France-Fillon veut défendre les familles et les "sans-grade"

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    PARIS, 7 juin (Reuters) - François Fillon, candidat à 
l'investiture présidentielle à droite, s'engage à redonner "10 
milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaires" aux 
classes moyennes "après le matraquage des années Hollande". 
    Critiqué jusque dans son camp pour son libéralisme 
"thatchérien", l'ancien Premier ministre s'est employé mardi à 
gommer les aspérités d'un programme économique prévoyant une 
baisse drastique de 110 milliards d'euros des dépenses publiques 
en se posant comme le défenseur de "la vraie justice sociale". 
    "Je veux parler pour les sans-grade, les sans carnet 
d'adresses, les exclus du système, ceux pour qui la liberté est 
une opportunité de casser le plafond de verre qui fige leur 
destin", a-t-il déclaré lors d'une réunion publique à 
Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), département qui compte 
avec Neuilly-sur-Seine la commune la plus riche de France selon 
l'Observatoire des inégalités. 
    En avril 2012, dans l'entre-deux-tours de la présidentielle, 
Nicolas Sarkozy s'était exprimé dans les mêmes termes, disant 
"parler aux petits, aux sans-grade", un emprunt à Victor Hugo. 
    Pour François Fillon, comme pour ses concurrents à la 
primaire des 20 et 27 novembre, "la classe moyenne est la grande 
perdante de la politique socialiste depuis 2012". 
    "Je veux (...) redonner 10 milliards de pouvoir d'achat 
supplémentaires aux classes moyennes. C'est une juste 
compensation après le matraquage des années Hollande", a-t-il 
déclaré. 
    Le député de Paris entend rétablir l'universalité des 
allocations familiales, porter le plafond du quotient familial à 
3.000 euros et supprimer la cotisation salariale maladie "afin 
d'augmenter le salaire net des classes moyennes". 
    Dans son programme économique, Alain Juppé, favori actuel de 
la primaire, propose d'alléger de deux milliards d'euros la 
fiscalité pesant sur les familles, à travers notamment un 
relèvement du quotient familial à 2.500 euros par demi-part, et 
un allègement de charges de 600 millions d'euros pour les 
particuliers employeurs. 
    Nicolas Sarkozy a déclaré pour sa part souhaiter revenir sur 
l'abaissement du quotient familial et la mise sous condition de 
ressources des allocations. Il juge toutefois prioritaire de 
baisser de 10% l'impôt sur le revenu et de diminuer d'un 
milliard d'euros les charges sur les emplois à domicile. 
    Comme Nicolas Sarkozy ou Bruno Le Maire, François Fillon 
prône une prestation sociale unique pour mieux cibler les aides 
sur les plus fragiles. Elle regrouperait le revenu de solidarité 
active (RSA), l'allocation de solidarité spécifique (ASS), la 
nouvelle prime d'activité et les allocations logement. 
    "Son montant maximal sera strictement plafonné afin qu'il ne 
dépasse pas les revenus du travail", a-t-il ajouté. 
 
 (Sophie Louet, édité par Yves Clarisse) 
 
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