France-Guerre ouverte entre Valls et Mélenchon

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    PARIS, 10 octobre (Reuters) - Manuel Valls et Jean-Luc 
Mélenchon se sont livrés ces derniers jours à une violente joute 
verbale, signe des tensions entre deux fortes personnalités 
issues du Parti socialiste sur fond d'incertitudes quant à la 
validité de l'élection de l'ancien Premier ministre comme député 
de l'Essonne. 
    Le Conseil constitutionnel doit bientôt se prononcer sur le 
recours déposé par La France insoumise (LFI) après le second 
tour des élections législatives du 18 juin qui a vu Manuel Valls 
être réélu avec seulement 139 voix d'avance sur la candidate 
LFI, Farida Amrani.  
    Député apparenté La République en marche (LREM) depuis son 
départ du Parti socialiste, Manuel Valls a été élu mardi dernier 
à la tête d'une mission d'information de l'Assemblée sur 
l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.   
    Un choix dénoncé par le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, 
qui aurait eu ce jour-là avec Manuel Valls une violente 
altercation parsemée d'insultes émanant des deux hommes, selon 
un récit publié dans Le Canard enchaîné à paraître mercredi.  
    Jean-Luc Mélenchon a décidé de quitter la mission 
Nouvelle-Calédonie, et s'en est expliqué dans un texte adressé 
au président de l'Assemblée nationale, François de Rugy. 
    "M. Valls est un personnage extrêmement clivant, qui suscite 
de forts rejets du fait de sa proximité avec les thèses 
ethnicistes de l'extrême droite et avec les dirigeants de 
l'extrême droite israélienne", écrit le député de Marseille.  
     
    "OUTRANCIER" 
    Réponse de Manuel Valls sur Twitter : "Ignoble et outrancier 
texte de Mélenchon qui, en claquant la porte de la mission 
Nouvelle-Calédonie, affiche son mépris pour les Calédoniens".  
    Les deux hommes ont ensuite continué leur joute par médias 
et réseaux sociaux interposés.  
    Lundi soir sur CNEWS, Manuel Valls a qualifié Jean-Luc 
Mélenchon d'homme qui "n'accepte pas le fait démocratique".  
    "C'est la rue contre le peuple, la rue contre les 
institutions, la rue contre l'Assemblée nationale", a-t-il dit. 
"C'est disqualifier une mission, une commission, comme il 
cherche à disqualifier toutes les institutions de la 
République." 
    Lors de l'examen du projet de loi sur la lutte contre le 
terrorisme fin septembre, Manuel Valls avait accusé LFI de 
soutenir "l'islamo-gauchisme", déclenchant les applaudissements 
des députés du Front national et les quolibets d'élus 
"mélenchonistes".  
    Isolé depuis son départ du Parti socialiste, Manuel Valls 
joue en solo une partition consistant à soutenir la politique 
d'Emmanuel Macron sans être un acteur à part entière du parti 
présidentiel.  
    Ancien ministre de François Mitterrand, Jean-Luc Mélenchon a 
quitté le Parti socialiste en 2008 pour fonder le Parti de 
gauche. Il s'est présenté au printemps dernier à l'élection 
présidentielle, où il a recueilli près de 20% des voix au 
premier tour.  
    Depuis son élection comme député, il se pose en opposant 
numéro un à la politique du président Emmanuel Macron.    
 
 (Elizabeth Pineau, avec Emile Picy, édité par Yves Clarisse) 
 
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