France-FN et PG saluent, différemment, le succès du non en Grèce

le , mis à jour à 21:46
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* Le Pen y voit le début de la fin de l'euro * Mélenchon appelle à un moratoire sur la dette grecque * UDI et LR regrettent la victoire du non PARIS, 5 juillet (Reuters) - L'extrême droite française et une partie de la gauche ont salué dimanche la victoire du "non" au référendum en Grèce, les uns y voyant une nouvelle raison de sortir de l'euro, les autres un levier pour que le gouvernement d'Alexis Tsipras obtienne gain de cause. Les résultats partiels de la consultation tenue dimanche en Grèce sur le plan de sauvetage soumis par les créanciers du pays montraient à 19h00 GMT une très nette victoire du non avec plus de 61% des suffrages. (voir ID:nL8N0ZL0OZ ) Ni la présidence de la République ni le gouvernement n'avaient réagi dimanche en début de soirée, l'Elysée faisant simplement savoir qu'une réunion aurait lieu lundi à Paris entre François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel. L'opposition s'est en revanche rapidement exprimée, à commencer par le Front national qui a réaffirmé sa position anti-européenne en appelant au démantèlement de la zone euro. "Ce 'non' du peuple grec doit permettre un changement d'approche salutaire", dit Marine Le Pen dans un communiqué. "Les pays européens doivent profiter de cet événement pour se mettre autour d'une table, constater l'échec radical de l'euro et de l'austérité, et organiser la dissolution concertée de la monnaie unique, condition indispensable au retour réel de la croissance, de l'emploi et au désendettement." La députée européenne, qui a récemment constitué un groupe eurosceptique au Parlement, estime qu'un "pays brise ses chaînes" et voit un "heureux effet boule de neige" advenir. Alors que la plupart des formations politiques disent vouloir maintenir la Grèce dans l'euro, les centristes de l'UDI ont affiché une position radicale en appelant à sa sortie. "Ce vote est naturellement légitime, il a des conséquences dont la première est que la présence de la Grèce dans la zone euro n'est, à terme, plus praticable", dit le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, dans un communiqué. "Comme je l'ai suggéré il y a déjà plusieurs mois, il faut procéder à une sortie organisée de la Grèce de la zone euro." "LES GRECS ONT RÉSISTÉ" A gauche, où les positions vis à vis de la monnaie unique et des politiques décidées à Bruxelles sont souvent très critiques, de nombreuses personnalités ont célébré le "non" grec. Plusieurs des "frondeurs" du Parti socialiste, dont l'un des représentants, le député Pascal Cherki, s'était rendu durant le week-end à Athènes pour soutenir le "non", ont salué le résultat sur Twitter, tout comme la députée écologiste Cécile Duflot. Le Parti communiste et le Parti de Gauche appelaient à se réunir à Paris, place de la République, pour fêter le "non". Le fondateur du second, Jean-Luc Mélenchon, pourfendeur de l'Allemagne et d'Angela Merkel en particulier, sur laquelle il a écrit récemment un pamphlet, s'est félicité d'un résultat qui doit permettre, selon lui, à la Grèce d'obtenir une aide plus adéquate de l'Europe. "C'est une nouvelle page qui va commencer pour l'Europe", a-t-il dit sur BFM TV. "Les Grecs ont résisté (...) ils ont tenu tête et donc maintenant, on peut commencer à discuter sérieusement", a-t-il ajouté. "Ça commence par arrêter de prendre les gens pour des imbéciles, arrêter de vouloir faire faire à un gouvernement le contraire de ce pour quoi il a été élu", a-t-il encore dit. "On doit arriver à un moratoire sur la dette grecque, peut-être un délai de grâce, une période pendant laquelle on ne paie pas, pour que les gens reprennent leur souffle", reprenant là en le citant une hypothèse émise par l'ancien directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, dont il partage généralement peu les analyses. A droite, le "non" a été accueilli comme une déception par Nathalie Kosciusko-Morizet. La numéro deux des Républicains a dit "regretter" le choix des Grecs et estime dans un communiqué qu'il ne revient pas aux autres Européens de l'assumer. "La construction de l'Europe se fait sur des engagements communs et le respect de règles communes. Si un Etat décide de s'en exonérer, alors il n'y a plus de discipline commune et plus aucune raison pour que les autres continuent d'y souscrire", écrit-elle. "Je le dis avec fermeté : la France ne doit conclure aucun accord qui ne soit accompagné de contreparties (...) Aussi je demande que toute nouvelle concession soit soumise à l'approbation du Parlement", conclut-elle, dans une demande également formulée par l'UDI. (Gregory Blachier, édité par Eric Faye)

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