France-Hollande utilise le "Brexit" pour contrer le Front national

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    * Les difficultés britanniques "éclairent", dit Hollande 
    * "La démocratie ne se réduit pas au référendum" 
    * L'Europe, sujet majeur de la campagne de 2017 
    * Le Pen minimise les conséquences, réclame un "Frexit" 
 
    par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey 
    BRUXELLES, 29 juin (Reuters) - François Hollande utilise 
déjà le désordre économique et politique qui frappe le 
Royaume-Uni depuis la victoire du "Brexit" comme arme contre le 
Front national, susceptible de priver la gauche du second tour 
de l'élection présidentielle. 
    Premiers à saluer en France la victoire du camp de la sortie 
au référendum britannique, les dirigeants du parti d'extrême 
droite réclament une consultation similaire en France. 
    Les troubles actuels au Royaume-Uni, "ça peut valoir 
expérience et leçon", a estimé le président français à l'issue 
du dernier Conseil européen du Premier ministre britannique, 
David Cameron, mardi soir à Bruxelles. 
    "Ceux qui, notamment les populistes et les extrémistes, 
appellent à sortir de l'Union européenne leur pays doivent 
maintenant savoir quelles en sont les conséquences pour que les 
peuples eux-mêmes puissent en être éclairés", a-t-il ajouté. 
    A l'issue d'une réunion à 27 mercredi, François Hollande a 
appelé à "éviter que l'Europe soit la cible et soit regardée 
comme le problème alors qu'elle peut être une solution", 
invitant ses partenaires à "répondre à ces interrogations, à ces 
peurs, à ces contestations mêmes dans l'Union européenne." 
    Signe que les Européens veulent enrayer la montée des 
populismes qui progressent dans de nombreux pays de l'Union, les 
Vingt-Sept se sont montrés fermes avec les Britanniques, les 
invitant à assumer leur choix de quitter l'Union, avec toutes 
les incertitudes que cela suppose, notamment en matière 
économique.   
     
    "L'ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE VA SE JOUER SUR L'EUROPE" 
    Pour le président socialiste, dont le souhait de briguer un 
second mandat ne fait guère de doute, le choc du "Brexit" ramène 
l'Europe au coeur de la campagne à venir, déjà entamée avec 
celle menant vers la primaire de la droite, prévue en novembre.  
    "Nous voyons bien que l'élection présidentielle va se jouer 
aussi sur la question européenne, et pas simplement sur 
l'orientation (...) mais sur même la présence, la participation 
de la France à l'Union européenne", a-t-il dit. "Quand on entend 
un certain nombre de Britanniques (...) exprimer leurs regrets, 
parfois même leurs remords (...) on se dit qu'avant de voter, il 
faut toujours réfléchir". 
    Samedi l'Elysée, où ont défilé les dirigeants des grandes 
formations politiques françaises, François Hollande a opposé une 
fin de non recevoir à la demande de Marine Le Pen d'organiser un 
référendum sur le "Frexit".   
    "Il nous a été répondu non", a déploré la députée 
européenne, donnée au second tour de l'élection présidentielle 
l'an prochain par tous les instituts de sondages. "C'est limite 
si nous n'avions pas utilisé là un gros mot, comme si le peuple 
devait être définitivement la dernière roue du carrosse." 
    La sortie annoncée des Britanniques, "c'est formidable", 
a-t-elle renchéri mercredi sur LCI, dénonçant la "propagande" 
qui peindrait défavorablement la situation actuelle au 
Royaume-Uni.  
    La sortie de l'Union n'aura notamment "aucun impact sur la 
City", a-t-elle aussi assuré alors que les banques britanniques 
risquent de perdre le "passeport" européen qui leur donne accès 
au marché unique sans formalités nationales. 
    Pour la France, l'opération de reconquête des citoyens 
déboussolés a commencé, dans une Europe où les populismes 
engrangent des résultats à même de les rapprocher du pouvoir, 
comme en Autriche, en Hongrie et en Pologne.  
    Avec l'Allemande Angela Merkel et l'Italien Matteo Renzi, 
François Hollande veut lancer dès septembre à Bratislava une 
série de projets concrets "qui changent la vie des gens" à 
mettre en oeuvre en quelques mois, explique un conseiller.  
    "L'Europe, qui fait appel au collectif, au consensus, à 
l'intelligence, c'est tout ce que les populistes détestent", 
rappelle-t-il.  
    Si l'impulsion se confirme, elle devra se doubler d'un 
exercice de pédagogie d'une ampleur sans précédent, que 
l'exemple britannique aidera à formuler, espère Hollande.    
    "La démocratie, ça ne se réduit pas au référendum", a dit le 
président français. "Nous avons d'autres formules à proposer 
pour associer davantage les citoyens et les peuples aux 
décisions européennes."  
 
 (édité par Yves Clarisse) 
 
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  • janaliz il y a 5 mois

    "Quand on entend un certain nombre de Britanniques (...) exprimer leurs regrets, parfois même leurs remords (...) on se dit qu'avant de voter, il faut toujours réfléchir". Effectivement les Français réfléchiront cette fois avant de voter pour ce pitre...

  • patr.fav il y a 5 mois

    Je comprends comment les terroristes s'en prennent aux simple citoyen et non pas aux politiques cela nous ferait que du grand bien

  • frk987 il y a 5 mois

    Pauvre FH t'en es réduit à ça, misère des socialos aux abois.

  • ANOSRA il y a 5 mois

    FH affirme que "La démocratie ne se réduit pas au référendum" , alors pourquoi s'en sert-il en le limitant à un département pour justifier un aéroport qui serait payé par toute une région ! Ce Président supposé normal a un cerveau bien anormal !

  • phili646 il y a 5 mois

    Le brexit sera une expérience utile pour les autres pays afin d'en tirer toutes les conséquences. RDV dans 2 ans !!!!