France-Hollande monte au front face à la "boue" antisémite

le
1

* Quelque 250 tombes profanées dans un cimetière juif * Cinq jeunes placés en garde à vue * La place des juifs est en France, répète Hollande (Actualisé avec nouvelles déclarations) par Gilbert Reilhac SARRE-UNION, Bas-Rhin, 17 février (Reuters) - La profanation de 250 tombes dans un cimetière juif du Bas-Rhin n'est pas un énième fait divers mais témoigne au contraire des maux auxquels la France est confrontée, a dit mardi François Hollande appelant la communauté juive à ne pas avoir peur. Deux jours après la découverte des tombes saccagées, le chef de l'Etat s'est rendu avec une classe d'écoliers dans le cimetière de Sarre-Union où il s'est recueilli en compagnie du grand rabbin de Strasbourg, René Gutman, et du président du Consistoire central de France, Joël Mergui. Quelque 500 personnes s'étaient rassemblées, dont de nombreux lycéens, condisciples pour certains des cinq auteurs présumés du saccage interpellés lundi et dont la garde à vue a été prolongée de 24 heures, selon le parquet de Saverne. "Le pire aurait été pour les plus hautes autorités de l'Etat de traiter l'atteinte faite à ces morts comme un simple fait divers, un de plus", a déclaré François Hollande, entouré des plus hautes autorités de l'Etat, dont le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et les présidents de l'Assemblée nationale et du Sénat, Claude Bartolone et Gérard Larcher. "Derrière ce qui s'est produit ici, il y a l'expression des maux qui rongent notre République", a-t-il ajouté en exprimant "la honte que la France ait encore à supporter une telle blessure". Le saccage des 250 tombes, stèles renversées, sépultures ouvertes, monument aux victimes de la Shoah dégradé, a été découvert dimanche, dans un contexte de vive tension marquée par les attentats de janvier en France et les attaques visant des juifs ce week-end au Danemark. CHOC Les cinq adolescents interpellés lundi, après les aveux spontanés de l'un d'entre eux, auraient commis leur forfait jeudi. Agés de 15 à 17 ans, originaires d'Alsace ou de Lorraine, sans antécédents judiciaires ni opinions extrémistes connues, ils ne semblaient pas, au vu de leurs premières auditions, en mesure d'expliquer leurs actes et niaient avoir agi par antisémitisme. "C'étaient des amis", "ça a fait un choc quand on l'a appris", "on n'imaginait pas qu'ils avaient pu faire ça", ont dit à Reuters quelques lycéens présents au rassemblement, évoquant comme seule justification "l'ennui" dans une ville où "il n'y a rien à faire". Les responsables du culte israélite ont, comme le chef de l'Etat, refusé de banaliser un acte extrême à défaut de pouvoir, à ce stade, être qualifié d'extrémiste. "Quand bien même n'auraient-ils pris conscience d'avoir offensé des sépultures juives qu'à la 250e, comment pouvaient-ils ne pas avoir réalisé qu'en renversant une seule d'entre elles, ils avaient offensé l'homme en tant qu'homme", a estimé le grand rabbin René Gutman. FOLIE Au-delà des attentats qui ont frappé la France et le Danemark, il y a "l'antisémitisme ordinaire", a souligné François Hollande. "Les insultes, les cris proférés au milieu de la foule, les inscriptions sur les synagogues, les agressions commises contre ceux qui portent la kippa (...) toute cette boue qui se déverse depuis trop d'années sur notre pays." Le chef de l'Etat s'est inquiété des actes et menaces antisémites qui ont "plus que doublé" l'an dernier mais également des actes dirigés contre les musulmans qui ont atteint "durant le seul mois de janvier le niveau atteint l'an dernier". Les profanations de sépultures, de toutes religions confondues, ont augmenté de 40% depuis 2008, a-t-il ajouté. "Comment comprendre cette folie ?", s'est interrogé François Hollande qui, à défaut de réponse, a promis "la fermeté". A l'heure où le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu appelle les juifs des pays touchés par des attentats antisémites à venir en Israël, il a une nouvelle fois réaffirmé que la place des juifs de France était en France. "Dans la République, aucun Français ne doit avoir peur", a-t-il souligné. "Quiconque persistera en France à commettre des actes ou à proférer des messages de haine et d'incitation à la violence verra se dresser contre lui la République et ses lois". (avec Marine Pennetier à Paris, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • maximan le mardi 17 fév 2015 à 17:04

    Très bien M Hollande. A l'action, oui éliminons la boue de l'antisémitisme, avant d'avoir une nouvelle honte