France-Fin des unités de prison dédiées aux radicalisés

le
0
    * 300 places créées pour les profils les plus durs 
    * 1.336 détenus radicalisés dans les prisons françaises 
 
    PARIS, 25 octobre (Reuters) - Le ministre de la Justice 
Jean-Jacques Urvoas a annoncé mardi la fin des cinq unités 
dédiées aux personnes radicalisées en France, au profit d'un 
plan d'ensemble de sécurisation des prisons contre la 
radicalisation violente. 
   Trois-cents places seront ainsi créées dans des centrales 
pénitentiaires pour les profils les "plus durs", qui se verront 
appliquer "les conditions les plus strictes", proches de 
l'isolement, a-t-il précisé lors d'une conférence de presse. 
    "Nous allons arrêter ces unités dédiées telles qu'elles 
existent aujourd'hui", a déclaré Jean-Jacques Urvoas, précisant 
que seront créés à la place six "quartiers d'évaluation de la 
radicalisation", à Fleury-Mérogis, Fresnes, Osny, Bordeaux et 
Marseille. Ces quartiers accueilleront 100 détenus, pour quatre 
mois maximum. 
    Le ministre de la Justice a également annoncé la création 
d'équipes de sécurité pénitentiaire, qui seront armées lors des 
missions extérieures, comme les extractions, ainsi qu'un  
renforcement du renseignement pénitentiaire avec la création de 
51 postes qui s'ajouteront aux 186 agents actuels. 
    Prié de dire si les unités dédiées expérimentées depuis neuf 
mois étaient un échec, Jean-Jacques Urvoas a répondu : "Non, il 
fallait le faire, c'était courageux". 
    Une première unité avait été créée à l'initiative du seul 
directeur de la prison de Fresnes, puis le dispositif avait été 
étendu à quatre autres établissements.  
    Il avait fait l'objet de vives critiques, la Contrôleur 
générale des lieux de privation de liberté Adeline Hazan jugeant 
ses effets "pervers".  
    Jean-Jacques Urvoas a dit avoir pris en compte les éléments 
positifs de ces unités et fait en sorte de pallier leurs 
défauts, comme l'absence de coordination. 
    "S'il faut s'adapter, nous continuerons à nous adapter", 
a-t-il dit. Ainsi, un nouveau dispositif expérimental sera testé 
en milieu ouvert en Île-de-France à partir de décembre pour des 
personnes condamnées sous contrôle judiciaire. 
    L'objectif du ministre est de s'adapter à une possible 
"déferlante" de détenus radicalisés, notamment avec le retour 
probable de djihadistes au fil des revers subis par l'Etat 
islamique (EI) en Irak et en Syrie. 
    Selon le ministère, 349 personnes, dont 31 femmes et 18 
mineurs, sont actuellement détenus sous la dénomination de 
malfaiteurs terroristes. 
    Au total, "1.336 détenus, pour l'essentiel de droit commun, 
sont identifiés comme radicalisés", a souligné Jean-Jacques 
Urvoas. 
 
 (Gérard Bon, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant