France-Forte participation à la primaire de la droite

le , mis à jour à 19:34
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    * Les bureaux de vote fermeront à 19h00 
    * Plus de 2,5 millions de votants à 17h00 
    * Deux places au second tour pour Juppé, Sarkozy et Fillon 
    * Résultats prévus dans la soirée 
 
 (Actualisé avec participation à 17h00) 
    par Simon Carraud et Sophie Louet 
    PARIS, 20 novembre (Reuters) - Plus de 2,5 millions de 
votants avaient participé dimanche, à 17h00, au premier tour de 
la primaire selon un décompte effectué dans 70% des bureaux, ont 
fait savoir les organisateurs de ce scrutin inédit dans 
l'histoire de la droite française. 
    "Il y a y a une affluence absolument considérable depuis ce 
matin", a déclaré Thierry Solère, président du comité 
d'organisation de la primaire. 
    Deux heures avant la fin du scrutin, 2.501.481 électeurs 
avaient fait le déplacement dans 70% des quelque 10.000 bureaux 
pour départager les candidats, à commencer par les favoris Alain 
Juppé, Nicolas Sarkozy et François Fillon, dont seuls deux 
seront qualifiés pour le second tour, prévu dimanche prochain. 
    Des files d'attentes se sont formées dès l'ouverture des 
bureaux, à 08h00, notamment dans les grandes villes, où 
l'attente a atteint, voire dépassé, une heure par endroits.  
    "On en avait marre de Hollande, donc il faut l'alternance", 
a dit Marion, une juriste de 55 ans venue voter pour Alain 
Juppé, dans le 1er arrondissement de Paris. 
    Des sympathisants de gauche, convaincus d'une élimination de 
la gauche au premier tour de l'élection présidentielle de 2017, 
ont également fait le déplacement. 
    "Je viens du centre gauche et j'estime qu'actuellement la 
droite a plus de chance d'avoir la présidence de la République 
et que le candidat le plus modéré me convient", a expliqué 
Pierre, venu voter dans le 7e arrondissement de Paris.  
         
    INCERTITUDE      
    Le suspense demeure intact avant la publication des 
résultats complets, attendus "entre 23h00 et minuit", selon la 
présidente de la Haute autorité pour la primaire, Anne Levade, 
invitée dans la matinée sur Europe 1.  
    L'ex-président Nicolas Sarkozy et les deux anciens Premiers 
ministres Alain Juppé et François Fillon semblent avoir, au 
regard des derniers sondages publiés vendredi, des chances 
équivalentes d'accéder au second tour de cette primaire, mais 
seules deux places sont en jeu. 
    Le duel annoncé depuis des mois par les instituts de sondage 
entre Alain Juppé, qui survolait le classement depuis deux ans, 
et Nicolas Sarkozy, revenu à la tête de l'ex-UMP pour préparer 
la revanche de 2012, s'est mué en tiercé dans la dernière ligne 
droite avec la soudaine embellie de François Fillon. 
    L'ordre d'arrivée du trio, face à quatre "outsiders" 
relégués à l'arrière-plan (Bruno Le Maire, Nathalie 
Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé et Jean-Frédéric Poisson), 
reste une inconnue tant les chiffres des intentions de vote se 
sont resserrés dans les ultime jours de la campagne. 
    Selon la dernière étude d'Ipsos-Sopra Steria pour Le Monde, 
publiée vendredi soir, François Fillon dépasse pour la première 
fois ses deux rivaux, avec 30% des intentions de vote, contre 
29% à Alain Juppé et Nicolas Sarkozy.      
    Le corps électoral demeure la première incertitude du 
scrutin qui s'est tenu samedi en Guyane, en Guadeloupe ou en 
Martinique.  
         
    VAINQUEUR POTENTIEL 
    L'issue du premier tour dépendra du degré de mobilisation de 
chaque camp. A cette aune, le pari d'Alain Juppé, qui s'est 
positionné sur le créneau du rassemblement, des "déçus du 
hollandisme" à ceux du Front national, en passant par les 
centristes de l'UDI et du MoDem, paraît le plus risqué. 
    Nicolas Sarkozy, candidat autoproclamé de "la majorité 
silencieuse", a quant à lui appliqué sans relâche la stratégie 
du clivage, galvanisant sa base militante et tablant sur une 
participation mesurée, de l'ordre de 2,5 millions d'électeurs.  
    François Fillon, qui se revendique d'une ligne radicale 
thatchérienne, aura creusé son sillon dès 2013, suscitant un 
intérêt poli au fil d'un tour de France loin des médias où il 
aura inlassablement défendu son "programme de rupture", stagnant 
autour de 10% d'intentions de vote. 
    Les sondages dont il s'est toujours défié l'ont soudainement 
promu au rang de vainqueur potentiel, confortant sa stratégie au 
long cours, faite de "sérieux" et de "droiture" selon ses mots. 
    Tenant du "renouveau", l'ancien ministre Bruno Le Maire, 47 
ans, trublion de l'élection à la présidence de l'UMP en 2014, a 
chuté brutalement du rôle envié de "troisième homme" après ses 
prestations lors des trois débats télévisés. 
    C'est Nathalie Kosciusko-Morizet, seule femme candidate, qui 
a relevé le pari de la modernité sur un ton frondeur, avançant 
des mesures iconoclastes face à "la revanche" (Sarkozy), "la 
nostalgie" (Juppé) et "la déprime" (Fillon). 
    Jean-François Copé, revenu du purgatoire judiciaire de 
l'affaire Bygmalion mais condamné à des scores confidentiels au 
côté de l'inconnu Jean-Frédéric Poisson, a défendu son projet de 
"droite décomplexée" tout en multipliant les attaques contre 
Nicolas Sarkozy, devenu l'ennemi numéro un.  
 
 (avec Reuters TV, Marine Pennetier et Michel Rose) 
 
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