France-Fillon qualifie le référendum de Sarkozy d'"enfumage"

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    PARIS, 10 octobre (Reuters) - François Fillon, candidat à la 
primaire de la droite, a qualifié lundi d'"enfumage" la 
proposition de Nicolas Sarkozy d'organiser un référendum portant 
sur l'internement administratif des personnes fichées S 
considérées comme les plus dangereuses.  
    "Ça n'arrivera pas, c'est de l'enfumage. Ce référendum est 
techniquement quasiment impossible", a déclaré sur Europe 1 
l'ex-Premier ministre, qui navigue entre les troisième et 
quatrième places dans les sondages.  
    "Faire un référendum avant les élections législatives, c'est 
s'opposer à une motion de censure de l'ancienne majorité pour un 
sujet en plus qui, honnêtement, pourrait attendre que les 
élections législatives aient eu lieu", a-t-il ajouté. 
    La promesse faite vendredi par Nicolas Sarkozy de soumettre 
à référendum deux de ses propositions contestées, la rétention 
administrative de fichés S et la suspension de l'automaticité du 
regroupement familial, a suscité le scepticisme de certains 
juristes, pour qui une telle initiative pourrait difficilement 
entrer dans le cadre de la Constitution.   
    En meeting dimanche au Zénith de Paris, l'ex-président a 
ironisé sur les "juristes" et autres "spécialistes" qui 
contribueraient selon lui à former un "cartel des non". 
  
    "Sur le fond, je propose une solution beaucoup plus 
radicale, qui consiste à juger et à mettre en prison les 
personnes qui sont pour une part les fichés S d'aujourd'hui au 
motif qu'elles entretiennent des relations avec notre ennemi", a 
par ailleurs déclaré François Fillon sur Europe 1. 
    "Il y a une grande différence entre ma proposition et celle 
de Nicolas Sarkozy, c'est qu'on reste dans l'Etat de droit. Le 
rétablissement de la lettre de cachet, je m'y opposerai de 
toutes mes forces", a-t-il soutenu. 
    A six semaines du premier tour, l'ancien chef du 
gouvernement de Nicolas Sarkozy semble en mauvaise posture pour 
décrocher l'investiture présidentielle de la droite. 
    Dans un sondage Kantar Sofres-OnePoint pour LCI, Le Figaro 
et RTL paru lundi, il figure à la troisième place, ex-aequo avec 
Bruno Le Maire (11%), derrière Nicolas Sarkozy (28%) et très 
loin de l'inamovible Alain Juppé (42%).       
 
 (Simon Carraud, édité par Yves Clarisse) 
 
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