France-Hollande plaide la cause des chasseurs et de la ruralité

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PARIS, 19 octobre (Reuters) - A moins de deux mois des élections régionales, François Hollande met en garde les électeurs ruraux tentés par le Front national contre le "repli" et prend la défense des chasseurs qui "doivent être reconnus et considérés". Le chef de l'Etat, qui fait campagne sans le dire pour le scrutin des 6 et 13 décembre, a accordé le 22 septembre une interview au mensuel "Le Chasseur français" à paraître mercredi, un exercice inédit pour un président de la République. François Hollande y fait l'éloge de la ruralité et de la nature en évoquant notamment son enfance normande lorsqu'il allait "chercher le lait tous les matins à la ferme d'à côté" et où il vivait "avec des vaches dans les prés". "Je n'ai jamais voulu regarder la ruralité comme un espace qu'il faudrait mettre sous cloche, comme une nostalgie en se disant que c'était le bon temps", souligne-t-il. Face au sentiment d'"abandon" de certains habitants des communes rurales, il rappelle l'action du gouvernement et notamment les 500 millions d'euros du plan de soutien aux communes rurales inscrits dans le budget 2016. "Je veux faire sortir la ruralité d'un doute qui la ronge depuis trop longtemps", explique-t-il, estimant que "le sentiment qu'ils sont privés d'avenir" pousse des habitants vers le FN. "Le destin ne peut être le repli mais au contraire la conquête. (...) La ruralité est en pleine évolution, elle n'a pas à se figer sur une identité mélancolique qui la priverait de son dynamisme et de son attractivité", dit le chef de l'Etat. A ce titre, François Hollande condamne les actions des "zadistes", à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) et à Sivens (Tarn) où un manifestant a été tué en octobre 2014. "Je n'admets pas qu'au nom de la nature, on empêche un certain nombre d'installations qu'elles soient agricoles, industrielles ou d'équipements publics dès lors qu'ils ont été pris dans le respect du droit et au nom de l'intérêt général." François Hollande rend un hommage appuyé aux chasseurs, qui sont plus d'un million en France, pour leur "engagement" en faveur du "respect des équilibres naturels." C'est "une réelle activité économique", loin des "caricatures qui leur sont accolées", juge-t-il tout en excluant un geste fiscal à leur profit. Il demande que les chasseurs soient associés aux campagnes d'abattage des loups -- "Je sais le choc que constitue l'attaque d'un loup" -- et s'inquiète des sangliers qui "provoquent des accidents, des dégâts aux cultures, aux forêts." (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • rodde12 le mardi 20 oct 2015 à 09:55

    mobilisation des chasseurs et pécheurs à la ligne pour sauver le PS. Bientôt il va manger son chapeau.