Nouveaux venus dans la contestation, les personnels des 19 
centrales nucléaires ont voté mercredi une grève qui a déjà 
entraîné des baisses de production d'électricité, pour l'instant 
marginales, a-t-on appris auprès de la CGT.    
    Selon une porte-parole d'EDF  EDF.PA , le taux de grévistes 
était de 9,89% pour le quart de nuit et la matinée dans les 
installations du groupe en France. 
    De 20% à 30% des stations-service de France étaient par 
ailleurs fermées jeudi ou connaissaient des difficultés 
d'approvisionnement, d'après le gouvernement. 
    Les opposants au projet de loi de Myriam El Khomri peinent 
cependant à faire le plein de manifestants dans la rue : seules 
129.000 personnes se sont joints aux cortèges le 19 mai selon le 
ministère de l'Intérieur, 400.000 selon la CGT. 
    Le Premier ministre, Manuel Valls, a réitéré jeudi son refus 
d'abandonner le texte et de retoucher son article 2, le plus 
contesté, qui affirme la primauté des accords d'entreprise. 
    "Ça n'est pas la CGT qui peut bloquer le pays, pas la CGT 
qui peut imposer un texte de loi", a-t-il déclaré sur BFM TV. 
    Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, a pour 
sa part dénoncé "un gouvernement qui se radicalise". 
     
    QUOTIDIENS NATIONAUX BLOQUÉS 
    "Plusieurs ministres, dont le premier d'entre eux en tête, 
refusent le dialogue et le débat de fond et ont fait le choix 
délibéré de l'invective et de l'autoritarisme", écrit-il dans 
une tribune publiée dans le journal L'Humanité. 
    Le quotidien, proche du Parti communiste, était le seul de 
la presse nationale à paraître jeudi, en raison d'un blocage des 
autres titres nationaux par le syndicat du Livre CGT. 
    A Paris et dans les régions, les actions ont débuté dès le 
début de la matinée. 
    Dans l'Ouest, près de 500 manifestants ont par exemple 
filtré les accès à la zone industrielle de l'aéroport 
Nantes-Atlantique, où se trouve notamment une usine Airbus et, 
dans le Nord, un embouteillage de 15 kilomètres s'est formé sur 
l'autoroute Lille-Dunkerque à la suite de blocages.    
    Un conducteur a tenté de forcé un barrage à Vitrolles, 
faisant deux blessés, avant d'être interpellé et placé en garde 
à vue, selon la préfecture de police des Bouches-du-Rhône. 
    La circulation a été interrompue dans les deux sens sur les 
ponts de Tancarville et de Normandie, en Seine-Maritime. 
    Le dépôt pétrolier de Porte-les-Valences, dans la Drôme, 
était bloqué jeudi matin par plusieurs dizaines de manifestants 
hostiles au projet de loi Travail.  
    Pour le moment, le gouvernement exclut tout risque de 
pénurie et assure que les forces de l'ordre continueront à 
débloquer les dépôts pétroliers.   
     
    PAS D'ISSUE EN VUE 
    En raison d'une grève des dockers, 21 navires attendaient 
dans la matinée en rade de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), a 
déclaré à Reuters une porte-parole du port de Marseille.  
    La SNCF prévoit quant à elle une amélioration du trafic, au 
deuxième jour de la grève de 48 heures lancée par la CGT et Sud 
Rail, en attendant un mouvement plus large et illimité à partir 
du 31 mai prochain.  
    La compagnie ferroviaire tablait jeudi sur un trafic 
quasi-normal pour les RER, quatre TGV sur cinq, deux TER sur 
trois et trois Intercités sur cinq. Mercredi, seuls 10,6% des 
agents avaient participé au mouvement. 
    Selon Aéroports de Paris, 15% des vols étaient annulés à 
Orly et des retards à prévoir à Roissy. 
    Malgré le début de paralysie dans certains secteurs, 62% des 
Français estiment le mouvement de contestation "justifié", 
d'après un sondage Ifop pour RTL.   
    Aucune issue à ce bras de fer n'est pour le moment en vue, 
malgré des appels au sein de la majorité socialiste à retoucher 
des dispositions du texte. 
    Une journée nationale de grèves et de manifestations 
interprofessionnelles est d'ores et déjà prévue le 14 juin, 
après le coup d'envoi de l'Euro de football le 10. 
    SUD RATP appelle à une grève illimitée à partir du 10 juin 
pour dénoncer la loi Travail et la remise en cause du statut des 
agents du groupe et défendre leurs salaires. 
    La CGT, premier syndicat à la RATP avait de son côté appelé 
mardi à une grève illimitée à compter du 2 juin pour les mêmes 
motifs.   
 
 (Simon Carraud, avec Service France, édité par Emmanuel Jarry) 
 

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