France-Hollande renonce à réviser la Constitution

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    * Gauche et droite se renvoient la responsabilité de l'échec 
    * La fin de plus de quatre mois de débats houleux 
    * Cambadélis déplore un "triste spectacle" 
    * Sarkozy accuse Hollande de bloquer le pays 
 
 (Actualisé avec Sarkozy, Le Foll, autres éléments) 
    PARIS, 30 mars (Reuters) - François Hollande a annoncé 
mercredi qu'il renonçait à réviser la Constitution devant 
l'impossibilité d'unir l'Assemblée et le Sénat sur son projet de 
déchoir de leur nationalité les auteurs d'actes terroristes, 
dossier qui a divisé sa propre majorité. 
    Le chef de l'Etat, le porte-parole du gouvernement et les 
dirigeants socialistes ont imputé de concert l'échec de cette 
réforme à la droite, dont François Hollande a "déplor(é) 
profondément" l'attitude. (voir les réactions  ) 
    Les Républicains ont immédiatement répliqué, leur président, 
Nicolas Sarkozy, jugeant que l'actuel locataire de l'Elysée 
avait "créé les conditions de l'échec".  
    "Nous sommes au coeur du système de M. Hollande. A force de 
promettre tout et le contraire de tout, (...) il condamne le 
pays à un blocage et à de l'immobilisme", a-t-il accusé.  
    Lors d'une courte déclaration solennelle à l'Elysée, 
François Hollande a clos plus de quatre mois de discussions 
houleuses, y compris au sein de sa propre majorité.  
    "J'ai décidé (...) de clore le débat constitutionnel mais je 
ne dévierai pas des engagements que j'ai pris (...) pour assurer 
la sécurité de notre pays et pour protéger les Français contre 
le terrorisme", a dit après le conseil des ministres le 
président, qui avait reçu en tout début de journée à l'Elysée 
les présidents de l'Assemblée et du Sénat, Claude Bartolone 
(Parti socialiste) et Gérard Larcher (Les Républicains). 
    Pour être adoptée, la révision constitutionnelle qu'il avait 
réclamée après les attentats qui ont fait 130 morts le 13 
novembre en France devait être votée dans les mêmes termes par 
les deux chambres puis par les trois cinquièmes des 
parlementaires réunis en Congrès.  
    "Je constate aujourd'hui, (...) que l'Assemblée nationale et 
le Sénat ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur un même 
texte", a dit le chef de l'Etat. "Je constate aussi qu'une 
partie de l'opposition est hostile à toute révision 
constitutionnelle, qu'elle porte sur l'état d'urgence ou même 
sur l'indépendance de la magistrature, je déplore profondément 
cette attitude." 
         
    DÉCHIREMENTS À GAUCHE 
    Le Premier secrétaire du Parti socialiste a lui aussi fait 
porter à la droite le chapeau de cette "dérobade".  
    "Les Français ne peuvent qu'être consternés par ce triste 
spectacle d'une représentation parlementaire incapable de faire 
la paix, même pour combattre efficacement le terrorisme", a 
déclaré Jean-Christophe Cambadélis devant la presse. 
    Dans un contexte de menace terroriste, députés et sénateurs 
étaient d'accord sur l'inscription de l'état d'urgence dans la 
Constitution, le premier article de la réforme qui en comptait 
deux, mais divergeaient sur la déchéance de nationalité. 
    Les députés y étaient majoritairement favorables pour toutes 
les personnes condamnées pour terrorisme, binationaux comme 
nationaux. Le Sénat, où la droite est majoritaire, était quant à 
lui partisan de la déchéance pour les seuls binationaux afin 
d'éviter toute apatridie.     
    L'idée d'une inscription du seul état d'urgence dans la 
Constitution a été rejetée par les présidents des groupes Les 
Républicains des deux chambres. 
    Même du côté des socialistes, on pensait qu'il valait mieux 
renoncer, à l'image de Patrick Mennucci (PS), rapporteur du 
projet de loi constitutionnelle. 
    Le débat "n'a pas été facile, et en particulier à gauche, je 
ne vais pas le cacher, et en particulier au sein du Parti 
socialiste", a dit le porte-parole du gouvernement. 
    "Chacun pourra juger de la sincérité, de l'engagement des 
uns des autres", a ajouté Stéphane Le Foll. 
    Christian Paul, chef de file des députés PS "frondeurs", a 
salué un "renoncement nécessaire qui vient clore quatre mois de 
controverses détestables, controverses qui ont divisé tous les 
partis politiques et surtout divisé les Français". 
 
 (Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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