France-François Fillon promet de "casser la baraque"

le , mis à jour à 18:58
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    * L'ex-Premier ministre se voit en anti-Juppé et Sarkozy 
    * Mais ne les nomme pas 
    * Les sondages n'ont pour l'heure aucune valeur, selon lui 
 
    PARIS, 2 avril (Reuters) - François Fillon, qui assure avoir 
encore toutes ses chances en vue de la primaire de la droite 
pour 2017 malgré des sondages défavorables, a tenu samedi un 
discours offensif durant lequel il s'est dit prêt à "casser la 
baraque". 
    Avec moins de 10%, l'ancien Premier ministre figure à la 
quatrième place des dernières enquêtes, à quelques points de 
Bruno Le Maire et loin derrière et Alain Juppé et Nicolas 
Sarkozy, lequel n'a pas encore dit s'il briguerait l'investiture 
de son camp pour la prochaine présidentielle.   
    "Je ne suis pas le candidat de la revanche, je ne suis pas 
celui du consensus", a-t-il dit lors d'une réunion publique à 
Paris, évoquant l'ex-président, battu par François Hollande en 
2012, et le maire de Bordeaux, aujourd'hui favori. 
    François Fillon a encore tenté de discréditer ses deux 
concurrents en estimant que les électeurs "ne voudront pas 
rééditer le match de 2012".  
    "Et il faudra davantage que des postures tranquilles pour 
les convaincre", a ajouté l'ancien chef du gouvernement, sans 
citer Alain Juppé, qui assume un profil proche du centre et 
évite de susciter la controverse.     
    "Je viens sérieusement casser la baraque pour la 
reconstruire autrement", a-t-il affirmé. 
     
    "SCÉNARIOS BOUSCULÉS" 
    Pour l'heure, François Fillon dispose d'un solide réseau 
d'élus, y compris à l'Assemblée nationale et au Sénat, et jouit 
d'une meilleure cote de confiance que la plupart de ses 
concurrents au sein des Républicains. 
    D'après un sondage BVA pour Orange et iTELE paru samedi, 37% 
des Français et 57% des seuls sympathisants de droite lui font 
confiance - un score inférieur à ceux d'Alain Juppé et de Bruno 
Le Maire mais supérieur à celui de tous les autres prétendants.  
    Il peine toutefois à convertir ses atouts en intentions de 
vote, qui plafonnent à 8% dans une étude Ifop-Fiducial publiée 
le 23 mars.  
    Selon lui, les enquêtes d'opinion n'ont pas valeur de 
prédiction, à un peu moins de neuf mois de la primaire des 20 et 
27 novembre, et il faudra attendre l'automne pour y voir plus 
clair.     
    "A l'automne, les primaires vont bousculer les scénarios que 
l'on croit écrits d'avance. Les sondages actuels ne doivent pas 
vous impressionner", a-t-il lancé à ses partisans.   
    "On interroge au débotté des Français qui n'ont pas encore 
la tête dans la présidentielle, qui ne savent pas qui seront les 
candidats, quels seront leurs programmes, et qui ne savent pas 
même le plus souvent s'ils iront voter aux primaires", a soutenu 
François Fillon. 
    Jusqu'à présent, dix candidats se sont déclarés.  
    Mais la liste n'est pas définitive puisque tous ne 
parviendront probablement pas à recueillir les parrainages 
requis - 250 élus, dont au moins 20 parlementaires, et 2.500 
militants - et certains cadres des Républicains, à commencer par 
Nicolas Sarkozy, n'ont pas dévoilé leurs intentions. 
 
 (Simon Carraud, édité par Jean-Philippe Lefief) 
 
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