France-Hollande et Cazeneuve tranchent le cas Le Roux

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    * Le 3e ministre de Hollande visé par une "affaire" 
    * Bruno Le Roux est remplacé par Matthias Fekl 
    * Moralisation de la vie publique au coeur de la 
présidentielle 
 
 (Avec précisions, contexte) 
    BOBIGNY/PARIS, Seine-Saint-Denis, 21 mars (Reuters) - 
F rançois Hollande et Bernard Cazeneuve ont tranché mardi le cas 
du ministre de l'Intérieur Bruno Le Roux, qui a démissionné 
moins de 24 heures après des révélations sur l'emploi de ses 
filles comme assistantes parlementaires à l'Assemblée nationale. 
    A 33 jours du premier tour de l'élection présidentielle, le 
chef de l'Etat et le Premier ministre ont ainsi évité de prêter 
le flanc aux accusations d'instrumentalisation de la justice 
brandies par le candidat de la droite, François Fillon. 
    L'ancien Premier ministre, mis en examen dans l'affaire des 
emplois fictifs présumés dont aurait notamment bénéficié son 
épouse Penelope comme assistante parlementaire, n'a de cesse de 
dénoncer le traitement particulier dont il se dit la cible. 
    Le Parquet national financier (PNF) a agi avec une célérité 
plus grande encore dans le cas de Bruno Le Roux, en annonçant 
dès mardi en début d'après-midi l'ouverture d'une enquête 
préliminaire visant le ministre de l'Intérieur. 
    L'ex-chef de file des députés socialistes a alors été reçu 
par François Hollande en présence de Bernard Cazeneuve. 
    Peu après 18h00, après une rencontre avec des élus de 
Seine-Saint-Denis, il a annoncé à la préfecture de Bobigny sa 
démission d'un ministère où il avait succédé à Bernard Cazeneuve 
il y a seulement trois mois et demi, le 6 décembre. 
    Peu après, l'Elysée annonçait son remplacement par une 
étoile montante du Parti socialiste, Matthias Fekl, jusqu'ici 
secrétaire d'Etat au Commerce extérieur et soutien du candidat 
socialiste à la présidentielle, Benoît Hamon.   
    L'enquête ouverte par le PNF et confiée à l'Office central 
de lutte contre la corruption et les infractions financières et 
fiscales vise des faits révélés lundi soir par l'émission 
"Quotidien", sur la chaîne de télévision TMC. 
    Selon "Quotidien", les filles de Bruno Le Roux, âgées 
aujourd'hui de 23 et 20 ans, auraient cumulé respectivement 14 
et 10 contrats à durée déterminée (CDD) effectués pendant les 
vacances scolaires, entre 2009 et 2016. 
    Lors de deux contrats spécifiques, l'aînée était en même 
temps en stage à plein temps chez Yves Rocher, en Belgique, et 
la benjamine en cours en classe préparatoire à Paris. 
     
    "RESPONSABILITÉ" 
    Bruno Le Roux a admis avoir embauché ses deux filles comme 
collaboratrices parlementaires pour des "emplois d'été". 
    "Ces contrats, ponctuels et officiels, conformes aux règles 
juridiques des services de l'Assemblée nationale, 
correspondaient tous bien sûr à des travaux effectivement 
réalisés", s'est-il défendu dans son discours de Bobigny. 
    Mais "je ne veux à aucun prix que ce débat fait d'amalgames 
puisse porter atteinte au travail du gouvernement", a-t-il 
poursuivi. "La responsabilité particulière qu'impose la lutte 
quotidienne contre le terrorisme, contre la délinquance et pour 
la maîtrise des flux migratoires, implique de ne prêter le flanc 
à aucune instrumentalisation." 
    "J'affirme mon honnêteté dans les rapports humains comme 
dans tous mes actes politiques. Mais ma responsabilité est aussi 
de préserver totalement l'action gouvernementale, c'est pourquoi 
j'ai adressé au président de la République ma démission." 
    Bruno Le Roux est le troisième ministre de François Hollande 
contraint de démissionner dans ce type de conditions, après 
l'ex-ministre du Budget Jérôme Cahuzac, accusé de fraude 
fiscale, il y a quatre ans, et l'ex-secrétaire d'Etat au 
Commerce extérieur Thomas Thévenoud, lui aussi en délicatesse 
avec le fisc, en septembre 2014. 
    Cette affaire intervient alors que la moralisation de la vie 
publique est devenue un des thèmes de la campagne présidentielle 
après la mise en examen de François Fillon et les déboires 
judiciaires de la candidate du Front national, Marine Le Pen. 
    Le candidat d'En Marche ! Emmanuel Macron a promis une 
"grande loi de moralisation de la vie publique". 
    Lors du premier débat télévisé des prétendants à l'Elysée, 
lundi soir, François Fillon a pour sa part promis, s'il est élu, 
la création d'une commission chargée de faire des propositions 
en matière de transparence de la vie publique.   
    La plupart des candidats se sont dits pour une interdiction 
de l'emploi par les parlementaires de membres de leur famille. 
 
 (Jean-Baptiste Vey et Emmanuel Jarry, avec Chine Labbé et 
Elizabeth Pineau, édité par Sophie Louet) 
 
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  • mark92 il y a 11 mois

    Mais ils se moquent du monde ces 2 la ?? Ils vont faire passer tous leurs copains comme ministres et bonne retraite en vue. DEHORS