France-Hollande va tenter d'apaiser la fronde policière

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    * Le chef de l'Etat reçoit de nouveau les syndicats 
    * 91% des Français soutiennent le mouvement des 
policiers-Ifop 
 
    PARIS, 26 octobre (Reuters) - Les syndicats de police 
tentent de reprendre la main sur le mouvement de colère constaté 
depuis dix jours au sein de l'institution avant d'être reçus 
mercredi en fin de journée par François Hollande, mais la fronde 
de la base persiste.  
    Les organisations espèrent obtenir un additif substantiel au 
protocole signé en avril dernier avec le ministre de l'Intérieur 
Bernard Cazeneuve et exigent un calendrier et des engagements 
forts sur un renforcement des moyens et de la politique pénale. 
    Un an presque jour pour jour après avoir déjà reçu les 
syndicats de police lors d'une précédente grogne, François 
Hollande pourrait annoncer un plan doté d'une centaine de 
millions d'euros qui prévoit notamment la suppression de tâches 
dites indues, comme les gardes statiques, selon Le Monde.fr. 
    Mais les syndicats débordés par les policiers en colère 
affirment qu'ils ne se contenteront pas de demi-mesures. 
    "Les policiers attendent autre chose que de nouveaux 
pare-balles ou un nouvel armement et méritent plus que les 
propositions faites aujourd'hui", affirme Yves Lefebvre, 
secrétaire général d'Unité SGP police, deuxième syndicat chez 
les gardiens de la paix.  
    Selon un sondage Ifop pour le site Atlantico, diffusé mardi, 
91% des Français estiment que les récentes manifestations de 
policiers sont "justifiées". Un chiffre qui s'explique autant 
par la bienveillance des Français envers cette corporation que 
par un fort désir d'une politique pénale plus sévère. 
    Cette nouvelle crise au sein de l'institution policière a 
éclaté après une attaque au cocktail Molotov le 8 octobre, à 
Viry-Châtillon (Essonne) qui a grièvement blessé deux policiers, 
dont un est toujours hospitalisé à Paris. 
     
    MANIFESTATION PRÈS DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE 
    Pour canaliser la contestation, Unité SGP police, deuxième 
syndicat chez les gardiens, organise mercredi à la mi-journée 
des marches de la colère policière et citoyenne place de la 
République à Paris et dans des dizaines de villes de province. 
    Le syndicat, qui se défend de toute récupération, appelle 
les citoyens à se joindre aux cortèges. 
    La veille, une intersyndicale comprenant notamment Alliance, 
l'Unsa et Synergie officiers, avait appelé dans le même esprit 
les policiers à se rassembler devant les palais de justice de 
France pour dénoncer notamment le "laxisme" de la justice envers 
les agresseurs de forces de l'ordre. Mais le mouvement a 
faiblement mobilisé. 
    En dépit d'un essoufflement, les policiers manifestant hors 
de tout cadre syndical depuis dix jours, essentiellement la 
nuit, continuent à réunir quotidiennement près de 2.000 
personnes en France.  
    Fait inédit, près d'un millier de participants à la "Nuit 
debout des policiers", par référence à la "Nuit debout" contre 
la loi Travail, avaient manifesté la semaine dernière à quelques 
centaines de mètres de l'Elysée aux cris de "Hollande 
démission". 
    Après avoir menacé de sanctions les policiers manifestant en 
uniforme ou avec des véhicules de service, l'exécutif a fait 
machine arrière et multiplié les gestes d'apaisement, avec 
l'annonce d'un nouveau plan de sécurité publique en novembre. 
    Accusés d'être infiltrés par le Front national, les 
policiers frondeurs ont changé de porte-parole et tentent de 
mieux se coordonner.  
    Plusieurs centaines d'entre eux devaient se rendre mercredi 
en début d'après-midi aux abords de l'Assemblée nationale pour 
dénoncer "les promesses non tenues" et réclamer "des actes". 
Dans une lettre ouverte, ils ont appelé les députés à "entamer 
un dialogue" et à venir à leur rencontre.   
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
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