France-Hollande consulte pour convaincre sur la déchéance

le , mis à jour à 16:54
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    * Le PS ne veut ni distinction entre Français ni apatridie 
    * Les Républicains voteront le texte pour protéger les 
Français 
    * Selon le PRG, le chef de l'Etat cherche un consensus 
    * Les lois d'application bientôt présentées 
 
 (Actualisé avec Parti socialiste au §6) 
    PARIS, 22 janvier (Reuters) - François Hollande espère 
rassembler toutes les forces politiques autour de son projet de 
révision constitutionnelle, en maintenant la déchéance de 
nationalité tout en précisant éventuellement qui serait concerné 
dans la loi d'application. 
    Les dirigeants du Parti radical de gauche ont dit après une 
rencontre avec le chef de l'Etat vendredi que ce dernier 
chercherait une solution de compromis sur cette question qui 
divise la gauche. 
    Ceux de l'UDI ont ensuite précisé que François Hollande 
souhaitait bien que la déchéance de nationalité figure dans la 
Constitution, sans dire si cette possibilité serait réservée aux 
binationaux nés en France comme il l'avait annoncé. 
    "La Constitution va autoriser la déchéance mais la loi va 
préciser qui est concerné, comment, dans quel cadre", a dit le 
président du parti centriste, Jean-Christophe Lagarde, aux 
journalistes après avoir vu François Hollande à l'Elysée. 
    Le chef de l'Etat lui a assuré que la loi renforçant les 
moyens de la lutte antiterroriste et les lois d'application sur 
l'état d'urgence et la déchéance de nationalité seraient 
présentées en conseil des ministres avant l'examen de la 
révision constitutionnelle.  
    Refusant de préciser si François Hollande voulait finalement 
inscrire dans la Constitution une distinction entre les 
binationaux et les autres Français, le premier secrétaire du 
Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, a déclaré : "nous 
avons indiqué que pour toute déchéance, il était nécessaire que 
celle-ci ne pose pas le problème d'une séparation entre les 
Français et qu'il n'y ait point d'apatridie". 
    Le président du parti Les Républicains, Nicolas Sarkozy, a 
lui aussi refusé de dévoiler les intentions du chef de l'Etat, 
expliquant simplement que François Hollande comptait bien 
permettre la déchéance de la nationalité des binationaux. 
 
    LES RÉPUBLICAINS VOTERONT LE TEXTE      
    Pour le président du PRG, Jean-Michel Baylet, le chef de 
l'Etat cherche un compromis. 
    "Nous espérons que dans les jours qui viennent, des 
propositions consensuelles seront faites qui permettront de 
trouver une solution pour qu'un texte qui satisfasse tout le 
monde soit rédigé", a-t-il dit aux journalistes. 
    "Le président de la République est un homme de rassemblement 
et de consensus donc j'ai bien senti que, en restant bien calé 
sur les principes qu'il a plusieurs fois énoncés, il ferait tout 
ce qui est en son pouvoir pour arriver à trouver une solution 
qui rassemble tout le monde", a-t-il ajouté.     
    Dans sa formulation actuelle, le texte inscrit dans la 
Constitution la possibilité de déchoir de la nationalité 
française les binationaux nés en France condamnés "pour un crime 
constituant une atteinte grave à la vie de la Nation", une 
proposition condamnée par une partie de la gauche. 
    François Hollande doit encore rencontrer ce vendredi les 
dirigeants du Parti communiste et d'Europe Ecologie-Les Verts. 
    Les députés examineront à partir du 5 février le projet de 
loi constitutionnelle de protection de la Nation, qui prévoit, 
outre la déchéance de nationalité, l'inscription de l'état 
d'urgence dans la Constitution. 
    Annoncé par François Hollande après les attentats qui ont 
fait 130 morts le 13 novembre, le texte devra être voté au Sénat 
dans les mêmes termes qu'à l'Assemblée puis être voté par une 
majorité des trois cinquièmes au Congrès pour être adopté. 
    Nicolas Sarkozy a confirmé que son parti voterait cette 
réforme car la sécurité des Français "est une priorité 
incontournable". 
    "Il ne peut pas s'agir d'une question d'opposition ou de 
majorité, de gauche ou de droite, mais de responsabilité 
vis-à-vis du pays", a ajouté l'ancien chef de l'Etat. 
    Nicolas Sarkozy a ajouté qu'il souhaitait toujours que non 
seulement les crimes mais aussi les délits soient concernés. 
 
 (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • vmcfb il y a 11 mois

    Mesure gadget, avec laquelle évidemment tout le Monde est d'accord, mais qui ne changera rien au fond..