France-Hollande maintient le cap malgré la défaite électorale

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* Hollande demande au gouvernement de consolider la reprise * Le PS prône l'union pour les prochaines échéances * Valls conforté à Matignon malgré l'échec de la gauche par Elizabeth Pineau PARIS, 29 mars (Reuters) - Soutenir l'investissement pour conforter la reprise et valoriser le travail : telles sont les consignes données par François Hollande pour surmonter l'échec des élections départementales, a-t-on appris dimanche dans son entourage. Reconnaissant la défaite de son camp, dont il a déploré les divisions au premier tour, Manuel Valls a promis pour les "prochains jours" des mesures pour l'emploi, principale source de la "colère" qui s'est exprimée selon lui dans les urnes. Prenant la parole juste après la fermeture des bureaux de vote, le Premier ministre a promis d'agir "pour l'investissement privé et public" et la création d'emploi dans les PME. La consigne vient directement de l'Elysée, où François Hollande a analysé les résultats avec sa garde rapprochée. "Le président de la République a demandé au gouvernement de maintenir le cap", rapporte un proche. "Il a demandé de soutenir l'investissement pour aider la reprise et de lutter contre les injustices en valorisant le travail." François Hollande illustrera cette consigne par un déplacement sur le thème de l'économie en fin de semaine. La gauche a perdu dimanche au profit de la droite républicaine la moitié des 61 départements -- sur un total de 102 -- qu'elle dirigeait jusqu'ici. Malgré une qualification pour le second tour dans 1.100 cantons, le Front national ne remporte aucun département. ID:nL6N0WV0UX LA CORRÈZE ET L'ESSONNE BASCULENT Parmi les bastions socialistes perdus figurent la Corrèze, berceau électoral de François Hollande, et l'Essonne, fief de Manuel Valls. Ces élections marquent "un recul d'implantation sans être une débâcle", a analysé le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis. Rappelant que les divisions étaient "à l'origine de bien des défaites" dimanche dernier, il a appelé socialistes, communistes et écologistes à s'allier désormais, dans la perspective des élections régionales de décembre prochain. "Dans le tripartisme, il faut que l'union soit au rendez-vous, et d'abord là ou le Front national menace", a-t-il dit. Une réunion avec les dirigeants d'Europe Ecologie-Les Verts est prévue au siège du PS dès lundi après-midi. D'autres rencontres avec des "formations de gauche qui le souhaitent" auront lieu dans la semaine, dit-on au PS. Dans un texte commun diffusé dimanche soir, les députés socialistes "frondeurs" Guillaume Balas, Laurent Baumel, Emmanuel Maurel et Christian Paul appellent à un "contrat de rassemblement" mais préviennent : "Sans changements sincères dans les politiques, sans renouvellement de la pratique du pouvoir, la dispersion de la gauche sera irréversible." "Les leçons, c'est redonner confiance aux catégories populaires", a estimé sur iTELE Christian Paul, proche de la maire de Lille Martine Aubry. A l'extrême gauche, le co-fondateur du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon ne voit, lui, aucun pacte possible avec la majorité dans un pays "menacé de dislocation". "LE REMANIEMENT N'EST PAS L'URGENCE", DIT VALLS A ceux qui continuent de réclamer un changement de ligne politique, le gouvernement continue d'opposer une fin de non recevoir, comme l'a expliqué André Vallini, secrétaire d'Etat à la réforme territoriale. "On ne va pas changer de cap, et encore moins de capitaine de navire, en pleine traversée", a dit sur RTL ce proche du président. "Ce ne sont pas les élections départementales, même si elles sont très mauvaises, qui doivent faire changer le gouvernement de politique." Ce choix de l'exécutif "n'est pas en mesure de répondre à la "surabstention" des électeurs de gauche", analyse Jérôme Sainte-Marie, de l'institut de sondages PollingVox. "L'appel au sursaut républicain face au Front national est un ressort politique émoussé". Dans le Journal du dimanche, Manuel Valls écarte l'hypothèse d'une modification imminente de son équipe gouvernementale, pourtant réclamée par 60% des Français, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Paris Match, iTELE et Sud Radio. "Le remaniement n'est pas l'urgence. Le cap sera maintenu", affirme le Premier ministre, que 54% des personnes interrogées dans cette même enquête souhaitent voir rester à Matignon. Pour Jérôme Sainte-Marie, le chef du gouvernement sort indemne, voire conforté, par cette bataille perdue. "Manuel Valls s'est posé en chef de la majorité, il a fait montre de courage et de volonté. Il n'est en rien menacé par les résultats, si mauvais soient-ils", pense le politologue. (Avec Service France, édité par Yves Clarisse)

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