France-Gattaz attend pour 2017 des "engagements forts" sur l'emploi

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    * Il regrette que le "pacte de responsabilité" ait été 
tronqué 
    * Il salue les propositions "pragmatiques" de la droite 
    * Il juge possible de ramener le chômage à 6% 
    * Il craint "une mesurette" sur l'IS 
 
    PARIS, 29 août (Reuters) - Le président du Medef regrette 
que François Hollande ne soit pas allé "au bout du pacte" de 
responsabilité, qui selon lui commence "à payer", et dit 
attendre des prétendants à l'Elysée des "engagements forts" pour 
ramener le chômage en France à 6%. 
    Dans un entretien à paraître mardi dans Les Echos, Pierre 
Gattaz salue les propositions des candidats à la primaire 
d'investiture de la droite, qui "convergent vers un certain 
pragmatisme et font tomber une série de tabous, comme avec la 
suppression de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune)". 
    L'organisation patronale tient à partir de mardi sa 18e 
université d'été à Jouy-en-Josas (Yvelines). A huit mois de 
l'élection présidentielle, de nombreux responsables politiques 
sont attendus jusqu'à mercredi sur le campus d'HEC, notamment à 
droite avec Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, François Fillon et 
Bruno Le Maire. 
    "Les candidats à la présidentielle devraient avoir un 
objectif et un seul: retrouver une croissance forte et le 
plein-emploi. Quand je dis forte, c'est une croissance 
durablement au-delà des 2%, idéalement à 3%, et un taux de 
chômage ramené à 6%", déclare Pierre Gattaz dans le quotidien 
économique. 
    "Pour passer de 10% à 6% de chômeurs, ce sont 2 millions 
d'emplois qu'il faut créer. C'est possible, en alignant le 
niveau des charges de nos entreprises sur celui de l'Allemagne, 
en déverrouillant le marché du travail, en passant à une 
fiscalité lisible et motivante...", souligne-t-il. 
    Amorçant un bilan du quinquennat socialiste, le dirigeant 
patronal salue "une mue idéologique majeure pour la gauche" 
quant au rôle de l'entreprise mais regrette que des réformes 
potentiellement bénéfiques aient été "rattrapées par la 
patrouille politique". 
     
    "MESURETTE" 
    Il se dit ainsi très déçu par la décision du gouvernement de 
ne pas supprimer la contribution sociale de solidarité des 
sociétés (C3S) et accuse le chef de l'Etat de pas avoir "tenu 
ses engagements". 
    Le "Pacte de responsabilité" prévoyait initialement pour 
2017 une baisse d'un point de l'impôt sur les sociétés (IS) et 
la disparition totale de la C3S. Cette dernière étape passera 
finalement par une montée en charge du crédit d'impôt 
compétitivité-emploi (CICE) - qui ne pèsera sur les comptes de 
l'Etat qu'en 2018 - et par une baisse partielle de l'IS pour les 
seules PME. 
    Pierre Gattaz appelle le gouvernement à se garder d'"une 
mesurette" et à se montrer "plus ambitieux" sur l'IS. 
    "Ce qui est sûr, c'est que les baisses de charges du pacte 
de responsabilité commencent à payer. Les marges des entreprises 
sont repassées de 28% en moyenne en 2013 à près de 32% 
aujourd'hui, contre 39% en Europe", précise-t-il. 
    "On a toujours dit que le pacte de responsabilité mettrait 
du temps à porter ses fruits. En 2015, 150.000 emplois ont été 
créés, même si cela ne suffit pas pour résorber le chômage. 
(...) Ce qui est très important, c'est d'aller au bout du 
pacte", souligne-t-il. 
    Pour le président du Medef, le "point noir" du mandat de 
François Hollande restera la loi sur la pénibilité, que des 
candidats à droite se sont engagés à abroger, à l'instar de la 
loi Travail. Il dit espérer que l'Elysée "évite les grosses 
bêtises fiscales de fin de mandat" dans le cadre de la 
préparation du budget pour 2017. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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  • charleco il y a 5 mois

    Gattaz : à mettre dans le coup de balai.

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