France-Hollande défend le "compromis juste" de la loi Travail

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    PARIS, 3 mai (Reuters) - François Hollande a mis son poids 
dans la balance, mardi, à quelques heures du début de l'examen 
par les députés de la loi sur le travail, pour éviter de 
recourir à l'article 49-3 de la Constitution, seule issue en cas 
d'absence de majorité. 
    Selon les comptes du rapporteur de ce texte très contesté à 
droite comme à gauche, le député socialiste Christophe Sirugue, 
il manque à ce stade une quarantaine de voix au gouvernement. 
    Le groupe Les Républicains (LR) a annoncé pour sa part son 
intention de défendre d'entrée une motion de rejet, puis, si 
elle n'est pas adoptée, une motion de renvoi en commission. 
L'adoption de l'une ou l'autre suspendrait l'examen du texte. 
    Le chef de l'Etat a profité d'une intervention lors d'un 
colloque de la Fondation Jean Jaurès sur la gauche et le pouvoir 
pour défendre une nouvelle fois ce projet de loi porté par la 
ministre du Travail, Myriam El Khomri.   
    Ce texte est un "compromis dynamique et juste", a-t-il 
déclaré. "C'est un texte de progrès qui a trouvé plus que son 
équilibre, plus que le sens qui, un moment, a pu lui manquer." 
    "Cette loi, si elle est votée, va changer profondément, 
modifier durablement les rapports sociaux dans les entreprises", 
a ajouté François Hollande. 
    Le gouvernement a refusé jusqu'ici d'envisager le recours à 
la procédure du 49-3, qui lui permettrait de faire adopter le 
texte sans vote en engageant sa responsabilité, ce qui serait 
coûteux en termes d'image à un an de l'élection présidentielle. 
    "Je refuse de faire planer la menace", déclare Myriam El 
Khomri dans une interview au Parisien. "Je ne suis pas dans 
cette perspective. On verra comment les choses de déroulent." 
    Bien que déjà retouché en commission parlementaire et jugé 
vidé de sa substance par la droite et le patronat, ce texte est 
l'objet de près de 5.000 propositions d'amendements. 
    Plus de 2.400 ont été déposés par le Front de gauche, décidé 
à prolonger dans l'hémicycle la bataille menée dans la rue par 
les syndicats contestataires, CGT et Force ouvrière en tête, et 
une vingtaine d'organisations de jeunes, pour exiger son retrait 
ou au moins une profonde réécriture. 
    Des manifestants se sont ainsi rassemblés dans la matinée à 
proximité de l'Assemblée nationale et sur l'Esplanade des 
Invalides, sous haute surveillance policière. 
    Dans son interview au Parisien, Myriam El Khomri assure 
qu'elle ne ferme pas la porte à de nouvelles évolutions du 
texte, notamment des dispositions concernant les licenciements 
économiques ou pour inciter les partenaires sociaux à sévir 
contre l'abus des contrats de travail de courte durée. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Elizabeth Pineau et Emile Picy, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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