France-Hollande confirme à Calais la destruction de la "jungle"

le
0
    * Hollande ne veut plus de camps de migrants en France 
    * Il dénonce l'"instrumentalisation" politique de ce dossier 
 
    CALAIS, Pas-de-Calais, 26 septembre (Reuters) - François 
Hollande a confirmé lundi à Calais son intention de vider 
"complètement et définitivement" le campement sauvage de la 
"jungle", où vivent au moins 7.000 migrants, candidats à 
l'entrée en Grande-Bretagne.  
    Le chef de l'Etat effectuait la première visite de son 
quinquennat dans cette ville portuaire du nord de la France, où 
l'existence de ce campement provoque des incidents à répétition 
depuis des années. 
    Samedi, lors de la visite d'un centre d'accueil et 
d'orientation (CAO) de réfugiés à Tours (Indre-et-Loire), il 
avait estimé qu'il ne pouvait pas y avoir en France de tels 
camps de migrants et déjà promis le démantèlement total de la 
"jungle".   
    Entre 7.000 et 9.000 personnes (10.000 selon des 
associations humanitaires) vivent dans des conditions très 
difficiles dans ce campement installé le long de la rocade 
portuaire de Calais. 
    "Cette situation n'est pas acceptable et chacun ici en a 
conscience", a déclaré le chef de l'Etat dans une allocution 
devant la caserne de gendarmerie mobile de la ville. 
    "Nous devons démanteler complètement, définitivement le 
campement de la lande", a-t-il ajouté en présence de la maire LR 
de Calais, Natacha Bouchart, et du président Les Républicains 
(LE) de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.  
    "Le campement de la lande, chacun doit bien le comprendre, 
est pour les migrants une impasse. Il est aussi, je le sais, un 
terrain d'action pour les passeurs, qui font croire à cette 
illusion qu'il sera possible de franchir" la Manche. 
     
    HOLLANDE DÉNONCE L'ATTITUDE DE LA DROITE 
    Cinq jours après la venue à Calais de son prédécesseur LR à 
l'Elysée, Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, 
François Hollande a lancé une mise en garde contre la tentation 
de créer des "polémiques" sur ce sujet sensible. 
    Evoquant les débats en cours dans le cadre de cette primaire 
prévue en novembre, il a dénoncé "une instrumentalisation et une 
polémique" qui "tournent le dos aux valeurs de la République".  
    Alors que tous les candidats de la droite promettent une 
réduction des effectifs de la fonction publique, François 
Hollande a salué le rôle des fonctionnaires, en particulier les 
forces de l'ordre, dans la gestion du problème de migrants à 
Calais. "Nous avons besoin de fonctionnaires", a-t-il dit.  
    "L'Etat a fait son devoir et continuera à le faire", même 
après le démantèlement de la "jungle", a-t-il assuré. 
    Il s'est posé en garant d'"un d'Etat de droit (qui) protège, 
reconnaît, mais un Etat de droit (qui) est aussi capable de se 
faire respecter".  
    Les migrants pouvant demander le droit d'asile, soit environ 
80% de ceux qui vivent à Calais, seront accueillis dans 164 CAO 
répartis dans 80 départements français.  
    Les candidats à l'immigration en situation irrégulière ne 
rentrant pas dans les critères du droit d'asile devront en 
revanche quitter le pays, comme l'ont fait près de 1.500 d'entre 
eux depuis le début de l'année, a rappelé le chef de l'Etat.  
    Les candidats à l'immigration s'installent à Calais dans 
l'espoir de rejoindre le Royaume-Uni, à 35 kilomètres de là, par 
le tunnel sous la Manche.  
    François Hollande a demandé aux autorités britanniques de  
"prendre leur part" dans la gestion de ce dossier.   
 
 (Elizabeth Pineau, édité par Emmanuel Jarry) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant