France-Gouvernement et CGT campent sur leurs positions

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    * El Khomri et Martinez prennent acte de leurs désaccords 
    * Martinez a remis à la ministre des propositions de la CGT 
    * El Khomri et Le Roux laissent peu d'espace à une 
réécriture 
 
 (Avec déclarations complémentaires, contexte) 
    par Emmanuel Jarry 
    PARIS, 17 juin (Reuters) - Le gouvernement ne dénaturera pas 
le projet de loi Travail, qui donne la primauté aux accords 
d'entreprise sur les accords de branche et nationaux, a déclaré 
vendredi la ministre du Travail après une réunion d'une heure et 
demie avec le patron de la CGT. 
    Myriam El Khomri a reconnu après l'entretien la persistance 
des désaccords avec ce syndicat à la pointe de la contestation, 
notamment sur la place de la négociation collective. 
    Elle a promis de regarder "attentivement" les propositions 
remises par Philippe Martinez et n'a pas exclu d'"enrichir" le 
projet de loi, actuellement examiné par le Sénat. 
    "L'enrichir, oui, mais sans en dénaturer la philosophie et 
notamment la question de la primauté de l'accord d'entreprise en 
matière de temps de travail", a-t-elle ajouté. "Dialoguer, ça ne 
veut pas dire être dans un consensus (...) Donc, en effet, nous 
n'avons pas trouvé de consensus par rapport à la loi Travail." 
    Philippe Martinez avait auparavant jugé "nécessaire" et 
"constructif" cet entretien mais ajouté que cette rencontre 
avait "confirmé" les désaccords entre la CGT et le gouvernement. 
    Il a évoqué "six articles essentiels", dont celui qui 
inverse la hiérarchie des accords collectifs, les dispositions 
relatives aux licenciements économiques, à l'organisation de 
référendums dans les entreprises ou à la médecine du travail. 
    Pour la CGT, les accords d'entreprise ne doivent pas pouvoir 
déroger aux accords de branche, sauf à donner les moyens à ceux 
qui négocient "de vérifier que juridiquement et économiquement 
une dérogation pourrait être justifiée", a dit son numéro un. 
    En tout état de cause, donner un simple droit de regard aux 
branches sur les accords d'entreprise ne contentera pas la CGT, 
a-t-il ajouté, car "un avis ce n'est pas contraignant". 
    "Il faut retirer ou réécrire ces articles", a ajouté le 
secrétaire général de la CGT, qui a également réitéré sa demande 
de suspension du débat parlementaire sur la loi, "pour pouvoir 
aller au fond des choses". 
     
    "MAUVAIS CALCUL" 
    Ce rendez-vous intervenait au lendemain de l'échec de 
négociations sur l'assurance chômage, polluées par le projet de 
loi Travail qui a cristallisé oppositions et clivages dans le 
camp patronal comme dans celui des syndicats.   
    Il a été maintenu malgré la polémique entre le gouvernement 
et la CGT sur la responsabilité des violences de mardi lors de 
la manifestation parisienne contre la loi Travail.   
    Le dernier tête-à-tête entre Philippe Martinez et Myriam El 
Khomri remontait au 31 janvier ; il l'avait revue le 7 mars dans 
le bureau du Premier ministre, Manuel Valls. 
    En revanche, selon l'entourage de la ministre, il n'était 
pas venu à un rendez-vous auquel il était "personnellement 
convié" le 3 mars au ministère du Travail. Il avait alors envoyé 
d'autres responsables de la CGT. 
    "C'était important ce matin de renouer le dialogue avec la 
CGT", a souligné Myriam El Khomri. 
    Il n'est pas sûr que cela suffise à apaiser les tensions, 
alors que la CGT, Force ouvrière (F0) et cinq autres syndicats 
et organisations de jeunesse appellent à deux nouvelles journées 
de manifestations et de grèves, les 23 et 28 juin. 
    Philippe Martinez a dit qu'il n'y avait, à ce stade, aucune 
raison pour que ces organisations renoncent à ces deux journées. 
    "Ça fait trois mois que le gouvernement compte sur 
l'essoufflement des mobilisations. Je pense que c'est un mauvais 
calcul", a-t-il déclaré. "Notre position avant l'été, si le 
texte ne bouge pas, ne changera pas après l'été." 
    Mais le chef de file des députés socialistes, tout en 
souhaitant l'"élargissement" des soutiens à un texte sur lequel 
le gouvernement a dû engager sa responsabilité en première 
lecture à l'Assemblée nationale, a lui aussi fermé la porte à 
des modifications substantielles. 
    "S'il faut le 49-3" pour l'adopter en deuxième lecture, "il 
y aura le 49-3", a dit Bruno Le Roux sur Radio Classique. "Nous 
ne changerons rien en deuxième lecture (...) qui ne recueille 
pas l'assentiment du gouvernement et de ceux qui soutiennent le 
projet, c'est-à-dire la CFDT, l'UNSA, la FAGE." 
 
 (Avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M8252219 il y a 9 mois

    Le compromis et la compréhension de l'économie ne font pas partie de la culture communiste de la CGT. Seule l'écrasement de l’adversaire compte.