France-Hollande promet des baisses d'impôts en 2016

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* Baisse en fonction de la vigueur de la croissance * Classes moyennes et impôts sur le revenu concernés-source * Le président déjà en campagne électorale ? (Actualisé avec Elysée, source, analyste, réaction, détails) par Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey PARIS, 20 août (Reuters) - Il y aura des baisses d'impôts quoi qu'il arrive en 2016 et leur ampleur dépendra de la vigueur de la croissance économique, a déclaré jeudi François Hollande à l'adresse d'une classe moyenne française très méfiante à son égard. En déplacement en Isère, le président a estimé que la croissance économique serait cette année supérieure à 1%, la prévision actuelle du gouvernement. "Il doit y avoir une croissance plus forte en 2016 (...) il y aura donc des baisses d'impôts quoi qu'il arrive en 2016", a-t-il dit devant la presse. "Pour en fixer l'ampleur, ça dépendra de la croissance que nous pourrons atteindre en 2016." Interrogé sur les détails de cette annonce, l'entourage du chef de l'Etat a déclaré que rien n'était encore arrêté. "Le président a posé un principe", a dit un conseiller. "Ni l'ampleur ni le mécanisme exact ne sont à ce stade déterminés. Les semaines qui viennent nous permettront de le faire." Selon le gouvernement, neuf millions de foyers ont déjà bénéficié d'une baisse d'impôt cette année, après trois millions en 2014. De source gouvernementale, on estime que les nouvelles baisses devraient concerner en priorité les classes moyennes et l'impôt sur le revenu, plutôt que la contribution sociale généralisée (CSG), par exemple. Les classes moyennes ont été particulièrement touchées par les hausses d'impôt du début du quinquennat de François Hollande, provoquant "ras-le-bol fiscal" qu'avait lui-même reconnu le ministre des Finances d'alors, Pierre Moscovici. Après avoir augmenté les prélèvements obligatoires en début de mandat pour réduire le déficit public, notamment en poursuivant le gel du barème de l'impôt sur le revenu, le gouvernement a amorcé un mouvement de baisse concentré sur les entreprises avec l'objectif d'améliorer leur compétitivité pour favoriser l'embauche. UNE ARME FISCALE "DÉLICATE À MANIER" Côté particuliers, l'effort à la baisse s'est porté sur les contribuables peu fortunés, avec notamment la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu. La gauche du Parti socialiste demande l'instauration d'une CSG progressive qui permettrait de toucher les Français les plus modestes, qui ne payent pas l'impôt sur le revenu. Mais le ministère des Finances a fait part de sa forte réticence. Une opposition renforcée par l'annonce de la mise en place du prélèvement de l'impôt sur le revenu à la source au 1er janvier 2018, un chantier complexe et à risques. Pour Les Républicains, l'annonce présidentielle sur un sujet aussi majeur que la fiscalité prouve que François Hollande est déjà dans la course à l'Elysée pour 2017. "On a l'impression qu'à l'approche de l'élection présidentielle, la multiplication des promesses fiscales est sans limite", a ironisé sur BFM TV le sénateur Roger Karoutchi. Ce à quoi l'entourage du président répond que l'évolution ne date pas d'hier : "On a baissé les impôts en 2014 et en 2015. On n'a pas attendu. Donc c'est un mouvement que l'on poursuit." Pour Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'Ifop, cette déclaration sur un sujet de préoccupation majeure des Français est "une arme extrêmement délicate à manier". "C'est un signe fort vis-à-vis des classes moyennes mais c'est dangereux car tout dirigeant qui fait des promesses fiscales peut se voir renvoyé en boomerang que c'est une tromperie, par exemple si les baisses d'impôt sur le revenu sont effacées par des hausses de fiscalité locale", dit-il. Le niveau de défiance est grand à l'égard du président, que 72% des Français accusent de ne pas dire la vérité, selon un sondage Ifop-Fudicial pour Paris Match et Sud Radio paru le mois dernier. Quant à savoir si le président parle comme un candidat, Frédéric Dabi reste prudent : "Personne ne sait s'il est en campagne. Le seul à avoir la réponse, c'est François Hollande."

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  • svtmh1 le jeudi 20 aout 2015 à 16:56

    Vigueur de la croissance = vigueur du chômage

  • M8614773 le jeudi 20 aout 2015 à 16:46

    l'homme soumis au dictat des usa et du liberalisme,comme sont homologue sarko,vite un homme digne de ce nom comme le general de gaulle qui defendait les interets de notre pays !moi la finance c'est mon ennemie,resultat =macron ministre de l'economiemoi president,la proportionelle entrera en vigueur resultat,je la cherche toujours !c 'est pas en changeant de nom comme l'ump (les republicains) qui prouve une fois de plus la soumission aux usa et en baissant les impots qu 'ils auront ma voix.

  • bordo le jeudi 20 aout 2015 à 16:20

    Pour qui nous prend-il ? "Demain on rase gratis = baisses d'impôts en 2016". Pantin pathétique.

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