France-Grand oral des candidats de droite devant le Medef

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    * Convergences entre les quatre principaux concurrents LR 
    * Des propositions d'inspiration libérale 
    * Le patronat applaudit 
 
    par Simon Carraud et Yann Le Guernigou 
    JOUY-EN-JOSAS, Yvelines, 31 août (Reuters) - Les principaux 
candidats à l'investiture présidentielle de la droite ont défilé 
mardi et mercredi à l'université d'été du Medef, près de Paris, 
pour présenter les grandes lignes de leurs programmes 
économiques, tous d'inspiration libérale.  
    Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Bruno Le Maire et François 
Fillon ont pioché dans leur catalogue les mesures les plus à 
même de séduire un électorat convoité, à trois mois de la 
primaire, mettant en sourdine les questions identitaires au 
coeur du début de campagne. 
    Sur le campus de l'école de commerce HEC à Jouy-en-Josas, 
tous ont promis l'abrogation de l'impôt de solidarité sur la 
fortune (ISF) et du compte pénibilité, une refonte du droit du 
travail et des coupes dans les dépenses budgétaires. 
    "Vous êtes, vous les entrepreneurs, l'une de mes raisons 
d'espérer dans la France", a déclaré mercredi Bruno Le Maire 
devant plusieurs centaines de chefs d'entreprise. 
    Actuellement troisième des sondages, le député de l'Eure a 
proposé de supprimer toute limite pour le renouvellement des 
contrats à durée déterminée (CDD) et d'instaurer des "emplois 
rebond", payés en-dessous du smic et destinés aux chômeurs les 
plus éloignés de l'emploi. 
    Au pupitre, Nicolas Sarkozy s'est pour sa part projeté à 
l'Elysée comme si l'élection était gagnée, en présentant au 
futur de l'indicatif ses propositions comme des "annonces". 
    "En juillet (2017), le Parlement recevra un projet de loi de 
réduction de la dépense publique de 100 milliards d'euros. Cette 
application se fera à partir du 1er juillet 2018 et prévoira sur 
le quinquennat 300.000 suppressions de postes (dans la fonction 
publique)", a-t-il par exemple déclaré. 
    L'ex-président, venu avec sa garde rapprochée (Gérald 
Darmanin, Christian Estrosi et Eric Woerth), a insisté sur sa 
volonté d'assouplir les conditions dans lesquelles une 
entreprise peut procéder à des licenciements économiques et 
dénoncé le poids des syndicats. 
    Durant son intervention aux accents de meeting, il a repris 
certains leitmotivs de ses précédentes campagnes. 
     
    "TRAVAILLER PLUS POUR GAGNER PLUS" 
    "Je suis pour le travailler plus pour gagner plus, je n'ai 
pas changé d'avis de ce point de vue", a-t-il ainsi dit, faisant 
écho à un slogan de la présidentielle de 2007. 
    L'assistance lui a réservé un accueil moins enthousiaste 
qu'à son principal rival, Alain Juppé, lequel s'est davantage 
plié aux contraintes de temps imposées par les organisateurs et 
s'est adressé plus directement au monde de l'entreprise. 
    "Je veux vous faire une proposition : si on se faisait 
confiance ? Je sais que les chefs d'entreprise n'ont pas grande 
confiance dans les politiques et il arrive aux politiques de 
s'interroger sur les chefs d'entreprise. Il faut sortir de cette 
défiance. Travaillons ensemble", leur a-t-il lancé. 
    La veille, l'ex-Premier ministre François Fillon avait posé 
devant les patrons en "candidat de la liberté".   
    Les quatre prétendants ont profité de la discrétion du 
gouvernement (Emmanuel Macron s'est décommandé après sa 
démission du ministère de l'Economie) pour occuper le terrain.   
  
    Deux ans après la déclaration d'amour à l'entreprise du 
Premier ministre, Manuel Valls, seuls quatre secrétaires d'Etat 
ont fait le déplacement, dont Jean-Marie Le Guen (Relations avec 
le Parlement), qui a eu droit a de brefs sifflets quand il a mis 
en doute l'opportunité de supprimer des postes de fonctionnaires 
dans les hôpitaux. 
    Les quatre candidats de droite ont en revanche eu droit à 
des applaudissements, plus ou moins nourris. 
    "On voit se distinguer des zones de convergence sur les 
mesures, sur la suppression de l'ISF, sur la flexibilité du 
temps de travail, l'abolition des 35 heures. On est plutôt 
satisfait", a dit Thibault Lanxade, vice-président du Medef. 
    "On a le sentiment qu'il y a une prise de conscience qu'il 
faut aller encore plus loin dans les réformes, quel que soit le 
bord. Il faut réformer le marché du travail, aller plus loin 
dans la compétitivité, davantage réduire les charges", a jugé 
pour sa part Robert Vassoyan, président de Cisco France. 
    "Deux candidats (Bruno Le Maire et Nicolas Sarkozy, NDLR) 
ont parlé de la suppression du principe de précaution. Ça dénote 
un état d'esprit extrêmement intéressant", a-t-il ajouté.  
    Mardi, le président du Medef, Pierre Gattaz, avait salué le 
"pragmatisme" des candidats de droite et leur volonté affichée 
de faire tomber des "tabous", comme la suppression de l'ISF et 
la réduction des dépenses publiques.  
 
 (Avec Myriam Rivet, édité par Emmanuel Jarry) 
 
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