France-Fillon s'oppose à Sarkozy sur les baisses d'impôts

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    * Fillon veut baisser les charges avant les impôts 
    * La baisse de l'IR prônée par Sarkozy jugée pas réaliste 
    * Le programme de Juppé pas à la hauteur de la situation 
 
    PARIS, 1er avril (Reuters) - La France a besoin d'un choc de 
libération de son économie et de désintoxication de la dépense 
publique mais la baisse immédiate de 10% de l'impôt sur le 
revenu prônée par Nicolas Sarkozy n'est pas réaliste, estime 
François Fillon. 
     Dans une interview à paraître samedi dans Le Figaro, 
l'ancien Premier ministre déclare qu'il faut d'abord mettre en 
oeuvre des réformes structurelles, à savoir une baisse 
"massive", de 50 milliards d'euros, des charges des entreprises 
et une réforme "profonde" de leur fiscalité. 
    "C'est capital pour permettre le retour de l'investissement 
en France", dit-il, "si ces deux leviers ne sont pas actionnés 
de façon très puissante, il n'y aura pas de retour de la 
croissance, pas de diminution significative du chômage et pas 
d'investissement en France". 
    La publication de cette interview intervient alors que 
François Fillon réunit samedi les cadres et les soutiens de sa 
campagne pour les primaires d'investiture de la droite en vue de 
la présidentielle de 2017. 
    Nicolas Sarkozy, détaillant mercredi son programme 
économique pour 2017, a opposé les responsables politiques avec 
une vision et les "comptables", catégorie dans laquelle il range 
implicitement ses rivaux Alain Juppé et François Fillon. 
  
    Ce dernier lui répond que vouloir baisser immédiatement 
l'impôt sur le revenu (IR) de 10% "n'est pas réaliste" et 
conduira à moins baisser les charges des entreprises "sauf à 
faire exploser le déficit".     
    "On ne va pas recommencer à ouvrir le quinquennat par des 
mesures qui n'ont aucun effet sur l'emploi", indique celui qui 
avait déclaré en 2007, quelques mois après avoir été nommé 
Premier ministre de Nicolas Sarkozy, qu'il était "à la tête d'un 
Etat en faillite".  
     
    "FLAT TAX" DE 30% 
    Pour lui, la baisse de l'IR n'interviendra que "quand les 
réformes structurelles auront commencé à porter leurs fruits".   
   
    Et la baisse des charges des entreprises sera "en partie 
compensée par la suppression de toutes les usines à gaz 
accumulées avec le temps, comme le CICE (crédit d'impôt 
compétitivité emploi) et d'une grande partie des niches fiscales 
qui ont été conçues pour contourner le système". 
    S'agissant de la fiscalité du capital, François Fillon veut 
une "flat tax" de 30% et la suppression de l'impôt sur la 
fortune, estimant que, avec les taux d'imposition actuels, "il y 
a de moins en moins de capitaux français qui s'investissent dans 
nos entreprises."  
    Interrogé sur les sondages pour la primaire, où il se traîne 
en quatrième position sous la barre des 10%, il répond n'y 
accorder "aucune importance".  
    "On interroge les Français sur des candidats qu'ils ne 
connaissent pas parce qu'ils ne sont pas tous déclarés, des 
programmes dont ils ignorent à peu près tout, alors qu'on ne 
connaît pas le corps électoral", dit-il. 
    Sur Nicolas Sarkozy, il estime que sa candidature "ne 
recueillerait pas l'écho du pays car les Français ne veulent pas 
de la réédition du match de 2012." 
   Quant à Alain Juppé, François Fillon indique que "son 
programme n'est pas à la hauteur de la gravité de la situation. 
Pas plus d'ailleurs que celui de Bruno Le Maire". 
 
 (Yann Le Guernigou, édité par Guy Kerivel) 
 
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