France-Goulard démissionne, un ricochet de l'enquête sur le MoDem

le
4
    * L'ex-eurodéputée entend démontrer sa "bonne foi" 
    * Les armées sans ministre en plein Salon du Bourget 
    * Un message à François Bayrou? 
 
 (actualisé avec Elysée, précisions) 
    PARIS, 20 juin (Reuters) - Emmanuel Macron a accepté mardi 
la démission de la ministre des Armées, Sylvie Goulard, qui a 
choisi de quitter le gouvernement afin de démontrer sa "bonne 
foi" si elle venait à être entendue dans l'enquête sur les 
assistants parlementaires au Parlement européen du MoDem, parti 
dont elle est issue. 
    Cette décision, qui a pris de court la communauté militaire 
et intervient en plein Salon international de l'aéronautique et 
de l'espace, complique la tâche du chef de l'Etat et du Premier 
ministre, Edouard Philippe, pour former la nouvelle équipe 
appelée à gouverner après la victoire de La République en marche 
aux élections législatives.  L8N1JH26A  
    Les industriels et militaires présents au Bourget pour la 
visite de la ministre, prévue à 10h30 mardi, n'ont pas caché 
leur stupéfaction à l'annonce de son départ, diffusée par 
communiqué à 09h39. Leur mécontentement aussi, selon des 
témoins, pour ce mauvais "timing" alors que l'industrie 
française de l'aéronautique et de l'armement défend ses couleurs 
à l'occasion de ce rendez-vous stratégique. 
    Sylvie Goulard, 52 ans, a mûri sa décision, selon l'Elysée, 
qui précise qu'elle s'en est entretenue avec Emmanuel Macron et 
Edouard Philippe "ces derniers jours". 
    "C'est une décision qu'elle a prise en son âme et conscience 
et qu'elle a mûrie. Quand elle l'a arrêtée, elle en a informé le 
président, qui l'a acceptée", a-t-on ajouté de même source. 
    "La mission de Défense impose une exigence particulière. 
L'honneur de nos armées, celui des hommes et des femmes qui y 
servent, parfois au péril de leur vie, ne sauraient être mêlés à 
des polémiques auxquelles ils n'ont aucune part", explique la 
ministre dans un communiqué. 
     
    "DÉMONTRER LIBREMENT MA BONNE FOI" 
    "Dans l'hypothèse où l'enquête préliminaire visant le MoDem 
conduirait à vérifier les conditions d'emploi de mes assistants 
au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer 
librement ma bonne foi et tout le travail que j'y ai accompli", 
ajoute l'ancienne eurodéputée (2009-2017). 
    Spécialiste reconnue des dossiers européens dont la 
nomination à la tête des Armées avait surpris, Sylvie Goulard 
avait commencé à prendre ses marques au sein de son ministère, 
où l'empreinte de son prédécesseur, Jean-Yves Le Drian, restait 
néanmoins forte. 
    Lundi, alors qu'elle accompagnait Emmanuel Macron au Salon 
du Bourget, elle avait répondu à Ségolène Royal, présente, qui 
l'interrogeait sur sa nouvelle mission : "C'est passionnant!" 
    "C'est une décision toute à son honneur", jugeait-on mardi 
de source militaire. "Désormais, nous attendons la nomination du 
nouveau ministre", ajoutait-on sans plus de commentaire. 
    "C'est dommage, elle avait tout 'l'équipement 
intellectuel'", déplore un parlementaire de haut rang. 
    Les noms de Jean-Pierre Raffarin, président de la Commission 
des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées du 
Sénat, ou d'Arnaud Danjean, eurodéputé (Les Républicains) 
spécialiste des questions de sécurité et de Défense, circulaient 
mardi dans l'attente du remaniement prévu d'ici mercredi 18h00. 
    Selon L'Opinion, Arnaud Danjean avait été proposé par Sylvie 
Goulard pour superviser une revue stratégique préalable à un 
nouvelle programmation militaire.  
    Une source au fait des discussions en vue du prochain 
remaniement écartait l'hypothèse Nathalie Kosciusko-Morizet 
(LR), battue dimanche dans la 2e circonscription de Paris par un 
candidat LREM. 
     
    DES RELATIONS TENDUES AVEC BAYROU 
    Au-delà de l'imbroglio politique qu'il entraîne, le départ 
de Sylvie Goulard projette de nouveau une lumière crue sur les 
arcanes du MoDem, le parti qu'elle avait choisi en 2009 pour 
entrer en politique et se présenter aux élections européennes 
dans la région Ouest, avec l'appui de François Bayrou. 
    Sylvie Goulard n'est pas nommément citée dans le dossier des 
collaborateurs de plusieurs élus français au Parlement européen. 
Les parlementaires du MoDem concernés sont Marielle de Sarnez, 
ministre sortant des Affaires européennes, et Robert Rochefort. 
  
    Le ministre de la Justice François Bayrou, qui préside le 
MoDem, est en première ligne dans cette affaire potentiellement 
embarrassante pour le parti centriste, dont Sylvie Goulard, qui 
s'est abstenue d'intégrer sa direction, n'a jamais apprécié la 
gestion autocentrée. 
    Ses liens avec François Bayrou se sont distendus au fil des 
années, et ses relations avec Marielle de Sarnez sont 
notoirement mauvaises. 
    "En prenant cette décision, elle vise clairement à mettre la 
pression sur François Bayrou", estimait-on mardi de source 
gouvernementale. 
    Le garde des Sceaux a jusqu'à présent exclu de quitter le 
gouvernement, tandis que Marielle de Sarnez n'a pas exclu mardi 
de renoncer à ses fonctions.   
 
 (Sophie Louet avec Marine Pennetier, Jean-Baptiste Vey, John 
Irish, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • descal il y a 6 mois

    dans les milieux politiques , il se dit que M.Bayrou est protégé ! comment en serait il autrement vu qu'il n'a jamais rien fait d'autre que d'exercer son pouvoir de nuisance ! quand on pense que c'est lui qui est soupçonné et que c'est une autre qui paie , il est vraiment écoeurant ce type !

  • cavalair il y a 6 mois

    de plus en plus pitoyable

  • solo92 il y a 6 mois

    Bravo c'est clair et honnete.D'autres partis n'ont pas cette meme droiture

  • jbellet il y a 6 mois

    nommer une personne qui ne se sent pas française au ministère de la défense était une aberration