France-Hollande veut encourager les entreprises à investir

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* Les entreprises hésitent à investir faute de demande * Hollande veut réorienter l'épargne vers l'économie * Les compagnies d'assurances pourraient être mises à contribution par Emmanuel Jarry PARIS, 14 septembre (Reuters) - Confronté à une stagnation de l'économie française, François Hollande s'efforcera lundi d'adresser un nouveau signal aux entreprises pour les encourager à investir, lors d'assises du financement et de l'investissement à l'Elysée. Selon l'Insee, l'investissement des sociétés non financières a baissé en France de 0,7% au premier trimestre et de 0,8% au deuxième. Les patrons de l'industrie manufacturière anticipent une quasi stabilité sur l'ensemble de 2014 (+1,0%). "C'est le moteur qui manque à la croissance", explique l'économiste Denis Ferrand, de l'institut Coe-Rexecode. "Le vecteur du redressement économique est à rechercher du côté de l'investissement." Cent cinquante à 200 personnes - entrepreneurs, banquiers, assureurs et représentants du secteur du capital-risque - sont conviés à des tables rondes sur le financement de l'innovation, l'investissement public, la mobilisation de l'épargne et de nouveaux instruments, que conclura François Hollande. Selon l'Elysée, le chef de l'Etat "ouvrira des perspectives et des chantiers pour les mois à venir". Ses marges de manoeuvre sont cependant limitées par une contrainte budgétaire plus forte que jamais. Du côté des entreprises, les projets d'investissement sont déterminés par leurs propres capacités de financement, leurs anticipations en matière de demande, les conditions d'accès au crédit, l'ancienneté de leurs équipements et l'environnement, y compris international, facteur d'incertitudes. RÉORIENTER L'ÉPARGNE Concernant les marges des entreprises, le gouvernement juge être allé aussi loin que possible avec les 41 milliards d'euros de baisses de charges sur trois ans du pacte de responsabilité. Il ne peut guère jouer sur la demande intérieure, à moins de laisser filer les déficits, et il en est réduit à plaider pour une relance européenne, sur laquelle il n'a aucune prise. "Le problème des entreprises françaises est qu'il n'y a pas de perspective de fort rebond de la demande en France et donc elles sont peu incitées à investir", souligne Henri Sterdyniak, de l'Observatoire français des conjonctures économiques (Ofce). "Le gouvernement essaye donc de donner des signaux positifs aux entreprises", ajoute cet économiste. "Il veut leur montrer qu'elles peuvent investir sans crainte." Il devrait ainsi s'efforcer d'améliorer les conditions d'accès au financement - amélioration au demeurant déjà en cours, selon une étude de Coe-Rexecode, qui fait état d'une réduction des marges appliquées sur les crédits bancaires. Le gouvernement peut aussi - ce sera un des principaux thèmes des assises - tenter de réorienter vers les entreprises une partie de l'épargne française investie très majoritairement dans l'immobilier et l'assurance vie. Les assises coïncident avec la promulgation des derniers textes d'application d'une réforme de l'assurance vie dont le gouvernement espère la réorientation, par le biais de nouveaux produits, de 200 milliards d'euros vers l'économie. Selon Henri Sterdyniak, une autre piste possible est la création d'un nouveau produit d'épargne sur le modèle du livret de développement durable, afin d'encourager les placements en faveur des entreprises, avec une contrainte de durée en échange d'avantages fiscaux ou de taux bonifiés. UN NOUVEAU GRAND EMPRUNT ? Les entreprises souhaitent par ailleurs que les compagnies d'assurances soient incitées à leur consentir des prêts à long terme. Les banques voudraient de leur côté pouvoir transformer en titres les crédits accordés aux PME, pour les céder aux mêmes assurances, ajoute l'économiste de l'Ofce. Une piste dont le député socialiste Dominique Baert, un ancien banquier, confirme l'existence. "Ce qui est dans l'air, c'est de trouver un instrument de titrisation des crédits à l'habitat", dit-il à Reuters. "C'est du long terme et cela permettrait aux banques de dégonfler leur bilan pour dégager des ressources pour les entreprises." Pour Henri Sterdyniak, une autre piste consisterait à lancer un nouveau grand emprunt, pour financer, par exemple, la transition énergétique. "Il faut trouver quelque chose pour marquer les esprits. Il faut que le président annonce des choses fortes", fait valoir l'économiste de l'Ofce. "Il faut impulser l'investissement sans dégrader le déficit public. Une solution serait effectivement de relancer la stratégie du grand emprunt." Une piste à laquelle cependant ne croit pas le député socialiste Dominique Lefebvre, vice-président de la commission des finances de l'Assemblée nationale. François Hollande pourrait enfin réaffirmer sa volonté d'oeuvrer, notamment avec l'Allemagne, en faveur de programmes d'investissements publics ou semi-publics à l'échelle de l'UE, par exemple, là aussi, pour la transition énergétique. Ces assises s'inscrivent dans une série de rendez-vous annoncés par François Hollande à la conférence sociale de début juillet, entre la réunion de mercredi dernier sur la mise en oeuvre du pacte de responsabilité avec 50 principales branches professionnelles et une autre, vendredi, sur l'apprentissage. (Edité par Yves Clarisse)

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  • ltondu le dimanche 14 sept 2014 à 11:30

    Et sa crise de confiance, il en fait quoi ?

  • M5441845 le dimanche 14 sept 2014 à 11:30

    C'est pour quand la prochaine augmentation des impôts et des charges? Un petit compte pénibilité par ci, un CDD a mi-temps par là, un petit prélèvement supplémentaire pour la promesse de la retraite a 60 ans pour d'autre... Monsieur Hollande, partez!

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