France-Gare à "l'hystérie collective", dit une instance musulmane

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(Actualisé avec la réaction de la ministre de l'Education nationale) PARIS, 29 janvier (Reuters) - La lutte contre la radicalisation islamiste ne doit pas conduire à "une hystérie collective", a déclaré jeudi l'Observatoire national contre l'islamophobie, au lendemain de la convocation d'un écolier de huit ans dans un commissariat de police de Nice. L'enfant, scolarisé dans une école de l'ouest de Nice, avait notamment déclaré en classe, à la suite de l'attentat meurtrier contre Charlie Hebdo : "Il faut tuer les Français, je suis dans le camp des terroristes, les musulmans ont bien fait", selon Fabienne Lewandowski, directrice départementale adjointe de la sécurité publique des Alpes-Maritimes. Il avait également refusé d'observer une minute de silence en mémoire des 12 victimes, le 8 janvier. L'enfant avait fait l'objet d'un signalement à la Protection de l'enfance et une plainte avait été déposée contre son père pour "intrusions et attitudes menaçantes au sein de l'école". Tous deux ont été convoqués mercredi au commissariat. "L'enfant ne comprend pas la portée de ses déclarations, il ne sait pas ce que veut dire 'terrorisme'", a rapporté Fabienne Lewandowski sur des médias. Pour l'avocat de la famille, Me Sefen Guez Guez, cette convocation est "ubuesque". Le père de l'enfant a témoigné jeudi sur BFM TV des "excuses" répétées de son fils. "J'ai dit à mon fils, 'Ces gens-là, ce qu'ils ont fait, c'est un acte de barbares, ce n'est pas un acte d'islam'", a-t-il dit, regrettant que la situation ait "dégénéré". L'Observatoire national contre l'islamophobie demande dans un communiqué à la ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, de veiller "à ce que de tels dérapages ne se reproduisent plus et de faire primer le dialogue dans des cas similaires". "La lutte contre la radicalisation ne doit pas donner lieu à une hystérie collective mais doit s'inscrire dans le cadre légal républicain", a souligné l'organisme. La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a soutenu l'équipe éducative du collège. "Lorsque le père est venu dans l'établissement, il a eu (...) une attitude brutale, il s'est même à plusieurs reprises introduit sans autorisation dans l'établissement scolaire en menaçant le personnel", a-t-elle dit dans la cour de l'Elysée après une réunion avec des élus locaux de quartiers sensibles. "C'est pour cette raison précise, et cette raison seulement, que le directeur de l'école a porté plainte contre le père et pas contre l'enfant, et moi je remercie le personnel de l'éducation nationale de cette école de s'être comporté ainsi", a-t-elle conclu. (Sophie Louet avec Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse)

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  • M4679757 le jeudi 29 jan 2015 à 18:20

    Le port du voile qui se maintient encore dans plusieurs de nos villes n'est, hélas, pas de nature à calmer "l'hystérie collective".

  • M1531771 le jeudi 29 jan 2015 à 18:09

    C'est pour cela, faut plus se moquer de la France, respecter les Lois de la République et ne plus nous faire ch.ier avec votre voile !

  • janaliz le jeudi 29 jan 2015 à 17:30

    Qu'entend-il à la maison ?