France-Guérini en embuscade dans les Bouches-du-Rhône

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* Guérini espère garder la présidence du département * L'UMP est son principal rival, les socialistes sont divisés * Le FN devrait effectuer une nouvelle percée par Jean-François Rosnoblet MARSEILLE, 6 mars (Reuters) - Le président du Conseil général des Bouches-du-Rhône, l'ex-socialiste Jean-Noël Guérini, est en embuscade dans le scrutin départemental de fin mars, semant la zizanie dans les rangs de son ancien parti et s'érigeant en dernier rempart face à une droite qui ambitionne de le déloger de son fauteuil. Tous les partis traditionnels se méfient d'un Front national qui entend surfer sur la vague de ses derniers succès électoraux pour s'imposer en arbitre du scrutin des 22 et 29 mars. L'attitude à adopter vis-à-vis de Jean-Noël Guérini divise toujours un Parti socialiste qui ne s'est pas remis de sa large défaite lors de l'élection municipale de Marseille, où l'UMP Jean-Claude Gaudin a été confortablement reconduit pour un quatrième mandat à la tête de la deuxième ville de France. L'ancien homme fort du PS local, qu'il a quitté en avril dernier avant d'en être exclu en raison de ses ennuis judiciaires, a depuis créé la surprise en obtenant trois sièges de sénateurs en septembre sous la bannière de son mouvement "La Force du 13, à égalité avec l'UMP. Jean-Noël Guérini s'amuse ainsi à instiller le doute chez ses adversaires, persuadé qu'il est que "l'intelligence l'emportera sur les ambitions personnelles" quand les nouveaux élus de l'institution éliront, le 2 avril, leur président. Il est vrai que le PS, qui a subi une hémorragie de ses adhérents dans le département, est très divisé. Le patron de la fédération locale, Jean-David Ciot, n'exclut pas de voter Guérini pour barrer la route à la droite si son parti n'est pas en mesure d'emporter la présidence du conseil général, un scénario repoussé avec force par l'ex-candidat socialiste à la mairie de Marseille, Patrick Mennucci. "Il est l'heure de mettre fin au clientélisme et aux pratiques de Jean-Noël Guérini au Conseil général. Nous devons faire le choix de la clarté", dit ce dernier, qui appelle à voter pour le candidat UMP si les élus PS devaient se retrouver en position d'arbitre. "TERRE BRÛLEE" Jean-Noël Guérini réplique que "certains à gauche ont choisi de jouer la politique de la terre brûlée en pariant sur la défaite des leurs". La droite (UMP et centristes de l'UDI) s'est facilement rassemblée pour tenter de porter une femme, Martine Vassal, pour la première fois à la tête du conseil général. "Nous sommes déterminés à mettre fin à 33 ans de socialisme dans ce département", dit-elle. "Ici, nous combattons à la fois la peste et le choléra. Il faut rejeter le clientélisme et éliminer l'extrémisme". Martine Vassal, qui a reçu jeudi le soutien de Nicolas Sarkozy, accuse Jean-Noël Guérini d'utiliser les finances de l'institution pour s'assurer le soutien des maires locaux. "Tout cela, c'est du vent. Tant que je serais président, j'aiderai les communes du département", rétorque l'accusé, qui chiffre à 155 millions d'euros en moyenne l'aide annuelle du conseil général aux 119 communes du département. Dans un scrutin qui favorisera les duels au second tour, aucun ne mésestime le poids du Front national sur des terres qui lui sont traditionnellement favorables. "Nous devrions aller partout au-delà des 30% de voix", pronostique Stéphane Ravier, maire de l'un des huit secteurs de Marseille et l'un des deux sénateurs que compte son parti. Dans la lignée de ses résultats aux municipales et européennes, les sondages placent régulièrement le FN au coude-à-coude, voire devant l'UMP dans les intentions de vote. "Au soir du premier tour, le Front national sera à nouveau le premier parti de France", prédit Stéphane Ravier. Un parti "dont le fonds de commerce est la peur" selon Martine Vassal et qui, d'après Jean-Noël Guérini, "ne pourra jamais jouer le poison" dans l'élection du président du conseil général, qui ne devrait être élu qu'avec une majorité relative. (Edité par Yves Clarisse)

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  • M3182284 le vendredi 6 mar 2015 à 13:10

    Si on a les politiques qu'on mérite, les bouches du Rhône ont une laideur d'âme inégalée.