France-Hollande au défi d'endurer et de durer

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* Le chef de l'Etat accablé de toutes parts * L'Elysée cherche sa communication et protège le président * Seules les institutions le préserveraient encore * Le PS n'a "d'autre choix" que de le suivre PARIS, 5 septembre (Reuters) - Entre le livre vengeur de Valérie Trierweiler, une impopularité record et la démission forcée d'un ministre, François Hollande paraît plus fragilisé que jamais et la question même de sa capacité à achever son mandat semble posée, jugent des analystes. Le chef de l'Etat a vécu la journée dévastatrice de jeudi dans un relatif isolement, son entourage ayant pris soin de restreindre ses contacts avec la presse en marge du sommet de l'Otan à Newport, au Pays de Galles. Silence sur le livre à charge publié par son ex-compagne qui a réalisé le meilleur démarrage en librairies depuis cinq ans, sur le sondage TNS-Sofres le créditant de 13% d'opinions favorables - chute historique sous la Ve République - comme sur le départ du secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud, en raison d'une situation fiscale "non conforme", neuf jours après sa nomination. "C'est évidemment une très mauvaise nouvelle et on s'en serait bien passé", a reconnu la ministre de l'Education Najat Vallaud-Belkacem sur RTL. "C'est un coup dur, indéniablement". Au rythme des crises internes à la majorité, des mises en garde du Parti socialiste où la "fronde" contre la ligne pro-entreprises de l'exécutif s'amplifie et en l'absence de résultats, le tableau noircit un peu plus chaque jour. L'EXÉCUTIF EN PERDITION Manuel Valls lui-même commence à en ressentir les effets. Le sondage TNS Sofres-Sopra publié jeudi voit sa cote de popularité après six mois s'effondrer de 14 points à 30%, en-dessous de celle de son prédécesseur, Jean-Marc Ayrault, au même stade. L'exécutif est désormais en perdition, alors qu'il n'en est qu'à la moitié du quinquennat, juge Jérôme Fourquet, directeur du département Opinion de l'Ifop. "Hollande entraîne Valls dans sa chute dans les sondages. A ce rythme-là, dans trois ou quatre mois, le Premier ministre sera au niveau du président", dit-il. "Valls s'est donné un peu de temps en changeant de cheval mais son crédit politique s'use au jour le jour. Le pronostic vital de la majorité est engagé." Pour Bernard Poignant, ami de longue date de François Hollande et conseiller à la présidence, le chef de l'Etat, que l'UMP appelle à la démission, n'est pas pour autant empêché de gouverner. "Le président de la République a aujourd'hui toutes les manettes pour mener sa politique", a-t-il dit sur Europe 1. Juliette Méadel, porte-parole du Parti socialiste, assume : "Nous n'avons pas d'autre choix que de le suivre, nous avons besoin d'un président de la République". "Nous avons une crise d'une telle ampleur et une crise internationale d'une telle ampleur que le pays a besoin de faire confiance, le président de la République est engagé dans cette action. On ne doit même pas se poser la question, il faut agir." Stéphane Rozès, président de Cap (conseils, analyses et perspectives), qui avait conseillé François Hollande durant la campagne présidentielle, estime que l'attachement des Français à la fonction "sacralisée" par la Constitution de la Ve préserve encore l'ancien patron du PS. "Ce qui lui permet de tenir, ce sont les raisons même de la suprématie du président, c'est-à-dire la présidentielle. Le pays n'a pas les moyens de se passer, non pas de François Hollande, mais du président", dit-il. "SE REPRÉSIDENTIALISER" Selon Jérôme Fourquet, François Hollande "doit essayer une fois de plus de se représidentialiser en se concentrant sur l'international et les commémorations". "Pour ce qui est de 'mettre les mains dans le cambouis', c'est Manuel Valls qui s'y emploie", ajoute-t-il. Le livre dans lequel Valérie Trierweiler dresse un portrait cruel de François Hollande, censément dédaigneux envers les personnes défavorisées qu'il surnommerait "les sans dents", risque de saper tout effort pour restaurer une légitimité "en lambeaux", estime vendredi Le Monde dans son éditorial. Le chef de l'Etat doit esquiver le sujet lors de ses prochaines conférences de presse - le 18 septembre notamment - sans quoi il "abaissera la fonction" à son tour et perdra ce qui fait la force du président, juge Stéphane Rozès. "Il n'a pas à commenter le livre, j'espère qu'il ne le fera pas. L'auteur du livre sait cela, elle sait très très bien (...) qu'il ne pourra pas faire de démenti et qu'à ce moment-là on peut écrire un peu ce que l'on veut", dit Bernard Poignant, qui ne reconnaît "absolument pas" François Hollande dans ce texte. "Le président de la République aujourd'hui a d'autres chats à fouetter (...). Forcément qu'il doit être touché. Mais je le connais, personne ne le remarquera, il continuera son travail (...) et on rendra hommage à ce quinquennat", assure-t-il. Il avance : "Et peut-être qu'il y en aura un second". (Gregory Blachier, avec Elizabeth Pineau, Julien Ponthus, Marine Pennetier, édité par Sophie Louet)

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  • gnapi le vendredi 5 sept 2014 à 17:20

    "endurer" ... mais de qui parle-t-on ? de l'image de la fonction ? de l'image du pays ? du peuple ? des contribuables ? on tenterait-on d'inverser la situation et d'en faire une victime ? Qui est aux commandes et depuis combien de temps ?Il ne peut se défausser sur le bilan du précédent après 28 mois de présidence, 3 gouvernements et autant de maîtresses ou de paires de lunettes (Hidalgo cela date un peu, je zappe).

  • syjo le vendredi 5 sept 2014 à 17:20

    le nouveau défi à cinq contre un!

  • gnapi le vendredi 5 sept 2014 à 17:17

    "rendra hommage à ce quinquennat" Hommage ? Que le quinquennat marque les mémoires, qu'on en reparle dans 20 ans c'est à espérer. Car cela voudra dire qu'on n'aura pas connu pire. Mais sinon l'hommage ... je ne vois pas. A moins de l'ériger en contre-exemple, de le comparer à ses épaves qui ponctuent les zones dangereuses au large de caps ou détroits un peu difficiles ...

  • gnapi le vendredi 5 sept 2014 à 17:15

    Bon c'est surement vrai que la famille de Valé n'était pas jojo et édentée. N'empêche, il a pris des mesures : répudiation et changement de maîtresse pour une dont les parents ont un château. Dans le Gers. C'est plus sympa, moins édenté, etc. Bref un homme d'action, de conviction et qui a le sens de la formule. Bravo comme dirait nos 13% qui ont encore une opinion favorable !

  • C177571 le vendredi 5 sept 2014 à 16:48

    Pepere se grandirait en se retirant de la vie politique.Seuls les grands hommes sont capables d'un tel geste.

  • manta92 le vendredi 5 sept 2014 à 16:24

    kbnskin, encore une fois, chacun de vos mots auraient pu sortir de ma bouche ! Merci pour vos commentaires ;)

  • M1765517 le vendredi 5 sept 2014 à 16:06

    "Pépère n'a rien fait", souvenez vous qu'il est resté 17 ans dans l'opposition et qu'il ne faisait déjà pas grand chose hormis une synthèse par ci par là !

  • M1343167 le vendredi 5 sept 2014 à 16:05

    Je suis commerçant/artisan et comme toujours j'ai un contrôle fiscale récurrent. Mais non, c'est juste une indélicatesse avec le fisc ... Lol. @ JODHY

  • JODHY le vendredi 5 sept 2014 à 15:57

    avez vous noté le nouveau vocabulaire des socialos ? : fraude fiscale = indélicatesse avec le fisc

  • bordo le vendredi 5 sept 2014 à 15:53

    Regardez les, tous ces faux amis, qui ont peur pour leur place, et qui accablent Trierweiler. Ils ne disent pas la vérité, ils répètent tous les mêmes éléments de langage que leur ont servis froids des consultants insincères prêts à toutes les bassesses pour se faire rémunérer.