France-Gattaz veut d'autres baisses d'impôts pour les entreprises

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    PARIS, 20 juillet (Reuters) - Le président du Medef plaide 
pour de nouveaux allègements de la fiscalité des entreprises, à 
hauteur de 90 milliards d'euros, dans un entretien à paraître 
jeudi dans Le Figaro.      
    Pierre Gattaz estime que les 40 milliards d'euros de baisses 
de charges prévues par le pacte de responsabilité, notamment via 
le crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE), ont certes permis 
de réduire le coût du travail mais que les résultats ne sont pas 
encore suffisants. 
    "Le pacte de responsabilité, c'est un premier pas: les 
entreprises commencent à retrouver des marges et ont créé plus 
de 100.000 emplois en net l'an passé. Mais cela ne va pas assez 
loin", déclare-t-il.  
    Selon lui, l'écart de compétitivité fiscale et sociale entre 
la France et l'Allemagne s'élevait à près de 135 milliards 
d'euros en 2013. Déduction faite de l'impact du pacte de 
responsabilité, "les prélèvements pesant sur les entreprises 
françaises sont encore de plus de 90 milliards supérieurs à ceux 
de leurs homologues allemandes", souligne-t-il en appelant à 
"combler cet écart".  
    "Il ne s'agit pas de réduire leurs impôts et charges de 90 
milliards du jour en lendemain ; mais en cinq ans, c'est 
faisable", poursuit Pierre Gattaz.      
    Pour financer cette nouvelle baisse de prélèvements, le 
président du Medef suggère une hausse de deux points de la TVA, 
qui rapporterait 16 milliards d'euros et permettrait d'appliquer 
une première baisse du coût du travail dès l'an prochain, "pour 
créer un choc positif après la présidentielle".  
     
    "COMPÉTITION FISCALE" 
    A plus longue échéance, il estime que les efforts 
d'économies sur les dépenses publiques, sans "tailler à la 
hache" mais "en tirant profit de la révolution numérique et en 
impliquant davantage les fonctionnaires, en simplifiant", 
devraient permettre de dégager des montants suffisants, voire de 
dégager "de la marge pour faire un geste fiscal envers les 
classes moyennes". 
    Toujours dans le domaine de la fiscalité des entreprises, 
Pierre Gattaz déplore la décision de l'exécutif de renoncer à la 
suppression de la contribution sociale de solidarité des 
sociétés (C3S), un impôt assis sur le chiffre d'affaires qui 
sert à financer le régime de protection sociale des travailleurs 
indépendants.  
    Le pacte de responsabilité prévoyait initialement pour 2017 
une baisse d'un point de l'impôt sur les sociétés (IS) et la 
disparition totale de la C3S. Mais François Hollande a annoncé 
dans un entretien accordé aux Echos fin juin que la dernière 
tranche du pacte, d'un montant de cinq milliards d'euros, 
prendrait la forme d'une augmentation du CICE et d'une baisse de 
l'IS pour les PME.   
    Le président du Medef salue également l'intention affichée 
par le Royaume-Uni d'abaisser le taux de l'impôt sur les 
sociétés sous les 15% afin d'atténuer l'impact de sa sortie 
programmée de l'Union européenne. 
    "Le gouvernement français ferait bien de s'inspirer de leur 
volonté - au moins affichée - de se battre dans la compétition 
fiscale", souligne-t-il en plaidant pour "une fiscalité plus 
simple, plus lisible, plus compétitive." 
    Le ministre français des Finances, Michel Sapin, s'est élevé 
la semaine dernière contre ce projet britannique, tout en se 
déclarant favorable à une convergence fiscale et sociale au sein 
de l'Union européenne.   
 
 (Myriam Rivet, édité par Simon Carraud) 
 
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