France-Gattaz dénonce le "sentiment d'impunité" des syndicalistes

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    * Gattaz demande au gouvernement de rétablir l'état de droit 
    * Il juge abusive la protection des salariés syndiqués 
    * Il prône un "service minimum économique" 
 
    PARIS, 14 juin (Reuters) - A quelques heures d'une nouvelle 
démonstration de force des opposants au projet de loi réformant 
le marché du travail, le président du Medef a dénoncé mardi les 
"méthodes de la CGT" et le "sentiment d'impunité" que donnerait, 
selon lui, aux militants syndicaux leur statut de salariés 
protégés. 
    "La protection des salariés syndiqués est indispensable mais 
cette protection absolue, parfois à vie, n'est-elle pas abusive 
?" a déclaré Pierre Gattaz lors de sa conférence de presse 
mensuelle. "Ne faut-il pas limiter le nombre de mandats 
syndicaux successifs ?" 
    Envahi la semaine passée par des militants de la CGT, le 
siège parisien de la principale organisation patronale française 
a été la cible dans la nuit de jets de peinture sur sa façade. 
    Pierre Gattaz a projeté un diaporama montrant les résultats 
d'actions imputées à la CGT contre des locaux du Medef ou des 
biens de ses dirigeants, un peu partout en France, ainsi que son 
effigie brandie au bout d'une pique ou brûlée par des militants 
de ce syndicat, en pointe dans le mouvement anti-loi Travail. 
    Il a accusé des militants de la CGT d'avoir "saboté" le 3 
juin une cérémonie à la mémoire d'enfants juifs déportés, de 
recourir à une "stratégie d'intimidation", d'inciter à la 
"violence physique" et de porter atteinte à l'économie.  
    Il a également montré des tracts accusant son organisation 
de "terrorisme patronal", en écho à une précédente polémique 
entre le Medef et sa bête noire syndicale. 
             
    "SERVICE MINIMUM ÉCONOMIQUE" 
    Pierre Gattaz avait lui-même accusé le 30 mai dans Le Monde 
les opposants à la loi Travail de comportements "terroristes", 
avant de regretter l'usage de ce mot, qui lui a valu une plainte 
du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. 
    "Ces méthodes (...) ont bénéficié d'une omerta depuis trop 
longtemps dans notre pays", a-t-il poursuivi. "C'est une dérive 
très inquiétante pour notre pays et pour notre démocratie." 
    "Comment peut-on défendre l'idée d'un mandatement syndical 
obligatoire dans les PME et les TPE (très petites entreprises)", 
a ajouté Pierre Gattaz, en faisant allusion à une disposition du 
texte porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri. 
    Il a rappelé que le blocage d'activités économiques était en 
principe puni par des peines de prison et d'amendes. 
    "Il faut que les tribunaux et les juges agissent, il en va 
du respect de notre démocratie", a-t-il ajouté. "Il faut que le 
gouvernement fasse respecter l'état de droit dans notre pays." 
    Il a plaidé pour un "service minimum économique" consistant 
à interdire le blocage d'infrastructures essentielles dans 
l'énergie, le transport, les ports, les télécommunications, 
ainsi que celui des ponts, des autoroutes, des tunnels et des 
entreprises non en grève. 
    Pierre Gattaz a dit ne rien attendre de la rencontre entre 
Philippe Martinez et Myriam El Khomri prévue vendredi matin. 
    A deux jours d'une nouvelle séance de négociation des 
partenaires sociaux sur l'assurance chômage, qui pourrait bien 
être la dernière, il a confirmé le refus du Medef de toute 
augmentation de cotisation et donc d'une modulation en fonction 
de la nature et de la durée des contrats de travail. 
    Or c'est une des principales revendications des syndicats, 
qui y voient un moyen d'enrayer le recours abusif aux contrats 
très courts, alternant avec des périodes de chômage indemnisé. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • phili646 il y a 6 mois

    Gattaz a joué les pompiers pyromanes, il récolte ce qu'il a semé !!!!