France-Hollande invite Sarkozy à s'exprimer avec "maîtrise"

le , mis à jour à 17:57
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* Sarkozy compare l'afflux de migrants à une fuite d'eau * Assez des "mots qui blessent", dit Valls * Vallaud-Belkacem se dit "consternée" sur le droit du sol (Actualisé avec Hollande) PARIS, 19 juin (Reuters) - François Hollande et Manuel Valls ont dénoncé vendredi les déclarations de Nicolas Sarkozy comparant l'afflux de migrants en Europe à une fuite d'eau, le président appelant à la "maîtrise" dans ses propos pour parler d'être humains. Un peut plus tôt, d'autres personnalités de la majorité de gauche avaient fustigé la "pédagogie vulgaire" et le "sketch xénophobe" de l'ancien chef de l'Etat, accusé de courir derrière l'extrême droite. Lors d'une réunion dans le Val-d'Oise jeudi, le président des Républicains a évoqué le plan de la Commission européenne qui prévoit une meilleure répartition des réfugiés entre les Etats membres afin de soulager la Grèce et l'Italie, premières concernées par l'afflux de migrants. ( ID:nL5N0Z42AD ) "Dans une maison (...), il y a une canalisation qui explose, elle se déverse dans la cuisine", a dit Nicolas Sarkozy. "Le réparateur arrive et dit 'j'ai une solution : on va garder la moitié pour la cuisine, mettre un quart dans le salon, l'autre quart dans la chambre des parents et si ça ne suffit pas, on aura en réserve la chambre des enfants'", a-t-il ajouté, déclenchant les rires des militants. Devant la presse vendredi à Bratislava, François Hollande a appelé à aborder ce sujet avec "maîtrise" et "gravité". "Quand il s'agit de personnes, donc d'êtres humains, quand il s'agit de sujets aussi graves, je crois que ça vaut pour tout le monde, je pense qu'il faut les aborder et les évoquer avec gravité et donc avec maîtrise", a dit le chef de l'Etat. S'exprimant en marge d'une visite au Salon international de l'aéronautique et de l'espace du Bourget (Seine-Saint-Denis), Manuel Valls a estimé pour sa part que la politique méritait mieux "que ces phrases qui sont stigmatisantes et qui ne sont pas au niveau". "Tous les responsables politiques doivent dans l'attitude comme dans le langage être au niveau de ce que les Français attendent", a déclaré le Premier ministre à la presse. "Tous les mots qui blessent, qui divisent, les insultes (...), les Français n'en veulent plus et n'en peuvent plus". "UNE FUITE DE CERVEAU" Invité un peu plus tôt sur iTELE, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement Jean-Marie Le Guen a dénoncé un "manque de respect". "A la fois évidemment pour les personnes concernées -- parce que quelle que soit la fermeté avec laquelle on agit il faut le faire avec le respect et la dignité des personnes -- mais c'est aussi un manque de respect pour les Français", a-t-il dit. "Il n'y a pas besoin d'avoir accès à ce type de pédagogie vulgaire", a-t-il ajouté. Sur Twitter, le chef de file des députés PS Bruno Le Roux s'est dit "atterré par le nouveau sketch de Sarkozy sur les migrants et la fuite d'eau." "Quand le rire gras accompagne la xénophobie...", écrit-il. Un avis partagé par le député et porte-parole du PS, Olivier Faure. "Oser comparer un drame humanitaire qui a causé des milliers de morts à une fuite d'eau, c'est maintenant à ça qu'on le reconnaît", écrit-il toujours sur Twitter. Le cofondateur du Parti de gauche Jean-Luc Mélenchon a opté pour l'ironie. "Si Sarkozy a une fuite de cerveau, il ne peut pas y en avoir partout", a-t-il écrit. Dans son discours jeudi, Nicolas Sarkozy s'est également une nouvelle fois dit prêt à rouvrir le débat autour du droit du sol, qui permet aux enfants d'étrangers nés en France d'acquérir la nationalité française à 18 ans. L'ex-chef de l'Etat, qui s'était dans le passé déclaré opposé à cette remise en cause, entend soumettre ce sujet aux militants LR. "Au moment où il s'arroge le titre de Républicain, il remet en cause l'un des acquis essentiels de la République française, c'est-à-dire le droit du sol", a réagi la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem sur France 2. "Que Nicolas Sarkozy se retrouve dans une telle fuite en avant, dans une telle course derrière l'extrême droite, je vous avoue que ça me consterne". (Marine Pennetier, avec Elizabeth Pineau au Bourget, édité par Grégory Blachier)

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  • xk8r le vendredi 19 juin 2015 à 18:18

    600 000 chômeurs en 3 ans et il ouvre encore sa gu....... !